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Transformée en zone de haute sécurité, Évian-les-Bains accueillera jusqu’à mercredi une douzaine de chefs d’État et de gouvernement. Les déséquilibres économiques, mais aussi la crise au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine ou l’intelligence artificielle, seront au cœur des discussions.
Jean-Michel Lahire - Hier à 18:35 | mis à jour hier à 18:45 - Temps de lecture :
Jamais un G7 ne se sera déroulé dans un contexte aussi brûlant. Guerre en Ukraine, crise au Moyen-Orient, flambée du pétrole, multiplication des signaux d’alerte économiques, montée en puissance de l’IA, sans oublier le tabou que personne n’évoquera : la transformation des États-Unis en partenaire peu fiable, quand il n’est pas franchement hostile.
Le menu des sept chefs d’État et de gouvernement (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) réunis jusqu’à mercredi à Évian-les-Bains (Haute-Savoie) s’annonce donc chargé. Il s’agit du dernier grand sommet international présidé par Emmanuel Macron. Sur les sujets de fond amenés par la présidence française, ce « sommet des convergences » est déjà considéré comme un succès. Comprendre qu’une bonne partie du travail a été fait en amont, lors des négociations entre sherpas ou durant la dizaine de réunions ministérielles organisées depuis le début de l’année.
L’Inde et le Brésil invités à la table
Ce sera le premier axe du G7 d’Évian. Les dirigeants devraient s’accorder sur la nécessité de réduire les déséquilibres macroéconomiques mondiaux, qui alimentent les tentations protectionnistes et les risques de crise financière. Les données de l’équation sont connues, et avaient fait l’objet en mars d’un rapport de quatre économistes. La Chine produit trop et ne consomme pas assez, les Américains consomment trop et s’endettent trop, les Européens produisent trop peu et n’investissent pas assez. L’idée serait d’acter la menace représentée par ces déséquilibres afin de mettre le dossier sur la table des prochaines réunions du G20, le club qui pèse 75 % du commerce mondial.
Le Premier ministre indien Narendra Modi, ainsi que le président sud-coréen Lee Jae-myung, le Brésilien Lula et le Kényan William Ruto ont été conviés à assister au sommet. Fin mars, l’Afrique du Sud avait accusé Paris d’avoir cédé aux pressions des États-Unis en renonçant à inviter son président Cyril Ramaphosa, en froid avec Donald Trump qui l’accuse de conduire un « génocide » contre les Afrikaners blancs.
Réaffirmer le soutien à l’Ukraine
Mais c’est bien l’actualité qui devrait dominer l’essentiel des discussions. En présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky, les dirigeants du G7 devraient réaffirmer leur soutien militaire, financier et opérationnel à Kiev, et leur refus de toute concession territoriale à la Russie. « Les Européens assument, mais il est important que les autres partenaires, et notamment les États-Unis, continuent de faire leur part, ou qu’à tout le moins les choses ne se dégradent pas », indique une source élyséenne. La question de l’ouverture d’éventuelles négociations avec la Russie devrait également être évoquée.
Concernant la crise au Moyen-Orient, le président égyptien Sissi, l’émir du Qatar et le président des Émirats arabes unis seront associés aux discussions. Le blocage du détroit d’Ormuz, qui menace d’asphyxier l’économie mondiale, sera évidemment au menu, même si tout progrès sur ce dossier est suspendu à la conclusion d’un accord entre l’Iran et les États-Unis. La présidence française aura également « à cœur d’évoquer la situation à Gaza et au Liban », dont une partie du territoire est désormais occupée par l’armée israélienne.
Un déjeuner avec les grands noms de la tech
Le sommet devrait également aborder des questions aussi différentes que les minerais critiques, la recherche contre le cancer, la protection de l’enfance en ligne ou l’aide au développement et la solidarité internationale. D’intelligence artificielle également, au cours d’un déjeuner qui rassemblera mercredi les dirigeants du G7 et plusieurs grandes figures de la tech. Sam Altman (OpenAI), Demis Hassabis (Google Deepmind) ou Arthur Mensch (Mistral) sont annoncés.
Qu’attendre de ce sommet ? Sans doute moins d’avancées décisives que de grandes orientations. « Dans l’esprit du premier sommet du G7, créé par Valéry Giscard d’Estaing au moment des chocs pétroliers, il s’agissait de donner toute leur place aux discussions entre chefs d’État et de gouvernement. C’est ça l’essentiel. La particularité de ces G7 français, c’est qu’on veut justement à la fois être dans cet esprit initial, et prendre acte que le monde a changé — d’où l’invitation de pays importants comme le Brésil et la création de coalitions d’acteurs pour agir sur des problèmes concrets comme la gouvernance d’internet ou l’IA », décrypte Philippe Etienne, ancien ambassadeur de France aux États-Unis et sherpa d’Emmanuel Macron lors du G7 de Biarritz.


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