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Le concerto d'Anton Kraft fut publié en 1805, cinq ans à peine avant que Rossini ne commence l'éblouissante carrière que l'on sait. Est-ce un hasard si c'est un candidat italien, Ettore Pagano (23 ans), qui tisse le mieux le lien entre ces deux univers si proches ? S'inscrivant stylistiquement juste au tournant entre le classicisme et le romantisme, conciliant simplicité et énergie, son violoncelle chante formidablement, concluant le Rondo final par une cadence brillante et subtile.
Juste milieu
Dans un genre complètement différent, très belle lecture aussi que celle du concerto de Leopold Hofmann par Theresa Laun (Autriche, 25 ans). Entamée sur un ton narratif presqu'intimiste, la lecture est empreinte de fraîcheur, en harmonie avec le ton chambriste de ce concerto presqu'exclusivement réservé aux cordes. Ls cadences sont imaginatives sans forcer le trait, les phrasés élégants et la sonorité raffinée à défaut d'être toujours pleinement épanouie. Règnent ici le juste milieu et le bon goût.
Leland Ko (Etats Unis et Canada, 27 ans) ouvre son récital par une lecture très riche de Caffeine qui exploite tous les climats de l'œuvre. Le candidat démontre ensuite une puissante capacité expressive dans Bois silencieux, pièce de Dvorak à la mélodie capiteuse. Vient enfin, en apothéose substantielle, la sonate en si bémol majeur opus 71 de Dimitri Kabalevski, œuvre plutôt rare pour laquelle le candidat reprend d'ailleurs pupitre et partition. Ecrite elle aussi pour Mstislav Rostropovitch – qui en assura la création en 1962 – l'œuvre alterne climats élégiaques et déchaînements paroxystiques, deux extrêmes que Ko maîtrise à merveille. Une prestation impressionnante.
Demi-finales du Reine Elisabeth : team Hofmann, ou team Kraft ?Infinie palette
Rostropovitch encore : on retrouve avec Michael Wehrmeyer (Allemagne, 23 ans) les Trois Strophes sur le nom de Sacher d'Henri Dutilleux, jouées quelques heures plus tôt par Roric Cunningham. L'approche est peut-être ici moins intériorisée, mais Wehrmeyer séduit par l'infinie palette de ses sonorités. Elle lui sera d'ailleurs précieuse ici pour l'imposé d'Harold Noben, dont il surmonte tous les défis techniques.
Il poursuit avec Rumor Images, pièce pour violoncelle et piano complexe et exigeante basée sur des thèmes de l'opéra Rumor du compositeur allemand Christian Jost (*1963), et conclut, comme il avait commencé, seul sur scène. Au menu cette fois, d'éblouissantes Variations sur un thème de Paganini d'un autre de ses compatriotes, décédé celui-là : le violoncelliste Hans Bottermund. Une autre prestation impressionnante.
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