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La communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPS&O) déploie depuis février un dispositif spécifique pour collecter et traiter les bonbonnes de protoxyde d’azote, de plus en plus présentes dans l’espace public et les déchets ménagers.
Face à «l’augmentation de l’usage du protoxyde d’azote», la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPS&O), qui réunit 73 communes des Yvelines, a mis en place, depuis mars, «une collecte spécifique» de ces bonbonnes, désormais considérées comme des déchets dangereux. Un dispositif qui vise à répondre à un phénomène en forte progression, à la fois enjeu de santé publique et de salubrité.
Destiné à des usages alimentaires, médicaux ou industriels, le protoxyde d’azote est aussi consommé comme «gaz hilarant». Un usage détourné qui se traduit par l’abandon massif de cartouches dans les ordures ménagères ou sur la voie publique. En 2025, les services de voirie de GPS&O en ont ainsi collecté «près de 5000» sur le territoire. Pour structurer leur prise en charge, GPS&O, en partenariat avec le syndicat Valoseine (syndicat intercommunal dédié à la gestion et à la valorisation des déchets urbains), a mis en place une organisation dédiée, reposant sur un prestataire spécialisé chargé de la collecte et du traitement, «qu’elles soient pleines ou vides». Huit centres techniques communautaires ont été équipés de caisses grillagées afin de faciliter la récupération des bonbonnes par les services municipaux.
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Les particuliers sont, eux, invités à déposer leurs cartouches dans l’une des trois déchèteries habilitées du territoire, situées à Achères, Aubergenville et Mantes-la-Jolie. Une filière spécifique jugée nécessaire en raison des risques associés à ces déchets. Car «les cartouches mal triées peuvent provoquer des explosions et des départs de feu», entraînant «de coûteuses dégradations sur les équipements» et une «mise en danger du personnel». Une fois collectées, les bonbonnes suivent un traitement distinct : les cartouches vides sont recyclées en métaux, tandis que celles encore pleines sont d’abord traitées par oxydation thermique afin de détruire le gaz, avant recyclage de l’acier.
Des «bombes à retardement» dans les usines de traitement
Au-delà du territoire de GPS&O, le phénomène inquiète l’ensemble de la filière déchets. Le Syctom, service public chargé du traitement des déchets ménagers de 82 communes en Île-de-France, alertait en mars sur la présence croissante de ces bonbonnes dans les ordures ménagères, qui deviennent de véritables «bombes à retardement» lorsqu’elles arrivent dans les unités de traitement. Dans les fours d’incinération, la chaleur peut provoquer l’explosion des cartouches encore remplies de gaz, entraînant «des dégâts importants sur les équipements» et parfois «des arrêts d’exploitation». En 2025, environ un million de bonbonnes seraient ainsi entrées dans les trois incinérateurs du Syctom, provoquant «plus de 25.000 explosions», soit près d’une toutes les deux heures.
Les conséquences sont lourdes : casses d’équipements, arrêts d’urgence des lignes, détournement des déchets vers d’autres installations. Le coût global est estimé à «près de 15 millions d’euros» en 2025, «entièrement supporté par le service public et, in fine, par les contribuables».
Une consommation en forte hausse
Cette pression sur les infrastructures s’inscrit dans un contexte de hausse marquée de la consommation. Selon les données du ministère de l’Intérieur, entre 2022 et 2023, les signalements d’intoxications liés au protoxyde d’azote ont été «multipliés par trois», tandis que les cas graves ont été «multipliés par quatre». Parmi ces signalements, «59%» correspondent à des usages répétés sur plus d’un an, «50%» décrivent une consommation quotidienne et «10%» concernent des mineurs. Au total, «80%» des cas font état de troubles neurologiques.
Cette progression se lit aussi sur la route : selon un rapport du Sénat publié en février, plus de 450 accidents routiers graves liés au protoxyde d’azote ont été recensés en 2025, soit quarante fois plus qu’il y a six ans. À Lille, en novembre 2025, Mathis, 19 ans, a par exemple été mortellement percuté par un automobiliste ayant consommé du protoxyde d’azote et fuyant un contrôle de police. Ce dernier a depuis été placé en détention provisoire et est poursuivi pour homicide routier.


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