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Au Centre-du-Québec, des vignerons expriment leur mécontentement quant à la réglementation encadrant la livraison de vin. Cette situation survient alors qu’un nouveau partenariat a été annoncé cette semaine avec l’entreprise américaine Uber Eats.
Les producteurs ne peuvent recourir à des tiers pour livrer à des particuliers, à des épiceries ou encore à des restaurants.
Une aberration, selon eux, dans un contexte où la Société des alcools du Québec (SAQ) peut le faire.
Au printemps, le gouvernement a autorisé un assouplissement en permettant aux producteurs de s’unir entre eux pour regrouper des livraisons communes.

Vincent Laniel aimerait que le cadre réglementaire soit mieux adapté à la réalité des vignerons.
Photo : Radio-Canada / Raphael Poliquin
C'est un pas dans la bonne direction, mais qui est loin d’être suffisant, selon Vincent Laniel, copropriétaire du vignoble Très-Précieux-Sang : J’aimerais pouvoir rejoindre mon consommateur de Val-d’Or ou de Rivière-du-Loup, mais ce n’est pas possible.
J’aurais besoin qu’on m’aide pour qu’on me facilite un peu le commerce, au moins à l’intérieur de la province.
Un point de vue partagé par Jocelyn Hébert, copropriétaire du Fief de la Rivière. C’est aberrant! Comment ça la SAQ peut se permettre, elle, de faire affaire avec Uber pour la livraison?, fait-il remarquer.

Pour l’instant, ce vignoble s’en sort bien, puisque la majorité de la production est écoulée sur place.
Photo : Radio-Canada / Raphael Poliquin
D’après une analyse du Conseil des vins du Québec, le coût de livraison actuel s’élève à 4 $ par bouteille.
Ce dernier pourrait être réduit à 1,50 $ si les producteurs étaient autorisés à utiliser des services de livraison tiers, une baisse évaluée entre 50 et 75 %.
Le gouvernement travaille sur le projet de loi 11 pour faciliter la vie aux producteurs. Certains assouplissements sont prévus, mais aucun ne concerne la livraison lors des ventes.
Matthieu Beauchemin, président du Conseil des vins du Québec, indique qu’aucune réponse n’a été donnée quant aux raisons du blocage de leurs démarches.
On est figé dans une législation. La seule explication plausible qu’on trouve, c’est le fait que la SAQ a finalement intérêt à garder un monopole le plus fort possible, explique-t-il.
Dans une communication écrite, le Cabinet du ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises dit être conscient [qu'il doit] moderniser les lois sur l'alcool au Québec, qui émanent parfois de la prohibition. Une mise à jour s'impose et le ministre compte faire des annonces prochainement en ce sens.


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