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Doug Ford fustige un juge pour sa « décision ridicule » en faveur des sans-abris

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La municipalité de Waterloo voulait démanteler un campement pour y construire un pôle de transport en commun.

Le juge de la Cour supérieure de l'Ontario, Michael Gibson, a tranché plus tôt cette semaine que la municipalité de Waterloo n'avait pas le droit d'évincer les occupants d'un campement de sans-abri où elle veut construire un pôle de transport en commun régional.

Dans son jugement de 88 pages, le juge estime que la Municipalité doit prévoir un autre site pour les sans-abri ou créer des règlements entourant l'installation de tentes dans l'espace public.

Il affirme qu’en voulant chasser les résidents sans leur donner d'alternative, la Municipalité enfreignait l'article sept de la Charte sur le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité ainsi que l'article 15 sur le droit à l'égalité.

Or, le premier ministre ontarien, Doug Ford, qualifie sa décision de « ridicule » lors d’un point de presse à Sault-Sainte-Marie vendredi.

Il a déclaré avoir discuté avec la présidente régionale Karen Redman ainsi que d’autres maires locaux jeudi soir, après l'annonce de cette décision.

Il soutient que la décision est absurde, en ajoutant qu’il voudrait installer des campements de sans-abris dans la cour arrière du juge pour voir ce qu’il en pense.

Le juge a eu l'idée farfelue de retarder un projet de transport en commun pour des millions d'usagers...rien que pour une trentaine de sans-abri.

La Cour reconnaît que les municipalités doivent fournir des solutions pratiques pour les itinérants.

Dans une déclaration, la Municipalité régionale de Waterloo dit évaluer le jugement avant de déterminer ses prochaines étapes.

Des résidents et des défenseurs soulagés

Une tente pour les sans-abri en dessous des branches d'un arbre.

On compte actuellement entre 30 et 35 tentes dans le campement situé à l'angle des rues Victoria et Weber à Kitchener. Les premières tentes ont été installées à la fin de 2021 et le nombre de personnes qui y vivent varie selon la période de l'année

Photo : Radio-Canada / Sarah Law

Avery Francis se dit soulagé. Cette décision lui permettra de rester au campement de sans-abri de Kitchener où il vit depuis plus deux ans.

« C'est un sentiment très agréable pour nous tous ici, » dit-il.

Pour lui, le campement a apporté une certaine stabilité dans sa vie, l'aidant dans son cheminement pour trouver un logement permanent.

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De son côté, la professeure de droit à l'Université de la Colombie-Britannique, Alexandra Flynn, qualifie la décision du juge « d’historique ».

« C’était une grande décision de la Cour pour dire que le gouvernement ne fait pas la bonne chose avec ce problème », déclare-t-elle.

Elle explique que le jugement démontre sans détour que les sans-abri ont également les droits qui leur sont réservés par la Charte des droits et libertés.

En rappellent que se loger dans un campement est souvent un « dernier recours ».

David Alton, du Centre de développement social de la région de Waterloo, a travaillé en étroite collaboration avec les résidents du campement.

Il admet que la décision de la Cour ne résoudra pas les problèmes d'itinérance dans la communauté. Il pense tout de même que c’est un premier pas dans la bonne direction.

« Cela nous fournit les bases nécessaires pour commencer à stabiliser la situation des personnes et à les mettre en relation avec de plus en plus de services et d'infrastructures ». Dit-il.

Un campement en place depuis cinq ans

Les premières tentes du campement situé au 100, rue Victoria ont été montées fin 2021. Le nombre de personnes vivant sur le site a varié selon les périodes de l'année. Actuellement, on en compte une trentaine.

La région avait déjà tenté d'expulser les occupants du site en 2022. En janvier 2023, un juge de Kitchener a statué que la région ne pouvait pas expulser les occupants du site à moins de leur fournir un autre emplacement.

La Municipalité a fait valoir qu’elle avait besoin de ce terrain en juin pour les équipes de construction de Metrolinx, qui vont surélever les voies ferrées dans le secteur avant que la région ne construise un nouveau pôle de transport en commun à l’angle des rues King et Victoria.

En juin 2025, le gouvernement de l'Ontario a adopté la Loi sur la sécurité des municipalités dans le but de rendre les parcs et les espaces publics plus sûrs. Parallèlement, la province a annoncé un investissement de 75,5 millions de dollars pour la prévention de l'itinérance et pour offrir aux personnes vivant dans des campements l'accès à un « logement de remplacement raisonnable » .

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