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La maire de Sainte-Foy-lès-Lyon fait basculer la Métropole de Lyon à droite avec son allié Jean-Michel Aulas. Femme discrète, elle est élue depuis 2014 à la tête de sa commune.
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Par Nicolas Zaugra Publié le 23 mars 2026 à 8h55 ; mis à jour le 23 mars 2026 à 8h56
Quasi inconnue jusqu’à son alliance avec Jean-Michel Aulas, Véronique Sarselli, maire LR d’une commune cossue de la banlieue de Lyon, a repris dimanche aux écologistes la présidence de la Métropole de Lyon, véritable cœur du pouvoir local.
Les listes qu’elle menait en tandem avec l’ex-patron de l’OL, candidat malheureux à la mairie de Lyon, ont remporté dimanche la majorité absolue au conseil de la Métropole, ce qui lui garantit, sauf surprise, d’être élue jeudi à la tête de la puissante collectivité.
Elle devra alors renoncer à son mandat de maire de Sainte-Foy-lès-Lyon, une ville de plus de 20 000 habitants dans l’ouest lyonnais, où elle a été réélue dès le premier tour avec 77% des suffrages.
« J’ai toujours été de droite »
Cette professeure d’économie, âgée de 57 ans, se dit très « à l’écoute » du terrain, mais ne fuit pas le rapport de force. Pendant la campagne, elle n’a pas hésité à tacler ses adversaires écologistes, accusés d’avoir fait de la Métropole « un immense laboratoire idéologique ».
Née en Haute-Corse, elle décrit une enfance « privilégiée » au sein d’une « famille très unie ». Sa mère tient un commerce, son père une entreprise de maçonnerie. Lorsqu’elle quitte l’île de Beauté pour des études d’économie à Aix-en-Provence, elle découvre le « bain universitaire » et la « confrontation des idées ».
« J’ai toujours été de droite », affirme-t-elle, fidèle à la vision d’un État « protecteur mais non intrusif ».
Après ses études, elle se marie et prend un poste d’enseignante à l’université de Lyon. Véronique Sarselli s’installe à Saint-Foy-lès-Lyon, qu’elle décrit comme une ville verdoyante « à taille humaine ».
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Réélue depuis 2014 à la tête de Saint-Foy-lès-Lyon
Son immersion en politique se fait presque par hasard. A la naissance de son premier enfant, elle rejoint le conseil d’administration d’une crèche associative. Repérée par le maire UMP Michel Chapas (1995-2014), elle intègre l’équipe municipale.
« C’est le mur de l’humilité », raconte-t-elle, évoquant une plongée dans toutes les « réalités sociales ».
En 2014, elle prend les rênes de la commune, puis devient conseillère métropolitaine et est réélue maire au premier tour en 2020. « C’est une maire qui maîtrise ses dossiers et qui peut se montrer dure avec son opposition », dit Romain Meltz, politologue et chercheur associé à l’ENS de Lyon.
Selon lui, elle prend « une première forme de visibilité » politique en menant en 2021 une fronde victorieuse contre le projet de téléphérique urbain de la majorité, devant relier l’ouest lyonnais au centre de Lyon.
Désignée il y a un an cheffe de file des Républicains pour briguer la Métropole, elle « change d’échelle », analyse Romain Meltz, pointant « le pari de se montrer à la hauteur de la charge qui va lui échoir ».
« Elle a été invisible pendant six ans », tacle Bruno Bernard
Véronique Sarselli a émergé à ce poste « par défaut », comme solution de compromis face à des rivaux plus clivants, selon le président écologiste sortant et battu Bruno Bernard.
Sur les bancs de l’opposition au Grand Lyon, « elle a été invisible pendant six ans et a très peu pris la parole, sauf sur le transport par câble », assure-t-il.
Ces derniers mois, elle a pu compter sur le soutien de 30 des 58 maires du territoire, issus de la droite ou du centre, qui estiment avoir été tenus à l’écart par l’exécutif écologiste. Elle leur a promis, une fois élue, de remettre la « concertation et le dialogue au cœur des décisions publiques ».
Alliance avec Jean-Michel Aulas
Elle s’est alliée en novembre à Jean-Michel Aulas. Un rapprochement qu’elle décrit comme « la rencontre de deux personnalités » ayant « la même vision » de la politique malgré des différends programmatiques, notamment sur la gratuité des transports en commun.
Véronique Sarselli promet aussi de remettre en cause plusieurs projets structurants de Bruno Bernard comme un tramway dans l’ouest lyonnais, auquel elle préfère une ligne de métro, et certaines mesures de régulation de la circulation.
Accusant la majorité sortante d’avoir mené « une chasse dogmatique à la voiture », elle souhaite rouvrir certaines voies devenues interdites aux automobilistes et creuser un nouveau tunnel routier de 8 km sous Lyon.
Des propositions que Bruno Bernard a qualifiées de « contre-sens de l’histoire ».
Avec AFP
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