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Joyce Carol Oates, autrice du best-seller « Blonde », a défendu le cinéaste en estimant que l’helléniste Emily Wilson employait des méthodes dignes des soutiens de Donald Trump.

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Christopher Nolan durant le tournage de son 13e long métrage, « L’Odyssée ».
Des mots qui ont forcément affecté le réalisateur britannique. Très respectée, y compris par Christopher Nolan, l’helléniste et traductrice britannico-américaine Emily Wilson n’a pas été tendre avec le film L’Odyssée. Ce qui lui a valu un retour de bâton acerbe de la part de l’autrice américaine Joyce Carol Oates.
Le travail d’Emily Wilson, qui est reconnu comme étant la première traduction en vers anglais réalisée par une femme, a d’ailleurs largement inspiré le cinéaste au point de citer sa traduction de 2017 parmi ses plus importantes influences pour livrer sa propre version du voyage retour d’Ulysse.
Auprès du magazine Empire, Christopher Nolan avait cité dès novembre 2025 cette version progressiste mais foncièrement fidèle au récit d’Homère en tressant des louanges à l’universitaire américaine. C’est l’introduction de sa traduction qui avait tapé dans l’œil du réalisateur d’Interstellar et The Dark Knight : « Je crois que c’est la traduction d’Emily Wilson qui commence par : “Parlez-moi d’un homme complexe” », confiait-il à l’époque pour expliquer la direction qu’il avait souhaité donner à Ulysse.
Emily Wilson aurait eu « honte d’avoir écrit ce scénario »
Malheureusement, cette mise en lumière de son travail n’a pas suffi à convaincre cette grande spécialiste d’Homère qui a eu des mots très durs dans une longue critique publiée par la London Review of Books, intitulée « An Uncomplicated Man » (« Un homme simple », en français). Une référence directe aux premiers mots de sa traduction qui avait tant plu à Christopher Nolan.
« J’espérais que l’affinité de Nolan avec les grands thèmes homériques le pousserait vers de nouveaux sommets créatifs et lui permettrait de créer des personnages plus crédibles. Mais L’Odyssée reproduit son mélange habituel de grandiloquence et de superficialité… », assène-t-elle.

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L’adaptation de Christopher Nolan du célèbre récit d’Homère n’a pas trouvé grâce aux yeux de la traductrice Emily Wilson.
« La vision du film est trop confuse et ses personnages trop peu développés pour tenir les grandes promesses qu’il semble faire. En revanche, il réussit très bien à montrer de grosses explosions et de gros géants », lâche Emily Wilson, qui va encore plus loin en critiquant ouvertement le travail de scénariste de Nolan. « Le scénario est abyssal. Aucun personnage n’a de motivation crédible pour ses actes ou ses paroles. Il n’y a aucune scène de sexe… Et toute la nourriture a l’air infecte. J’aurais honte d’avoir écrit la moindre ligne de ce scénario. »
Si elle se réjouit, hors de cette critique, des bénéfices pour les ventes du texte de L’Odyssée − y compris sa propre traduction − et plus largement pour la santé des salles de cinéma, elle estime que L’Odyssée « n’a rien de convaincant à dire sur le temps, la mémoire, l’Histoire, la guerre ou encore sur le lien entre le retour glorieux d’un guerrier et la vie de sa famille, de ses compagnons ou de ses ennemis. Il manque de profondeur psychologique, émotionnelle, politique et éthique ».
« Le langage grossier des partisans MAGA »
Ça fait mal, mais que Christopher Nolan se rassure, il peut désormais compter sur un soutien de poids. Sur X, la grande autrice américaine Joyce Carol Oates a pris la défense du réalisateur en critiquant vivement la façon dont Emily Wilson s’en prend à l’adaptation de Nolan. Sachant qu’elle avait elle-même été très critiquée en 2017 pour sa vision résolument féministe, mais surtout progressiste de L’Odyssée dans sa traduction.
En réponse à un internaute partagé entre son « profond respect » pour l’helléniste (et sa traduction de L’Odyssée) et la « mauvaise foi » de sa critique, « remplie d’opinions outrageuses qui donne l’impression qu’elle aurait été hostile à toute adaptation », Joyce Carol Oates a prolongé cette observation avec ses propres mots. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’autrice du best-seller Blonde, biographie fictive sur la vie de Marilyn Monroe adaptée au cinéma en 2022, n’y va pas de main morte. « Son ton de rejet et de supériorité hautaine sonne faussement », débute-t-elle.
« Plutôt que de contester les interprétations d’Homère de manière académique, cette personne, qui a énormément bénéficié du film de Nolan, s’exprime dans le langage grossier des partisans MAGA attaquant quelqu’un dont les idées diffèrent des leurs ». Emily Wilson dans London Review of Books.Joyce Carol Oates la place, au passage, devant ses propres responsabilités en rappelant que « dans le monde des traducteurs, toutes les traductions sont, présumément, subjectives et ne sont pas équivalentes au texte original ». Pour conclure sa réponse indirecte à Emily Wilson, elle tacle l’universitaire en estimant qu’« on pourrait s’attendre à ce qu’une traductrice, plus que quiconque, tenue au service d’un texte, fasse preuve d’un peu plus de considération et de respect envers autrui, qui agit de bonne foi, tout comme elle le prétend ».


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