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Des cliniques en obstétrique et en gynécologie ferment les unes après les autres, faute d'une entente entre les médecins spécialistes et le gouvernement du Québec qui pourrait venir corriger le sous-financement des frais de bureau. L’allocation visant à couvrir les frais administratifs n’a pas été majorée depuis une quinzaine d’années.
L'obstétrique, qui s'occupe des accouchements et des suivis de grossesse, est une spécialité particulièrement désavantagée. Selon l’Association des obstétriciens et gynécologues du Québec (AOGQ), les médecins reçoivent 29,45 $ pour chaque visite de suivi de grossesse, dont 6,55 $ sont prévus pour assumer les charges liées aux activités de la clinique, notamment le loyer, le personnel et les frais d'électricité, d'Internet et de téléphonie.
Au cours de la dernière année, six cliniques en obstétrique ou gynécologie ont fermé leurs portes définitivement. D'ici deux ans, au moins cinq cliniques pourraient s'ajouter au lot.
Les frais de cabinet sont l'un des éléments de discussion pour lequel c'est essentiel qu'on corrige le sous-financement. On n'est pas la seule spécialité qui a des problématiques. Dans notre cas, ce qui est dommage, c'est que ça a tellement pris de retard que, pour nous, il y a déjà des cliniques qui ne reviendront pas en arrière et qui sont déjà fermées ou qui vont fermer dans les prochaines semaines, a fait savoir en entrevue le président de l’AOGQ, le Dr Dominique Tremblay.
C'est le cas d'une clinique d'obstétrique et de gynécologie située à Châteauguay qui fermera officiellement le 30 avril.
Les 8 médecins qui s'occupaient de la clinique suivaient environ 900 patientes enceintes par année, ce qui représente 23 000 visites annuelles.
Les médecins iront travailler dans un groupe de médecins de famille (GMF), mais ils ne feront plus de suivis de grossesse, seulement de la gynécologie.
Crève-cœur
La Dre Olivia Marra, copropriétaire de la clinique, dit que la décision de fermer la clinique a été crève-cœur. Il lui fallait décider, avec ses collègues en mai 2025, de renouveler le bail ou non, pour une durée de 5 à 10 ans.
Les médecins propriétaires ont tenté plusieurs solutions, notamment de recruter d'autres gynécologues dans le projet. On a même rencontré notre CIUSSS pour voir s'il y avait possibilité d'avoir un financement de leur part pour essayer de garder nos portes ouvertes. Et malheureusement, on n'a pas été capables , lâche-t-elle, déçue.
La Dre Marra donne un exemple des défis financiers. Le financement qu'on reçoit pour une demi-journée d'obstétrique, c'est 550 $. Et le coût d'opération pour cette demi-journée, c'est 580 $. Ça faisait déjà deux ou trois ans qu'on roulait un petit peu à perte, raconte-t-elle.
C'est surtout pour les patientes que Dre Marra s'inquiète pour la suite. Sur notre territoire, on a des médecins de famille qui sont spécialisés en obstétrique qui assurent des suivis, ainsi qu'un service de sage-femme, mais ces professionnels de la santé existaient déjà. Ils sont quand même saturés pour le suivi de grossesse, donc on prévoit, malheureusement, qu'il y aura vraiment un gros trou dans notre territoire pour les suivis de grossesse, déplore la docteure.
Cette dernière croit que les femmes seront contraintes d'aller dans des villes avoisinantes pour accoucher et faire leurs suivis médicaux; or les autres régions ont une capacité tout aussi saturée.
Comme pour la dermatologie, l'obstétrique n'a généralement plus d'espace réservé dans les hôpitaux, ce qui fait que les patientes sont largement prises en charge dans des cabinets privés.
La plupart des cliniques qui ont fermé actuellement ont demandé un rapatriement de leur activité. Il y a des cliniques qui ont réussi à rapatrier une portion de leur activité dans les hôpitaux, indique le Dr Tremblay, qui ajoute : Les hôpitaux, des fois, n'ont pas de milieu pour les reprendre. Et à ce moment-là, on se ramasse avec des pertes nettes de visites.
L'AOGQ calcule que, d'ici deux ans, les patientes seront privées de près de 90 000 visites annuelles.
Reprise des négociations
Alors que les négociations étaient bloquées, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a annoncé mercredi après-midi que les pourparlers allaient reprendre.
Le président de la FMSQ a annoncé par voie de communiqué qu’il a convenu, avec France-Élaine Duranceau, la présidente du Conseil du trésor, la reprise des négociations.
Il a été convenu de reprendre formellement les négociations en vue d’en venir à une entente de principe satisfaisante pour les deux parties, a écrit le Dr Vincent Oliva dans son communiqué.
Les discussions achoppent sur les augmentations. Les médecins demandent une augmentation de 14,5 % de leur rémunération sur 5 ans, alors que Québec affirme que l'augmentation de 11 % qu'il propose est sa dernière offre.


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