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Deux morts et 27 malades de la méningite en Angleterre : l'épidémie peut-elle s'étendre à la France ?

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Ces infections invasives sont mortelles dans plus de 10 % des cas, et il peut y avoir des séquelles dans 20 à 25% des cas. L'épidémie britannique peut-elle s'étendre en Europe ?

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Le vaccin contre la méningite demeure la meilleure forme de prévention à l'infection.

Le vaccin contre la méningite demeure la meilleure forme de prévention à l’infection. (©ESTELLE RUIZ / AFP)

Par Rédaction Actu Publié le 19 mars 2026 à 21h46

Une épidémie d’infection invasive à méningocoque (IIM) sévit dans le Kent, en Angleterre. En quelques jours seulement, 27 cas ont été signalés, dont 2 décès, des jeunes de 18 et 21 ans. Un cas serait actuellement hospitalisé en France. Alors que les IIM sont mortelles dans plus de 10 % des cas, l’épidémie peut-elle s’étendre à l’Europe et à la France ?

Le ministre de la Santé britannique a évoqué mardi 17 mars devant le Parlement une situation « sans précédent ». Cette trentaine de cas de méningite recensé depuis le 13 mars l’ont été dans une petite zone du comté du Kent, au sud-est de Londres, selon les chiffres donnés par les autorités sanitaires.

Deux décès sont à déplorer ; des jeunes adultes de 18 et 21 ans. « Au Royaume-Uni, les enquêtes ont identifié la fréquentation d’une boîte de nuit à Canterbury entre le 5 et le 7 mars comme un lieu d’exposition possible », note le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). L’un des patients est hospitalisé en France et pourrait être en lien avec ce foyer. Les analyses effectuées jusqu’à présent montrent que l’épidémie est causée par des méningocoques du groupe B, les plus fréquents.

C'est quoi la méningite ?

Pour rappel, « la méningite est une infection de la moelle épinière et des enveloppes entourant le cerveau, les méninges, causée par plusieurs types de virus, de bactéries, et de champignons », explique l’Institut Pasteur.
L’incubation dure généralement 3 à 4 jours mais peut être prolongée jusqu’à une dizaine de jours. La méningite associe un syndrome infectieux (fièvre, maux de tête violents, vomissements) et un syndrome méningé (raideur de la nuque, léthargie, troubles de la conscience, voire coma).

Des séquelles dans 20 à 25 % des cas

Ces cas concernent des infections invasives à méningocoque (IIM), des infections très graves pouvant conduire au décès dans 10 à 12 % des cas et à des séquelles dans 20 à 25 % des cas. Elles sont causées par la bactérie Neisseria meningitidis. Lorsque celle-ci pénètre dans la circulation sanguine, dans de très rares cas, elle peut provoquer une méningite, une inflammation des membranes entourant le cerveau et la moelle épinière (maux de tête, photophobie, vomissements, raideur de la nuque, fièvre) et une septicémie.

Les épidémies de méningite à Neisseria meningitidis surviennent habituellement par petits groupes autour de cas confirmés ou dans des lieux de rassemblement.

Selon l’ECDC le risque pour la population européenne est considéré comme faible. « La probabilité d’exposition et d’infection est négligeable. Pour les personnes exposées à cet événement dans le Kent mais vaccinées contre le méningocoque B, le risque d’infection est faible grâce à la protection vaccinale ; chez les personnes non vaccinées et exposées, le risque d’infection est modéré ». 

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Au-delà de 10 jours après une possible exposition (durée d’incubation de l’infection), il n’y a plus de danger. Et chez les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés, une antibiothérapie préventive et une vaccination contre le méningocoque sont recommandées. L’ECDC encourage toutefois les professionnels de santé à penser à la méningite chez les voyageurs malades de retour d’Angleterre.

Une bactérie plus invasive ?

La situation dans le Kent apparaît exceptionnelle du fait du nombre élevé de cas graves alors même que les infections à méningocoque ne sont pas très contagieuses. En effet, la bactérie se transmet par contact étroit et prolongé et non par les gouttelettes.

Pour le professeur Andrew Preston, interrogé par la BBC, soit « il y a un taux de transmission important », ce qui signifierait qu’un nombre beaucoup plus élevé de personnes ait attrapé la bactérie, ou bien l’infection est cette fois « beaucoup plus invasive ». 

Toujours selon la télévision britannique, « des échantillons prélevés sur les patients sont en cours d’analyse en laboratoire. Jusqu’à présent, il semble s’agir d’une souche qui circule depuis cinq ans. Une analyse plus poussée du code génétique bactérien révélera si elle a subi une mutation significative ».

D’autres facteurs peuvent aussi expliquer la pénétration de la bactérie dans le sang. C’est le cas dans la ceinture africaine de la méningite, qui s’étend sur 26 pays d’Afrique sub-saharienne, du Sénégal à l’Ethiopie.

La poussière, les fortes chaleurs et la faible humidité qui caractérisent la saison sèche sont susceptibles d’endommager le fond de la gorge et de faciliter la pénétration des bactéries dans l’organisme.

La chaîne britannique se demande si le partage de cigarettes électroniques dans la boîte de nuit pourrait être en cause.

Un événement de super-propagation ?

L’épidémie pourrait-elle aussi être en lien avec un événement de super-propagation, soit un nombre de personnes infectées plus élevées que la normale ? Le nombre de personnes nécessitant une hospitalisation pour des symptômes d’IIM au même moment suggère qu’elles ont été infectées simultanément.

Avec au moins 11 cas liés au Club Chemistry, la boîte de nuit de Canterbury, la directrice de l’Agence britannique de sécurité sanitaire, Susan Hopkins, a déclaré, citée par la BBC : « il semble s’agir d’un événement de super-propagation, avec une propagation continue au sein des résidences universitaires ». Les causes d’une telle épidémie restent encore mystérieuses.

L’ECDC assure rester en contact avec les autorités nationales du Royaume-Uni et de l’UE/EEE et maintenir un suivi de la situation grâce à une surveillance ciblée et une surveillance épidémiologique et génomique. Pour rappel, que les jeunes enfants, les adolescents et les jeunes adultes, les nourrissons de moins d’un an sont particulièrement à risque.

Dans l’UE/EEE, environ 2 000 cas sont signalés chaque année en moyenne. Parmi ceux-ci, la maladie est mortelle dans environ 10 % des cas.

Avec Destination Santé

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