Alors que le nombre exact de victimes reste très flou, le régime de Téhéran comme la Human Rights Activists News Agency (HRANA) basée aux Etats-Unis font état de plus de 2000 morts, un chiffre qui pourrait être revu à la hausse, au vu de la quantité de corps débordant des morgues. Le directeur de l’ONG Iran Human Rights (IHR) basée en Norvège Mahmood Amiry-Moghaddam, estime quant à lui qu’au moins 3428 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement par les forces de sécurité iraniennes, un chiffre qui pourrait n’être qu’une fraction du bilan réel. Les autorités dirigées par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ont «commis l’un des crimes les plus graves de notre époque», jugeait-il.
En 2022, 551 personnes étaient mortes lors des manifestations du mouvement «Femme, vie, liberté», selon plusieurs ONG. Le décompte macabre du soulèvement actuel est donc sans précédent. Pour Bernard Hourcade, géographe spécialiste de l’Iran et directeur émérite au CNRS, ce bilan extrêmement lourd s’explique notamment par le caractère disséminé des manifestations, qui a permis une répression importante. «La population s’est sentie légitime et protégée en rejoignant un mouvement de contestation initié par de petits commerçants habituellement peu enclins à la révolte», explique-t-il. La répression s’est intensifiée du fait de la récupération de ces manifestations par le prince héritier Reza Pahlavi ouvertement soutenu par Israël, et de la rumeur d’une aide du Mossad aux manifestants. Vendredi, l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, faisait état de jusqu’à 20 000 personnes arrêtées. L’agence de presse iranienne Tasnim en mentionnait, elle, quelque 3000, dont «des individus armés et des émeutiers» ainsi que «des membres d’organisations terroristes».


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