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Donald Trump ralentit les frappes sur l’Iran pour une raison bien particulière

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Le niveau des stocks de munitions inquiète la Maison Blanche, et serait une cause principale de l’accalmie dans les frappes en Iran ces derniers jours.

EN BREF La Maison Blanche ralentit les frappes sur l’Iran, préoccupée par le niveau des stocks de munitions, notamment les missiles Patriot.
D’autres risques comme l’escalade régionale et une éventuelle crise de réfugiés, ont influencé la décision de Trump d’interrompre les opérations.
Les États-Unis affirment vouloir laisser place aux négociations, bien que l’Iran nie toute demande de discussion.

Après une troisième nuit consécutive sans bombardements américains en Iran ce lundi 27 juillet, faisant suite à deux semaines de frappes très intenses, Washington ne cesse de répéter vouloir redonner une chance à la discussion aux dirigeants iraniens. Mais cette accalmie ne serait pas liée qu’à un soudain regain d’intérêt de Donald Trump pour la diplomatie. La presse américaine rapporte ainsi qu’une problématique accapare la Maison Blanche : les stocks de munitions de leurs forces au Proche-Orient.

Lors d’une réunion à la Maison Blanche ce vendredi 24 juillet, c’est le chef d’état-major des armées, Dan Caine, qui a personnellement averti Donald Trump que la poursuite des opérations était possible... mais qu’elle « épuiserait dangereusement les stocks » dont dispose l’armée américaine dans la région, rapporte le New York Times. La question des missiles d’interception Patriot a particulièrement été évoquée, ceux-ci étant en première ligne pour intercepter les tirs iraniens. Mais les autres munitions de défense aérienne sont aussi concernées.

D’autres graves conséquences ont également été présentées à Donald Trump durant cette réunion en cas de poursuite des hostilités, que ce soit celui d’une escalade régionale, d’une importante crise de réfugiés en cas de frappes sur des infrastructures civiles, ou bien de représailles iraniennes sur les autres puissances du Golfe, rapporte CNN. Mais ces risques - évidemment loin d’être secondaires - ont semblé peser au moins autant que l’état des stocks de munitions pour pousser le président américain à de nouveau interrompre ses opérations en Iran.

Des choix déjà drastiques ?

La question du coût de la guerre en Iran et de l’utilisation des stocks de munitions prend de plus en plus d’ampleur aux États-Unis. La question des missiles Patriot arrive au premier plan, en raison de leur coût particulièrement onéreux : selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS), le prix de fabrication d’un seul missile Patriot dépasse les 4 millions de dollars. Fin avril dernier, le New York Times rapportait que plus 1 200 d’entre eux avaient déjà été utilisés depuis le début de la guerre contre l’Iran, des chiffres qui n’ont évidemment fait que grimper depuis.

Cette situation amènerait d’ores et déjà l’armée américaine à faire des choix dans sa défense anti-aérienne dans la région, rapporte NBC. Le 17 juillet dernier, trois soldats américains étaient ainsi tués sur une base américaine en Jordanie après qu’un missile balistique a « réussi à franchir les défenses aériennes américaines, qui repoussaient alors une salve de missiles et de drones iraniens », a déclaré auprès du New York Times un haut responsable américain, sans directement incriminer ces pertes à une économie de munitions.

« Toutes les options sur la table »

Du côté des autorités américaines, il est évidemment impossible de confirmer ces révélations. « Nous disposons de bien plus de munitions que n’importe qui d’autre dans le monde, et bien plus que ce dont nous avons besoin », a insisté Donald Trump lui-même auprès du Wall Street Journal.

Mike Waltz, ambassadeur américain à l’ONU, a quant à lui assuré ce dimanche 26 juillet que le président américain laissait simplement « de la place aux négociations », tout en rappelant qu’il gardait « toutes les options sur la table », y compris celle d’une nouvelle escalade militaire.

Face à eux, la diplomatie iranienne a quant à elle répété ce lundi que « les affirmations selon lesquelles l’Iran aurait demandé des négociations sont des inventions que la partie adverse diffuse de temps à autre ». Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, a confirmé que Téhéran ne s’était engagé « dans aucune négociation avec les États-Unis », répétant que « tant que les États-Unis continueront à agir de cette manière, nous ne pouvons espérer l’émergence d’un processus raisonnable ».

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