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Des projets de logements sur la glace en raison d’infrastructures désuètes

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L’état des réseaux d’égout et d’aqueduc et des autres infrastructures inquiète en Mauricie, un nouveau rapport de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) fait état d’un important déficit d’investissements pour l’état des infrastructures en province.

Le rapport de l’OIQ fait état d’un déficit de 40 G$ de maintien des actifs en province. À Shawinigan et à Trois-Rivières, les effets de ce vieillissement des infrastructures ont des effets concrets. 

À Shawinigan, ces infrastructures vieillissantes ont un impact direct sur la capacité de construire municipale. Selon le rapport de l’OIQ, la construction de 1000 logements a dû être mise sur la glace en raison du manque de capacité du réseau d’égouts. 

Le porte-parole de la Ville de Shawinigan, Frédéric Beaulieu, indique que la Ville ne dispose pas de la marge de manœuvre nécessaire pour le développement rapide.

On a des promoteurs qui viennent nous rencontrer, qui veulent avoir des ensembles résidentiels à certains endroits. Nous, on évalue la capacité des réseaux quand la capacité n'y est pas. Ce qu'on va faire, c'est que bon, on pourrait refuser l'entièreté du projet la plupart du temps, ce qu'on va faire, on va demander au promoteur de diviser en phase, explique-t-il. 

La Ville de Shawinigan a adopté l’an dernier un budget de 100 M$ pour les cinq prochaines années dans la réfection des infrastructures.

M. Beaulieu concède que les moyens des villes comme Shawinigan ne sont pas suffisants pour prendre soin des infrastructures, notamment au niveau des routes. 

On va investir 5 M$ cette année au niveau des chaussées, au niveau de l’entretien, au niveau du réasphaltage de certaines artères, on voudrait en mettre plus. En vérité, il faudrait en mettre plus de 10 M$ par année pour revenir à un niveau acceptable. La vérité, c’est que, actuellement, avec le budget dont disposent les élus, c'est insuffisant, ajoute-t-il.

Des effets à Trois-Rivières

Selon le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, les infrastructures vieillissantes font en sorte que la Ville a mis en place son règlement de contrôle intérimaire sur les constructions résidentielles dans le secteur Trois-Rivières-Ouest.

Une machine qui a des tuyaux jusque dans un puisard, dans la rue.

Certains quartiers, à Trois-Rivières-Ouest ou dans le secteur Saint-Louis-de-France, sont aux prises avec des refoulements d'égout à répétition en raison de l'état des infrastructures. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Raphaël Poliquin

Notre système à nous, au niveau des égouts et des eaux pluviales, est séparé. Dans ce coin-là, ça ne fournit plus, donc les gens ont déjà des problèmes de refoulement, d'inondations. On est obligés de dessiner sur la carte tout un secteur où ils ne peuvent plus se construire, explique-t-il.

M. Aubin donne d’autres exemples, comme le tunnel sur le boulevard du Saint-Maurice et le bâtiment de la vacherie sur le site de l’Exposition, deux infrastructures qui ont aussi un urgent besoin d’entretien.

Éviter le pire pour l'avenir

L'OIQ a publié jeudi un rapport sur l’état des infrastructures au Québec, évoquant une véritable crise des infrastructures, affirmant qu’il y a urgence d'agir pour combler le déficit d’entretien.

Le rapport présente huit recommandations pour faire mieux. Il suggère notamment d'en finir avec le syndrome du ruban, c'est-à-dire de prioriser les investissements en maintien des infrastructures plutôt que pour de nouveaux projets.

Selon des données du Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations citées dans le rapport, les investissements en maintien des actifs ont crû de 50 % entre 2015-2025 et 2023-2033. La croissance pour les nouveaux projets est de l'ordre de 110 %.

La présidente de l'Ordre, Sophie Larivière-Mantha, indique que la crise des infrastructures citée dans le rapport pourrait mener à une autre crise si la situation ne change pas.

De la machinerie lourde en action pour réparer l'autoroute 40.

En août dernier, le MTQ a dû fermer l'A-40 d'urgence à Lanoraie en raison d'un segment sur le point de s'effondrer. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour nous, c'est une crise, c'est une crise parce qu'on doit investir maintenant, on n'a pas les moyens au Québec de ne pas investir maintenant, que ça nous coûte peut-être quatre fois le prix dans le futur pour entretenir cette infrastructure, explique-t-elle.

Le rapport propose également la mise en place de dépenses minimales en infrastructures.

On souhaiterait que la loi sur les infrastructures soit renforcée avec une obligation d’avoir un minimum d'argent à mettre dans nos infrastructures, donc le fameux fonds prévoyance, d'avoir aussi une vision à long terme de la prévisibilité, c'est important. Un cycle électoral de quatre ans, ce n'est pas très long sur la vie d'une infrastructure qui peut vivre de 50 à 100 ans, dit-elle.

Elle indique qu’en plus d’être vieillissantes, plusieurs infrastructures ont été construites dans les années 60 et sont encore moins adaptées pour faire face aux changements climatiques, qui sont un autre facteur à considérer.

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