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Des caméras qui reconnaissent les mauvaises herbes dans les champs agricoles en Atlantique

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

En Nouvelle-Écosse, le nouvel Institut pour l’agriculture numérique en Atlantique promet de l’aide aux cultivateurs et aux fermiers qui gèrent des exploitations agricoles de petite et moyenne taille.

Une des premières nouvelles technologies mises à l’essai consiste à déployer dans les champs de fruits des caméras capables de faire la distinction entre les herbes nuisibles et celles qui sont inoffensives, afin d’utiliser les pesticides de la façon la plus ciblée possible.

Les petits fruits, comme les baies, pourraient particulièrement bénéficier de l’application de pesticides par des outils aussi précis, affirme Peter Swinkels, un cultivateur de bleuets sauvages à Belmont, en Nouvelle-Écosse.

Un homme dans un champ de bleuets, sous de gros nuages.

Peter Swinkels est cultivateur de bleuets depuis 1979. (Photo d'archives)

Photo : CBC / Dan Jardine

Plutôt que d’arroser un champ entier, un agriculteur qui emploie ces caméras montées sur une machine agricole éviterait ainsi d’épandre un excès de pesticides sur ses plants.

S’ils sont brûlés ou endommagés, ils peuvent prendre des années à se rétablir. Nous sommes donc très prudents, explique Peter Swinkels.

Les caméras utilisent l’intelligence artificielle pour détecter les herbes non désirées. Il a fallu 4000 images de mauvaises herbes pour l’entraîner, indique Patrick Hennessy, diplômé en génie mécanique et étudiant au doctorat à l’Université Dalhousie.

L’université a lancé ce nouvel Institut pour l’agriculture numérique en Atlantique à la fin de novembre.

À partir des travaux de recherches effectués au département d’agriculture de Dalhousie, cet institut compte développer des outils et des solutions destinées aux conditions des cultures des provinces de l’Atlantique.

Le département d’agriculture précise qu’il sera dédié aux technologies qui reflètent la réalité des fermes de l’Atlantique, avec une emphase particulière sur les principaux produits de la Nouvelle-Écosse, incluant les bleuets sauvages, les pommes de terre, les raisins, les arbres fruitiers, les produits laitiers, les œufs et le bétail.

Un porte-parole a indiqué que l’on cherchait du financement et explorait de possibles partenariats pour construire des locaux pour l’institut sur le campus de Dalhousie à Bible Hill, où est installée la faculté d’agriculture de l’université.

Deux hommes posent pour une photo dans un champ devant un tracteur vert et jaune, sous un ciel voilé.

Travis Esau (à gauche), directeur de l'Institut pour l’agriculture numérique en Atlantique, et l'ingénieur Patrick Hennessy (à droite).

Photo : CBC / Luke Ettinger

Travis Esau, directeur de l’Institut, explique qu’il est important de favoriser l’innovation technologique pour les plus petites entreprises agricoles

Dans bien des cas, il faut de grands champs pour que les technologies vaillent l’investissement. Pour s’appliquer à des fermes de petite ou moyenne taille au Canada atlantique, il faut que les solutions soient adaptées. Nous essayons de répondre à ce besoin, a-t-il dit en entrevue.

À quand les drones?

Patrick Hennessy a aussi souligné que l’équipe travaille au développement d’une application qui pourrait compter les bourgeons floraux et déterminer le moment approprié pour appliquer un fongicide.

Il indique que les chercheurs font en ce moment de la cueillette de données, pour savoir si l’épandage de pesticides par drone serait favorable pour les agriculteurs de la région.

Cette activité, autorisée à plus ou moins grande échelle selon les pays, est encore restreinte au Canada. Cinq produits destinés à être épandus par drone sont enregistrés auprès de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada.

Une femme vêtue d'un sari blanc à pois est debout dans un champ agricole. Elle tient une télécommande et lève la tête pour observer le drone qu'elle fait voler au-dessus des cultures.

Sharmila Yadav opère un drone pour faire l'épandage d'engrais liquide sur une ferme de Pataudi, en Inde, le 29 février 2024. Des centaines de femmes en région rurale sont devenues pilotes de drone certifiées en vertu du programme «Drone Sister» du gouvernement indien.

Photo : afp via getty images / Sajjad Hussain

L’application de pesticides par drone est une technologie nouvelle, et des données spécifiques aux drones sont généralement nécessaires pour évaluer les risques, car les drones sont censés se comporter différemment des aéronefs traditionnels en raison de leur conception, écrit Santé Canada dans une déclaration envoyée le 2 décembre.

Patrick Hennessy avance que l’épandage par drone éliminerait le risque que des machines agricoles, comme les tracteurs, endommagent les cultures.

Nous sommes en train de faire de la cueillette de données, pour savoir à quel point cela pourrait être efficace, et si ça fonctionne aussi bien que l’épandage au sol, a-t-il déclaré.

L’agriculteur Peter Swinkels, qui est l’ancien président de l’Association des producteurs de bleuets sauvages de la Nouvelle-Écosse, se dit très excité par les solutions qui pourront venir du nouvel Institut pour l’agriculture numérique en Atlantique.

Une photo en gros plan d'une grappe de bleuet. Photo prise dans les terres de la Péninsule acadienne.

Certaines nouvelles technologies pourraient être particulièrement utiles à la culture du bleuet sauvage. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Les défis sont nombreux et variés pour les agriculteurs, rappelle-t-il, que ce soit le dévastateur épisode de froid extrême survenu en février 2023, les précipitations trop abondantes plus tard la même année, ou la sécheresse en 2025.

Nous sommes très chanceux que les plants de bleuets sauvages soit aussi résistantes, mais je crois qu’avec l’aide de la technologie, nous serons en mesure de surmonter les changements extrêmes de conditions, déclare-t-il.

D’après le reportage de Luke Ettinger (CBC)

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