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Les Premières Nations du centre de la Colombie-Britannique tirent la sonnette d'alarme concernant le risque de glissement de terrain le long du tronçon de la rivière Chilcotin, où un glissement massif a bloqué la voie navigable pendant plusieurs jours à l'été 2024.
Le gouvernement de la nation Tsilhqot'in a publié une déclaration indiquant qu'un rapport géotechnique commandé par la province après ce glissement de terrain avait révélé un risque imminent de chute de rochers dans la rivière, qui abrite plusieurs populations importantes de saumons.
Une photo partagée par la nation montre ce qu'elle décrit comme des fissures de tension dans la pente raide au-dessus de la rivière, certains matériaux semblant commencer à se détacher.
La nation affirme que le groupe de travail d'urgence qu'elle a convoqué en 2024 a élaboré un plan de stabilisation, mais qu'elle a été alarmée par les récentes indications de la Colombie-Britannique et d'Ottawa selon lesquelles le financement ne serait pas disponible avant la migration des saumons de cette année.
En réponse, la nation a décidé qu'elle financera elle-même les travaux plutôt que de risquer des conséquences dévastatrices pour le saumon, dont le coût est estimé à 3 millions de dollars.
La Première Nation de Williams Lake a quant à elle annoncé la création de son propre comité de planification d'urgence en réponse au risque de glissement de terrain et à ce qu'elle décrit comme l'inaction continue de la part des gouvernements de la Colombie-Britannique et du Canada.
Depuis des mois, nous demandons à la province et à Pêches et Océans Canada de travailler avec nous pour planifier les mesures à prendre face à ce risque et pour protéger le saumon, les populations et notre patrimoine culturel. Cela n'a pas été fait, a déclaré le chef Willie Sellars dans un communiqué publié le 13 janvier.
Les évaluations ont confirmé que la pente pourrait s'effondrer, selon la nation, ce qui présenterait des risques pour la sécurité et pourrait endommager des sites culturels et archéologiques.

Un glissement de terrain a empêché l'eau de la rivière Chilcotin de couler pendant plusieurs jours, en 2024.
Photo : Gouvernement de la Colombie-Britannique
La province se fait rassurante
Dans un communiqué, le ministère de la Gestion des urgences de la Colombie-Britannique reconnaît la valeur inestimable de la pêche locale au saumon et du patrimoine culturel le long de la rivière Chilcotin pour les communautés Secwépemc et Tsilhqot'in. Il affirme qu'il continuera à travailler en étroite collaboration avec ses partenaires à tous les niveaux pour assurer la sécurité des populations.
La province a travaillé main dans la main avec les Premières Nations et des groupes tels que le Conseil des pêches des Premières Nations lors de la réponse initiale au glissement de terrain afin de s'assurer que leur expertise soit directement mise à profit par les équipes d'intervention d'urgence, indique-t-il.
Aux côtés de nombreux spécialistes, ingénieurs, hydrologues et autres personnes qui ont travaillé avec diligence pour évaluer la situation et y répondre, les partenaires et les communautés des Premières Nations ont partagé leurs connaissances sur la rivière et ont grandement contribué aux efforts d'intervention et de rétablissement, ajoute le communiqué du gouvernement provincial.
Pêches et Océans Canada (MPO) reconnaît, dans un communiqué envoyé par courriel, l'importance de protéger le saumon, la sécurité publique et les droits des Autochtones.
Bien que le MPO ne joue pas un rôle de premier plan dans la préparation aux situations d'urgence ou l'atténuation des risques de glissements de terrain, le ministère intervient lorsque les poissons et leur habitat sont touchés, peut-on lire dans le communiqué.
Le MPO continuera de collaborer avec ses partenaires autochtones et d'autres gouvernements, le cas échéant, afin de partager l'information et de soutenir la coordination dans le cadre de son mandat.
Williams Lake exclue?
Le chef Willie Sellars fait remarquer que sa communauté a été exclue du groupe de travail d'urgence mis en place par le gouvernement Tsilhqot'in en réponse au glissement de terrain de juillet 2024.
Nous avons essayé de collaborer avec le gouvernement national Tsilhqot'in, mais nos efforts ont été complètement rejetés, explique-t-il.
Par nécessité, nous avons créé la table d'urgence Secwépemc Chilcotin River. Nous devons planifier et agir avec soin dès maintenant, avant qu'une catastrophe ne se produise.
Un porte-parole du gouvernement national Tsilhqot'in n'a pas répondu directement à une question sur le rejet allégué de l'autre nation, se contentant de dire que son communiqué de presse exprimant son inquiétude face à l'inaction du gouvernement parlait de lui-même.
Le communiqué publié le 15 janvier indique que la nation a interpellé les autorités provinciales et fédérales afin d'obtenir les permis nécessaires pour les travaux d'atténuation prévus, qui devraient inclure un écaillage manuel et un dynamitage ciblé le long de la pente en question.
Le plan de stabilisation a été élaboré par le groupe de travail d'urgence qui comprend, entre autres, des représentants provinciaux et fédéraux, selon la nation.
Le gouvernement Tsilhqot'in est pleinement engagé à consulter toutes les Premières Nations touchées le long du fleuve Fraser qui dépendent de ces saumons, ajoute-t-il.
La déclaration de Williams Lake indique que toutes les communautés Secwépemc ont été invitées à participer à la table de planification nouvellement formée, et que des invitations seraient également adressées à la province, à Ottawa et au gouvernement national Tsilhqot'in.
Le chef de la Première Nation Stswecem'c Xget'tem, Hank Adams, a exprimé son soutien à cette table ronde, affirmant qu'elle rassemble les nations afin de planifier à l'avance une catastrophe évitable.
Les droits et titres des Secwépemc […] à Farwell Canyon continuent d'être ignorés, et cela doit changer, affirme M. Adams dans son communiqué.
Le glissement de terrain de juillet 2024 s'est produit à environ 22 kilomètres en amont du pont de Farwell Canyon, non loin du confluent des rivières Chilcotin et Fraser.
Il a endigué la rivière Chilcotin pendant plusieurs jours, déclenchant des alertes d'inondation et des ordres d'évacuation pour les zones proches des cours d'eau.


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