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Depuis une semaine, des scientifiques naviguent sur les eaux au large de l’Archipel-de-Mingan afin d’étudier le pétoncle d’Islande. Ce projet de recherche qui existe depuis maintenant 36 ans vise à suivre l’évolution d’une espèce en fort déclin.
Tous les matins dès sept heures, une équipe de quatre scientifiques quitte Havre-Saint-Pierre afin de mettre à exécution leur protocole de recherche. Avec l’aide de cinq membres d’équipage de la Garde côtière canadienne, l’équipe met à l’eau des dragues qui servent à récolter des pétoncles d’Islande à un total de 114 stations dans les zones de pêche 16E et 16F.

C'est au bord du navire Leim que les scientifiques réalisent leur protocole de recherche, au large de l'archipel de Mingan.
Photo : Gracieuseté de Rénald Belley
Le chef de mission et biologiste à l’Institut Maurice-Lamontagne de Pêches et Océans Canada, Rénald Belley, explique que l’équipe remonte ensuite les dragues, les vident sur une table, puis les trient – un travail qu’il qualifie de répétitif, mais qui fait voir une grande variété d’espèces.
Effectivement, d’autres organismes se retrouvent aussi dans les dragues : sépioles, petites poules de mer, crevettes, crabes, oursins, algues et plus encore se taillent une place dans leurs récoltes, tel que l’énumère Rénald Belley.

À leur sortie de l'eau, les dragues sont vidées de leur contenu sur une table de tri à l'arrière du navire.
Photo : Gracieuseté de Rénald Belley
Ces autres espèces captent aussi l’attention des scientifiques. On regarde vraiment tous les organismes, donc s'il y a des changements dans différentes espèces dans l'écosystème, on va pouvoir le détecter avec ces données-là, soutient Rénald Belley.
Cette analyse de la biodiversité accompagne donc le travail de recherche qui porte sur le pétoncle d’Islande. Avec les données récoltées, l’équipe veut suivre l’évolution du stock et établir un protocole de l’établissement, puisqu’il s’agit d’une espèce dont l’état est critique.

Selon Rénald Belley, le pétoncle d'Islande atteint une taille intéressante, soit environ 7 centimètres, après 7 à 8 ans.
Photo : Gracieuseté de Rénald Belley
Les observations des dernières années donnent toutefois un peu d'espoir aux scientifiques. Ce qu'on observe depuis 2024, c'est une augmentation des très petits pétoncles d'environ un centimètre de longueur, rapporte Rénald Belley. Pour que le stock aille mieux, il faut qu'il y ait des jeunes qui soient là pour éventuellement grandir, puis refaire une population en meilleur état, explique-t-il.
Pour le chef de mission, cette hausse de la relève est donc encourageante, même s'il est trop tôt pour conclure qu’une reprise de la population est en cours. Les analyses que vont effectuer les scientifiques au retour de cette mission, qui se termine le 12 juin, permettront d’éclaircir ces questions.


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