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Dans deux lettres ouvertes, inhalothérapeutes et chefs locaux des services de médecine générale dénoncent l’approche du CISSS du Bas-Saint-Laurent.
Quatre médecins, dont le chef du service de médecine générale et du service d’urgence de l'Hôpital de Matane, mettent en garde la population d’une réorganisation du service de garde en inhalothérapie. Cette réorganisation compromettra la sécurité des usagers, peut-on lire dans leur lettre ouverte, datée du 11 février.
La direction du CISSS du Bas-Saint-Laurent a pris cette décision fin novembre. Elle consiste à abolir la garde parallèle de nuit, qui est en place du vendredi au dimanche. Il s'agit d’un deuxième inhalothérapeute disponible sur appel durant le quart de nuit. Cette coupure devrait survenir dans les prochaines semaines, selon Isabelle Lévesque, directrice des services hospitaliers du CISSS du Bas-Saint-Laurent.
La garde parallèle en poste de soir, de fin de semaine ainsi que durant les jours fériés sera quant à elle évaluée sur une période de trois mois, afin de déterminer sa pertinence. Le centre hospitalier de Matane compte actuellement sept inhalothérapeutes.
Des choix devront être faits, advenant que la proposition du CISSS se concrétise, lorsque plus d’une situation nécessitant un inhalothérapeute surviendrait simultanément, ce qui est fréquent, selon les médecins signataires.
Une mauvaise idée
Tous les docteurs, les inhalo[thérapeutes], les infirmières qui ont été consultés sont d’accord pour dire qu’il va y avoir un enjeu de sécurité, déplore le docteur Antoine Séguin, chef du service de médecine générale et du service d’urgence à Matane. Il explique que l’inhalothérapeute en poste sera seule pour couvrir les soins intensifs, l'urgence, le bloc opératoire et l’obstétrique.

Dr. Antoine Séguin soutient que la communication avec les autorités du CISSS est « impossible depuis plusieurs semaines ».
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
Les inhalothérapeutes de l’hôpital de Matane, de leur côté, affirment que des patients pourraient devoir attendre jusqu’à trente minutes avant de recevoir des soins, le temps qu’une collègue soit rappelée en service. Un délai trop long dans plusieurs situations, selon eux.
Ces inhalothérapeutes indiquent avoir été informés de ces changements cette semaine.
Nous, ce qu’on essaie d’éviter, s’inquiète le Dr Antoine Séguin, c’est qu’il n’y ait pas un avis du coroner qui nous force à remettre cette garde-là à cause qu’il va avoir eu un événement dans notre centre hospitalier.
Dre Delphine Plassart, médecin anesthésiste à l'hôpital de Matane, abonde dans le même sens. Elle considère que le système de deuxième garde offre un filet de sécurité énorme à la population, parce que ça permet d’agir dans des délais raisonnables.

« On nivelle encore une fois par le bas, au niveau de niveler par le haut, » déplore Dre Delphine Plassart.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes
C’est inacceptable parce que les inhalo[thérapeutes] sont une composante essentielle à la prise en charge de nos patients ici en Matanie. On est loin de tout, on est tous seuls, on a pas de back up si évident que ça, expose-t-elle.
Le CISSS assure que l’approche est sécuritaire
La directrice des services hospitaliers du CISSS régional insiste sur le bien fondé de la démarche.
Isabelle Lévesque soutient qu’une analyse rigoureuse a été faite concernant les inhalothérapeutes de garde durant la nuit et que pour répondre aux besoins de la population, un seul est nécessaire. Notre priorité, c'est d'assurer la sécurité de la clientèle, insiste-elle.

Isabelle Lévesque considère que les premières annonces sur le sujet, faites en novembre dernier, ont été mal comprises.
Photo : Gracieuseté
Le recours à une liste de rappel, ou encore la mise en place d’un plan de contingence serait suffisant pour assurer les services à la population. Mme Lévesque précise que tous les corps de métier des unités hospitalières ne disposent pas de personnes de garde et recourent aux listes de rappel pour leurs besoins.
Quant à la deuxième garde de soir, de fin de semaine et pour les jours fériés, le CISSS de la région souhaite d’abord faire un portrait de la situation avant de modifier la structure actuelle. Isabelle Lévesque convient par ailleurs que ce sont les remarques transmises par des membres du personnel de l'hôpital de Matane qui ont entraîné un sursis à ce changement.
De son côté, le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, indique avoir été sensibilisé à la situation par les signataires des lettres ouvertes. Il affirme que les changements apportés n’aident en rien les soins et sont insécurisants.
S’adressant à la direction du CISSS du Bas-Saint-Laurent, le député y va d’une sommation assortie d’un avertissement. Je lui demande de changer cette décision le plus rapidement possible. Si ça prend une mobilisation, le CISSS l’aura.


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