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L’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Estrie et ses partenaires implantent un programme national afin d’accompagner et soutenir financièrement les producteurs qui souhaitent agir pour protéger la biodiversité et améliorer la qualité de l’environnement.
Le programme Alternative Land Use Services (ALUS), qui existe depuis 2000 dans plusieurs régions du Canada et du Québec, est maintenant implanté en Estrie. Ce programme permet de financer des projets bénéfiques pour l’environnement, comme des bandes riveraines, des haies brise-vent et l’aménagement d’habitats fauniques.
La vice-présidente de l’UPA Estrie et présidente du comité consultatif de partenariat d’ALUS dans la région, Katia Gagné-Dubois, souligne la pertinence de la démarche. Les producteurs ne sont pas nécessairement des professionnels de l’environnement et ils ont besoin d’être accompagnés.
On doit renverser la culture des méthodes (d’agriculture) traditionnelles pour mettre en place des méthodes plus avant-gardiste.
Les producteurs, qui s’engagent généralement sur une période minimale de cinq ans, sont accompagnés par des professionnels en plus de recevoir un dédommagement financier. Les producteurs n’ont pas tout le temps les fonds pour mettre en place la totalité du projet, explique Mme Gagné-Dubois.
Des succès ailleurs au Québec
Le producteur agricole et éleveur de la Montérégie-Est, Renaud Péloquin, a bénéficié d’un soutien d’ALUS pour mettre en place une bande riveraine de cinq à dix mètres de plus que la largeur réglementaire sur une distance de dix kilomètres.
Composée notamment d’arbustes, cette bande retient les sédiments et améliore donc la qualité de l’eau.
Il a été à même de constater sur ses terres les effets bénéfiques pour l’environnement. On a même vu cette année un poisson dans un ruisseau agricole, j’ai rarement vu cela, s’exclame-t-il. Une chercheuse a même découvert des bourdons sauvages qui sont une espèce en péril.

Un poisson a été aperçu dans un ruisseau agricole.
Photo : Gracieuseté Renaud Péloquin
Et l’autre aspect, c’est que, maintenant, on trouve cela beau (les champs agricoles). Maintenant, on est aussi des architectes du paysage.
Le producteur de huitième génération a même installé une cinquantaine de nichoirs pour les hirondelles. Cette année, tous les nichoirs sont pleins, souligne-t-il. Avant, on ne voyait quasiment plus d’hirondelles sur nos fermes.

Le producteur agricole Renaud Péloquin a installé une cinquantaine de nichoirs pour hirondelles sur sa terre.
Photo : Gracieuseté / Renaud Péloquin
Plus de que de peur que de mal pour la productivité
M. Péloquin admet qu’initialement il avait une certaine crainte concernant la perte de revenus liés à la conversion de terres cultivables en bandes riveraines élargies. Puis, finalement, on ne voit pas tant de pertes financières que cela, se réjouit-il.
L’aide financière offerte par ALUS peut donc permettre, selon lui, de ne pas freiner le déploiement d’initiatives soucieuses de l’environnement et de limiter le risque financier pour les producteurs.
En plus de l’Estrie, ALUS est présent dans cinq autres régions administratives du Québec, dont la Montérégie et Chaudière-Appalaches.
À la recherche de projets
Les producteurs intéressés peuvent déjà soumettre leurs projets afin que celui-ci soit analysé par un comité composé de plusieurs partenaires du milieu, dont le Conseil de gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François (COGESAF).
Les retombées sont multiples : réduction de l’érosion, diminution du transport des sédiments et des nutriments vers les cours d’eau, meilleure résilience face aux changements climatiques et maintien de paysages agricoles vivants et diversifiés, explique la coordonnatrice de projets au COGESAF, Anne Bolduc.
Pour l’Estrie, ALUS est donc bien plus qu’un programme environnemental : c’est un investissement concret dans la qualité de nos milieux de vie, la santé de nos écosystèmes et la vitalité de notre territoire.
ALUS recherche aussi des partenaires privés qui souhaiteraient contribuer financièrement à la démarche.


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