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Une famille ukrainienne établie à Halifax demande des comptes au gouvernement fédéral après avoir appris qu’il pourrait s’écouler plus d'un demi-siècle avant que les demandes de résidence permanente de milliers d'Ukrainiens ne soient traitées.
Oleh Zadoretsky a découvert l'existence de ces délais de plusieurs décennies en octobre dernier. Arrivé au Canada par une voie humanitaire créée pour aider les Ukrainiens à fuir la guerre, il explique que certains de ses proches croyaient initialement à de la propagande russe, tant la nouvelle semblait invraisemblable.
Une demande d'accès à l'information déposée par un avocat a confirmé la réalité : les temps d'attente pourraient atteindre 55 ans.
Désespoir, trahison, incrédulité, choc, confie M. Zadoretsky à CBC. Personne ne vit aussi longtemps. Personne ne peut s'attendre à un statut temporaire pendant 55 ans.
La famille originaire de Stryi, en Ukraine, est arrivée en Nouvelle-Écosse en mars 2023.
Aujourd'hui, M. Zadoretsky travaille comme développeur de logiciels et sa conjointe, pour un organisme de bienfaisance. Leurs filles, âgées de 9 et 14 ans, considèrent Halifax comme leur foyer. Je veux qu'elles grandissent dans un endroit où elles ne risquent pas d'être bombardées, dit le père.
Bien qu’il dispose d'un permis de travail valide pour trois ans, son inquiétude grandit pour ses enfants. Leurs permis de visite viennent à échéance en mars. Malgré une demande de renouvellement soumise il y a un an, la famille n'a reçu aucune nouvelle. Sans ces documents, les jeunes filles ne peuvent obtenir de carte d'assurance santé ni fréquenter l'école.
C'est un peu un acte de foi aveugle
Selon l'estimateur de traitement d'Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), environ 48 900 dossiers sont actuellement en attente dans la même file. Oleh Zadoretsky dit que chaque fois qu’il consulte le site, le délai augmente au lieu de diminuer.
L'avocate en immigration Elizabeth Wozniak, qui représente plusieurs clients dans cette situation, conseille d'explorer d'autres programmes pour rester au pays, bien que cela coûte des milliers de dollars en frais juridiques.
Beaucoup de gens ont l'impression qu'on leur retire le tapis sous les pieds.
Je ne pense pas que le gouvernement laissera autant de personnes perdre complètement leur statut [d’immigration] s'il n'y a aucune possibilité pour elles de rentrer chez elles ou de postuler à un autre programme ici, laisse entendre Me Wozniak. Mais c'est un peu un acte de foi aveugle, concède-t-elle.
Dans une déclaration, IRCC affirme que le Canada reprend le contrôle de son système d'immigration afin de rétablir l'équilibre, précisant que le nombre de demandes ukrainiennes dépasse largement les places disponibles dans le plan des niveaux d'immigration.
Le ministère ajoute que le délai de 55 ans correspond à une estimation pour quelqu'un qui postulerait aujourd'hui, et qu'il espère traiter 80 % des dossiers selon les normes de service habituelles.
Pour M. Zadoretsky, attendre des décennies n'est pas une option. J'aurai 95 ans d'ici là. Même si j'y parviens par miracle, le statut d'immigrant à cet âge n'aura plus d'importance.
D'après le reportage de Carolyn Ray, de CBC


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