En préambule, je tiens à préciser combien l’évènement tragique survenu à l’aube de la nouvelle année à Crans-Montana m’a touchée. Etant mère et grand-mère, j’ai compati à l’insoutenable douleur des familles. La citoyenne en moi a déploré les manquements administratifs coupables ayant conduit au drame. En tant qu’être humain, la disparition de tant de jeunes dans la fleur de l’âge m’a semblé profondément injuste, sans compter les conditions atroces de leur mort, en un jour de fête qui plus est. Inutile donc, cher lecteur, de chercher dans les propos qui vont suivre un quelconque manque de compassion ou dureté d’âme, ni une indifférence aux malheurs d’autrui. Au contraire.
Durant la semaine succédant au drame, les familles, les autorités, les médias se montrèrent exemplaires, respectant tous les codes attendus en pareilles circonstances: effroi, douleur, empathie, solidarité. Puis, très vite, la catastrophe a été récupérée par certains acteurs et la situation a dégénéré. Les journalistes ont entrepris un travail d’investigation normalement dévolu à la justice et sans qu’il soit possible d’affirmer alors qu’elle remplissait mal son rôle. Le passé et le présent du couple Moretti, propriétaires de l’établissement où se sont déroulés les évènements, ont été disséqués sur la place publique, avec des informations sans lien avec leur responsabilité dans le sinistre. Des origines corses, forcément mafieuses… Mme Moretti s’enfuyant supposément avec la caisse tandis que l’incendie faisait rage… Des montages financiers douteux… Des antécédents judiciaires pour Monsieur, des comportements patronaux inadéquats pour Madame… Cette «justice» médiatique qui jette en pâture des faits non vérifiés et désigne des coupables à la vindicte populaire contrevient à l’esprit des lois qui stipule le secret de l’instruction, le droit d’être défendu et la présomption d’innocence.


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