Le froid semble s’être installé pour de bon et la neige, qui est tombée en abondance, tient. Après le traumatisme national de Crans-Montana, ce grand manteau blanc fait à cet immense drame un immense linceul, pour paraphraser Victor Hugo. On y glisse dessus, chaussés de paires de lattes, parce que la vie reprend et que le ski est une manière d’appréhender la vie. J’y ai repensé à la lecture cette semaine du portrait que Le Temps a consacré au snowboardeur Paul de Pourtalès. Racontant ses débuts et sa conquête progressive d’un besoin de liberté qui l’a mené jusqu’au Freeride World Tour, il résuma ses premières expériences par cette formule empreinte de modestie et de tendresse, et qui a immédiatement résonné en moi: «C’était alors du ski de bord de piste…»
Nous avons tous, entrant dans l’adolescence, fait du ski de bord de piste. Le baigneur apprend à nager au bord de la piscine, puis s’éloigne vers le centre. Le skieur, lui, se tient d’abord au milieu puis se rapproche à mesure que son niveau augmente du bord de la piste.


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