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Des fumerolles, des sources d'eau chaude et des cratères volcaniques. Pas de doute, la zone volcanique de Taupō en Nouvelle-Zélande est bien active. Elle abrite d'ailleurs le mont Taupō, un volcan particulièrement redouté. Les observations géologiques ont en effet permis de conclure que son éruption il y a 26 500 ans avait atteint l'indice d'explosivité maximal de 8. Cet événement est à l'origine de la vaste caldeira qui abrite aujourd'hui un lac.
Zone volcanique de Taupo en Nouvelle-Zélande. © Beast from the Bush, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Un contexte tectonique particulier
Ce système volcanique ne se résume toutefois pas à ce volcan. Il s'étend sur 350 kilomètres de long et 50 kilomètres de large et se compose d'une série d'édifices volcaniques émergés ou immergés. Cette activité est liée à la présence d'une zone de subduction, qui voit la plaque Pacifique plonger sous la plaque Australienne. Mais ce n'est pas tout. Cette convergence tectonique est également associée à une extension dans la partie centrale de l'île du Nord. La plaque en subduction tend en effet à « reculer » vers l'est, ce qui engendre une traction de la croûte située au-dessus. Ce mécanisme favorise la formation de grandes failles et facilite la remontée des magmas.
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Sur les 2 derniers millions d'années, la région a ainsi connu quatre événements éruptifs majeurs, dont la superéruption de Whakamaru il y a 350 000 ans. Celle-ci pourrait d'ailleurs être l'une des éruptions les plus puissantes de l'histoire récente de la Terre. Les scientifiques estiment que plus de 1 000 km3 de magma et matériaux volcaniques auraient été expulsés durant cet éruption.
Les études de terrain indiquent que d'immenses coulées pyroclastiques (nuées ardentes) ont été générées, dévastant probablement tout sur plusieurs centaines de kilomètres. Au terme de cette éruption, une gigantesque caldeira se serait formée. Ses structures sont encore visibles dans le paysage actuel de l'Ile du Nord. Toutefois, les mécanismes qui ont permis ce cataclysme sont encore mal compris. Comment autant de magma a pu s'accumuler en profondeur et remonter d'un seul coup ?
Un important dépôt de cendres de la superéruption du Whakamaru (Waiotahe Cliffs, Bay of Plenty). © Miller et al. 2026, Journal of Volcanology and Geothermal Research, The Conversation, CC BY-NC-ND
Cinq chambres magmatiques mises en jeu
Pour tenter de comprendre l'enchainement des événements, une équipe de scientifiques a recherché, puis analysé le matériel volcanique laissé en place par cette ancienne éruption.
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Il faut rappeler que la composition chimique des roches volcaniques est un témoignage précieux pour reconstruire l'histoire d'une éruption. Lors de son séjour dans les chambres magmatiques et de la remontée au sein de la croûte, le magma « enregistre » en effet dans sa minéralogie les conditions du milieu. Cette signature chimique permet ensuite aux volcanologues de retracer le trajet de ce magma et son évolution au cours du temps.
Les chercheurs réalisent des observations sur les dépôts de la superéruption du Whakamaru (ici, sur Chatham Island). © Katherine Holt, CC BY-NC-ND
Trente sites ont ainsi été étudiés à travers la Nouvelle-Zélande et dans le sud de l'océan Pacifique. Les résultats, publiés dans la revue Journal of Volcanology and Geothermal Research, révèlent que l'éruption de Whakamaru se serait produite dans un vaste lac occupant le centre de l'Ile Nord, à l'image du lac Taupō actuel. En entrant en contact avec le magma, l'eau aurait ainsi déclenché une violente explosion. Cette phase phréatomagmatique aurait été suivie par un style éruptif plus sec, au fur et à mesure de la destruction du lac et du remplissage du bassin par les débris volcaniques.
La particularité de cette éruption viendrait toutefois du nombre de chambres magmatiques vidangées. Les chercheurs ont en effet découvert que ce ne serait pas une, mais cinq chambres magmatiques séparées qui auraient participé à cette éruption, ce qui expliquerait les volumes phénoménaux de cendres émis. Au total, les chercheurs estiment ainsi que pas moins de 2 300 km3 de matériel volcanique ont été éjectés. La zone la plus proche de l'épicentre de l'éruption aurait été enfouie sous 4,5 mètres de cendres.
Ces résultats offrent une nouvelle lecture des superéruptions et des mécanismes capables de mobiliser d'immenses volumes de magma en un temps très court, ce qui représente un défi majeur pour l'évaluation du risque volcanique à l'échelle globale.


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