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Désaccord autour du déplacement de la semaine de relâche

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Plusieurs professeurs du Cégep de Trois-Rivières sont en colère, d'autres sont déçus. Malgré une importante mobilisation, ils n'ont pas réussi à convaincre la direction de l'établissement d'abandonner son projet de devancer la semaine de relâche pour l'arrimer au calendrier des écoles primaires et secondaires.

Dès l’an prochain, la Semaine d’études hivernale sera devancée de deux semaines. Cette session-ci, elle s'est tenue du 16 au 20 mars dernier. L'an prochain, elle aura lieu du 1er au 5 mars.

Le conseil d'administration de l'établissement s'est prononcé sur la question mardi, malgré les recommandations inverses qu'ont fait par le passé la Commission des études et plusieurs enseignants. Le conflit entre la direction et le Syndicat des professeurs du Cégep de Trois-Rivières dure depuis plusieurs années. C’est un dossier qu’on porte depuis mars 2024, indique le président du syndicat, Jean Fournier.

Il s’agit d’un changement que redoutait le Syndicat qui explique que les conséquences sont réelles pour la pédagogie.

La semaine de lecture, elle avait comme utilité [pour les enseignants] d'avoir une pile de correction, de réunir des étudiantes et des étudiants pour peaufiner des apprentissages, pour soutenir des équipes de travail. Là, après cinq semaines, qu'est-ce qu'on va pouvoir faire alors?, mentionne Jean Fournier. C'est la principale problématique d'avoir une semaine qui débute trop tôt, qui arrive trop tôt dans le cycle d'enseignement.

Si on ramène la semaine d’étude trop tôt, cela va amener l’étudiant à se retrouver dans un marathon dans la seconde portion [de la session] qui sera très longue. Ça débalance systématiquement, ajoute-t-il.

Malgré deux avis défavorables de la Commission des études, une pétition signée par 200 membres du personnel enseignant et des courriels envoyés à la direction, le conseil d'administration de l'établissement est tout de même allé de l'avant.

Le directeur général du Cégep de Trois-Rivières, Éric Milette, explique que la décision a été prise en fonction de l’analyse des taux d’absentéisme pendant la semaine d’étude qui est non synchronisée, puis l'analyse à l'effet que le positionnement de la semaine de relâche n’a pas d’impact sur la réussite des étudiants.

Le Syndicat déplore la situation. La direction nous a constamment indiqué que ce n'était pas par motivation pédagogique, qu'elle faisait ce choix simplement pour favoriser la conciliation travail-famille, rappelle Jean Fournier, qui affirme que certains membres du personnel et la direction sont en vacances, mais que pour les enseignants, la réalité est toute autre.

Nous, ce ne sont pas nos semaines de vacances, nos vacances, c’est l’été. C’est une semaine de travail, de correction, de mises au point et là, on ne pourra même pas l’utiliser à souhait.

Il ajoute que les étudiants auront moins de temps pour assimiler la matière, et surtout, qu’ils risquent d'être plus fatigués en fin de session.

Cinq semaines puis une semaine de lecture. Après, on entre dans un sprint de neuf, dix, et si on ajoute une semaine d’examens, de onze semaines, explique Jean Fournier.

Pour les enseignants, on parle vraiment d’un devancement d’évaluation, de correction et même la construction complète de la session n’est plus la même comparativement à celle de l’automne, indique une personne qui fait partie du personnel enseignant.

Les étudiants sont partagés. C’est sûr qu’en plein milieu de la session, ce n’est quand même pas pire parce que ça peut séparer les examens de mi-session, mentionne l’un d’eux rencontré aux abords du cégep. Je trouvais qu'on était tout seul, on était bien, indique un autre. S’ils ne diminuent pas nos jours de vacances, ça ne me dérange pas, mentionne un troisième.

À la mi-session, c’est sûr que ça va bien avec les examens, mais tous nos autres amis, eux, l’ont deux semaines plus tôt, raconte une autre étudiante.

L'idée de commencer la session hivernale plus tôt a été proposée pour recentrer le congé de mi-session. On a besoin de dix jours d’opération de registrariat pour reclasser les étudiants en fonction de leur performance de la session d’automne. Donc, quand on prend le début du mois de janvier, on est en mesure de débuter à la troisième semaine de cours. Peut-être qu’au cours des prochaines années, on va être en mesure de diminuer ce temps-là d’opération de registrariat, par exemple avec l’utilisation de l'intelligence artificielle, explique Éric Milette.

Une période d'analyse de trois à cinq ans sera nécessaire avant de voir les réels impacts selon la direction. On a tout fait pour porter la voix des profs et, par le fait même la voix des étudiants, mais malheureusement, on a été écouté, mais pas entendu, déplore une personne membre du personnel enseignant.

Avec les informations de Molly Béland et d'après une entrevue réalisée à Fin PM

La façade du pavillon des humanités du Cégep de Trois-Rivières.

2:32

Le reportage de Molly Béland

Photo : Radio-Canada / Olivier Croteau

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