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Les lunettes indispensables pour profiter du phénomène, mercredi 12 août 2026, deviennent introuvables. Entre distribution gratuite et bouche à oreille, la vigilance est de mise.
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Par Julie Bossart Publié le 11 août 2026 à 6h08
Le soleil n’a jamais fait autant parler de lui qu’en en cet été 2026 à Paris et dans sa périphérie. Parce qu’on le fuit en raison de la canicule, parce qu’on le recherche en raison du spectacle qu’il offre. La semaine passée, son alignement parfait dans l’axe de l’arche de l’Arc de triomphe au moment de son coucher – le fameux Paris Henge – a été largement admiré sur place et relayé sur les réseaux sociaux.
Mercredi 12 août, il fera à nouveau sensation : une éclipse solaire partielle va avoir lieu.
Du jamais-vu depuis vingt-sept ans
Ce phénomène au cours duquel le disque de la lune masque entièrement celui du soleil est d’ores et déjà qualifié d’exceptionnel, car il sera visible depuis Paris et dans la petite couronne à près de 93 %. La dernière fois où il avait été occulté quasi totalement (à 99 %) dans le ciel de la capitale remonte à… 1999. Mais tout le monde pourra-t-il profiter de ce grand rendez-vous ?
Depuis quelques jours, il est en effet bien difficile de mettre la main sur des lunettes de protection. « Je cherche désespérément une paire pour l’éclipse de mercredi » ; « Savez-vous où je peux trouver des lunettes ? » ; « On n’en trouve nulle part »… Sur les groupes Facebook d’habitants de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), par exemple, chacun y va de son avis de recherche. À Bourg-la-Reine, un habitant indique même avoir écumé huit pharmacies et huit opticiens avant de mettre la main sur cet équipement indispensable pour profiter en toute sécurité du phénomène.
Risques de lésions irréversibles
Le ministère de la Santé et les professionnels multiplient les messages de prévention : il faut se munir de « lunettes de protection spécifiquement conçues pour pouvoir observer le Soleil en filtrant les UV à 100 % ». Celles « ordinaires, de cinéma 3D, ou autres matériels non conçus spécifiquement pour observer directement le soleil (verres fumés, radiographies, négatifs de film, filtres photographiques, etc.), ne sont pas appropriées ». Surtout, oubliez les lunettes achetées dans le cadre de l’éclipse totale de 1999 : « Elles ne peuvent pas être réutilisées, car leurs filtres sont susceptibles d’être altérés, même sans signe apparent de dégradation. » Le risque : subir des lésions irréversibles de la rétine en moins d’une minute.
Quelles protections utiliser ?
Ministère et professionnels de la santé sont catégoriques : les paires de lunettes pour observer l'éclipse solaire doivent :
- présenter le marquage CE (lunette certifiée ISO 12312-2), des instructions d’utilisation et avertissements de sécurité, rédigés en français (ces consignes devront être scrupuleusement suivies pour observer l’éclipse) ;
- indiquer les coordonnées du fabricant et le cas échéant, de l’importateur, qui sont responsables de la conformité du produit sont bien indiquées (sur le produit, son emballage ou un document d’accompagnement) ;
- ne pas être rayées. Pour cela, placez les lunettes devant une source lumineuse intense comme une lampe. Si le filtre est endommagé, la lumière passera à travers le filtre. Si le filtre est altéré, vous allez observer des point lumineux, preuves de miniperforations.
Par ailleurs, pendant l'éclipse même, il est recommandé de :
- ne pas observer le Soleil plus de trois minutes consécutives ;
- effectuer des pauses entre deux temps d’observation afin de reposer vos yeux ;
- ne retirer en aucun cas vos lunettes si vous souhaitez prendre des photos. Il est également recommandé d’utiliser un filtre spécifique, en complément du port de lunettes, pour protéger votre matériel (jumelles, longue vue, appareil photographique, téléphone…).
Enfin, les lunettes d’éclipse ne conviennent pas aux enfants de moins de 3 ans, aussi il est recommandé de ne pas leur faire observer le phénomène.
« Je n’en trouve nulle part »
Les ruptures de stocks de lunettes de protection étaient à craindre. Déjà, mi-avril, le directeur général de l’Association française d’astronomie (AFA) alertait sur ce risque. Il semble donc se vérifier, alors que de nombreux opticiens affichent sur leurs vitrines ne plus en disposer. Des officines sont elles aussi à court. « Nous avons tout vendu », a rapporté auprès du Monde la Pharmacie du Marché, dans le 15e.
Lorsque l’on refait un petit tour dans les groupes Facebook d’habitants, on se passe le mot : « Il y en a encore chez Auchan » ; « Je viens d’en trouver à Nature&Découvertes » ; « J’en ai acheté sur Amazon » ; « Plein de journaux en offrent avec leur hebdomadaire ! ». L’un propose d’en revendre, aussitôt taxé de « profiteur ». Les tarifs de vente sont libres, le prix de ces protections varie donc d’un circuit à l’autre, mais aussi en fonction de la demande.
Pour éviter de se faire plumer, et protéger sa vue, il convient de s’adresser aux professionnels de santé, ainsi qu’aux adresses spécialisées. La Maison de l’Astronomie, dans le 4e arrondissement, assure déjà « qu’il n’y aura pas de rupture » chez elle. Certaines municipalités ont elle aussi préparé des stocks, et comptent en distribuer gratuitement, comme Levallois-Perret. Enfin, la région Île-de-France a fait savoir de son côté qu’une distribution gratuite de 10 000 lunettes certifiées serait organisée dans les bases de loisirs, comme à Créteil.
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