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Ces expulsions de ressortissants étrangers en situation irrégulière vers des «pays tiers» sont devenues un élément essentiel de la politique anti-immigration menée par Donald Trump.
Un premier avion transportant des migrants iraniens, afghans, turcs et géorgiens expulsés des États-Unis est arrivé à Bangui vendredi soir vers 23h00 (heure de Paris), dans le cadre d'un dispositif américain controversé d'envoi de ressortissants étrangers en situation irrégulière vers des pays tiers, a indiqué Alma David, avocate américaine spécialisée en immigration à l'AFP.
Ces expulsions vers des pays tiers sont devenues un élément essentiel de la politique anti-immigration menée par le président américain Donald Trump, même si leur légalité est contestée en justice aux États-Unis et à l’étranger.
Le conseil du département d’État américain à ses concitoyens concernant la République centrafricaine, pays en proie à des conflits armés, est le suivant : «N’allez pas en République centrafricaine, pour quelque raison que ce soit.»
Escale au Ghana
Par ailleurs, Donald Trump a qualifié l’Iran, avec lequel Washington est actuellement en guerre, de «régime terroriste» mais poursuit néanmoins les expulsions d’Iraniens ayant fui le pays, dont au moins deux femmes prévues à bord de l’avion vers la Centrafrique, selon leur avocate. Les Iraniens avaient obtenu une «suspension d’expulsion», un statut qui confère des droits moins étendus que l’asile mais avait néanmoins été considéré comme une «victoire» devant les tribunaux de l’immigration sous les précédentes administrations américaines. «Nous craignons qu’ils ne soient finalement contraints de retourner dans les pays qu’ils avaient initialement fuis», comme cela a déjà été le cas pour d’autres expulsés envoyés à travers l’Afrique, a expliqué leur avocate, Emily Trostle, à l’AFP.
Le vol a décollé jeudi soir d’Alexandria, en Louisiane (sud-est des États-Unis), selon l’ICE Flight Monitor, affilié à l’organisation à but non lucratif Human Rights First. Le nombre de passagers n’a pas été précisé. L’avion a effectué une escale prévue au Ghana - qui est lui-même une plaque tournante des expulsions américaines vers des pays tiers - vendredi après midi et a atterri dans la capitale Bangui vers 23 heures (heure de Paris).
On ignore pour le moment si certaines personnes ont été débarquées de l’avion au Ghana, a déclaré Alma David, avocate américaine spécialisée en immigration. Elle a indiqué que ceux qui étaient dirigés vers la République centrafricaine étaient «principalement des bénéficiaires du sursis à l’éloignement, originaires de divers pays, dont l’Iran, l’Afghanistan, la Turquie et la Géorgie». Ni le département d’État américain, ni les autorités ghanéennes de l’immigration, ni celles de la République centrafricaine n’ont immédiatement répondu à une demande de commentaire. Si la situation sécuritaire s’est améliorée en République centrafricaine ces dernières années, des combattants antigouvernementaux et des groupes armés sont toujours actifs dans ce pays instable et riche en minéraux.
Conditions de détention sordides
L’administration Trump ne cesse d’élargir le nombre de personnes concernées par les expulsions - y compris celles bénéficiant de protections juridiques - et les pays où elles peuvent être envoyées. Washington a soutenu être uniquement empêché de rapatrier les personnes bénéficiaires «du sursis à l’éloignement» vers leurs pays d’origine, et qu’elle pouvait donc les envoyer ailleurs.
Des personnes expulsées et des avocats ont décrit des conditions de détention sordides aux États-Unis, des traitements inhumains au Ghana et une détention indéfinie en Eswatini.
Depuis le Ghana et la Guinée équatoriale, un autre «hub» africain, certaines personnes ont été renvoyées dans leurs pays d’origine, alors même que des juges américains avaient estimé qu’elles y couraient un danger. On ignore ce qu’il adviendra des personnes expulsées une fois arrivées en Centrafrique, dans le cadre de ce qui semble être le premier accord conclu entre Bangui et Washington.
«Aucun statut, aucun lien et aucun réseau de soutien»
Les États-Unis ont signé de nombreux accords d’expulsion en Afrique et ailleurs. «Nous ne savons pas si ces migrants qui viennent et qui seront accueillis sur le sol centrafricain seront de transit ou s’ils ont droit à une demande d’asile.» a déclaré à l’AFP Paul Crescent Beninga, enseignant-chercheur et membre du Groupe de travail de la société civile. «Le gouvernement ne veut pas apporter des éléments de réponse, le gouvernement ne communique pas, le gouvernement est clairement silencieux là-dessus.» a-t-il ajouté.
Contactées, les autorités centrafricaines n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP. «Ces personnes sont expulsées des États-Unis et abandonnées dans un pays où elles n’ont aucun statut, aucun lien et aucun réseau de soutien», a déclaré l’avocate Emily Trostle à l’AFP.
La semaine dernière, une plainte a été déposée auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples - la principale instance africaine en matière de droits humains - afin de suspendre les expulsions américaines vers la Guinée équatoriale. Cette plainte vise également à empêcher la Guinée équatoriale de renvoyer ensuite ces expulsés vers leurs pays d’origine.


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