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Des caméras infrarouges révèlent des émanations par LNG Canada invisibles à l’œil nu

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Des données obtenues à l’aide de caméras infrarouges indiquent que d'importantes quantités de polluants s'échappent dans l’atmosphère de l’usine LNG Canada à Kitimat, dans le nord de la Colombie-Britannique.

L’imagerie optique des gaz est une technique qui utilise des caméras infrarouges spécialisées permettant de voir des fuites de gaz autrement invisibles à l'œil nu.

La caméra, réglée sur un mode haute sensibilité, met en évidence le mouvement du panache, explique Tim Doty, un expert en surveillance de la qualité de l'air qui a réalisé ce genre d’analyse pour l’État du Texas pendant plus de 25 ans. Il est aussi le fondateur de l’organisme à but non lucratif Oilfield Witness.

Du 5 au 8 mai dernier, Tim Doty a mené des observations à l’usine de LNG Canada à Kitimat. Mercredi, il a présenté ses constats en compagnie d’écologistes et travailleurs de la santé préoccupés par les rejets de l’usine.

En pointant des flammes sur les vidéos prises en mai, Tim Doty est sans équivoque : C'est une torche épouvantable. C'est la pire que j'aie jamais vue parmi toutes les installations de gaz naturel liquéfié que j'ai inspectées.

Une photo de LNG Canada en comparaison avec une capture d'écran qui montre des flammes violettes.

Des captures d'écran de vidéos prises à l'aide d'une caméra infrarouge par Tim Doty, un expert en pollution atmosphérique, montrent des rejets sur le site de LNG Canada qui ne sont pas perceptibles à l'œil nu.

Photo : Oilfield Witness

Le torchage permet de brûler les excès de gaz qui pourraient présenter des risques pour les opérations de l’usine. LNG Canada indique que le torchage est normal lors des mises en service et des arrêts des installations, mais il est beaucoup moins fréquent en fonctionnement normal.

L’usine a été mise en service il y a plus d’un an, et la première cargaison de gaz naturel liquéfié a quitté le site le 30 juin 2025.

Des rapports mensuels fournis par la Régie de l’énergie de la Colombie-Britannique et obtenus par l’entremise d’une requête d’accès à l'information indiquent que LNG Canada brûle par torchage davantage de gaz que les limites autorisées. En avril 2026, les données indiquent que les quantités torchées ont dépassé de plus de 18 fois la limite autorisée.

Questionnée au sujet des dépassements de limite, la Régie de l’énergie de la Colombie-Britannique précise que ces cas n’ont pas eu d’impact mesurable sur la qualité de l’air local.

La Régie de l’énergie a tout de même exigé que LNG Canada fasse appel à un professionnel qualifié indépendant pour réaliser une évaluation de la dispersion atmosphérique. Cette évaluation a conclu que l’effet de l’augmentation des volumes de torchage sur la qualité de l’air local est faible, voire négligeable, et qu’il n’est pas distinguable de celui d’autres sources locales.

Que contiennent ces émissions?

LNG Canada déclare que les images captées par les caméras infrarouges « ne fournissent pas les données quantitatives sur les émissions nécessaires pour déterminer la concentration, le taux d'émission, la composition chimique ou les niveaux potentiels dans l'air ambiant au sein des localités. »

Tim Doty abonde dans le même sens, mais estime toutefois qu’il s’agit d’émissions d'hydrocarbures non brûlées.

Le traitement du gaz naturel liquéfié n'est pas un processus propre. Ce sont des émissions massives, non chauffées et non brûlées, qui pourraient contenir des composés différents composés organiques volatils, comme du benzène, certainement beaucoup de méthane, d'éthane, de butane, spécifie-t-il.

Les particules polluantes associées à ces composés organiques volatils provoquent également des lésions cérébrales et des troubles des fonctions cognitives, précise le médecin britanno-colombien Tim Takaro, spécialisé en médecine environnementale. Pratiquement tous les systèmes organiques sont touchés par ces polluants, car le système cardiovasculaire alimente tous nos organes.

Or, nous ne disposons pas de données précises sur le niveau d'exposition de la population.

Évaluation des impacts sanitaires demandée

Cinq municipalités de la Colombie-Britannique et plus de 50 organisations à travers le pays ont demandé à Ottawa et Victoria de mener d’une évaluation cumulative et indépendante des impacts sur la santé de l’industrie du gaz naturel liquéfié dans la province.

On constate régulièrement que des habitants sont confrontés à une aggravation de leurs symptômes ou à un nouveau diagnostic, ce à quoi ils ne s’attendaient pas auparavant, remarque Ankur Patel, infirmier à Kitimat et représentant de l'Association canadienne des infirmières et infirmiers pour l'environnement.

Les habitants signalent des saignements de nez, des problèmes de santé au sein de leur famille, ainsi qu’une véritable aggravation de nombreuses affections préexistantes. [...] Qu’est-ce qui nous empêche d’approfondir cette question?

Les gouvernements canadien et britanno-colombien n’avaient pas répondu à la demande de commentaire au moment de publier ce texte.

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