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Défait à la mairie de Trois-Rivières, Jonathan Bradley regarde en avant

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L’ancien conseiller municipal, qui se lançait dans une première course à la mairie, en est sorti fatigué physiquement. Il a terminé troisième même s'il était un des conseillers municipaux expérimentés qui se présentait pour remplacer Jean Lamarche.

Nous avons pris de ses nouvelles, trois mois après l’élection, après qu’il se soit remis sur pied et qu’il soit redevenu serein.

Un retour au travail salvateur

Jonathan Bradley a eu 24 heures pour se remettre des résultats des élections avant de tourner la page. Le soir du dimanche 2 novembre 2025, c’était le verdict. Avec plus de 11 000 votes, tout près de la deuxième position, il arrivait tout de même troisième, loin derrière le nouveau maire Jean-François Aubin. 

Le lendemain, il se retroussait les manches, avec ses bénévoles, par une journée de pluie, pour retirer ses pancartes électorales des quatre coins de la ville. Une longue journée maussade à son souvenir. Ce soir-là, pas de temps pour s'apitoyer, la routine recommençait. 

Après une pause de six semaines de campagne, Jonathan Bradley reprenait dès le lendemain matin son poste de directeur d’école à Chavigny. 

Plus tôt on tourne la page, mieux c’est. Avec du recul, j’aurais peut-être dû prendre une semaine de plus, mais plus tôt on retourne au boulot, et mieux c’est, selon moi, il confie cependant en riant que les vacances de Noël sont arrivées à point. 

La lourdeur administrative 

Jonathan Bradley a tout de même pris le temps de faire des introspections avec l’équipe de bénévoles chevronnés qui l’entourait sur la campagne. Même s’il avait voulu ne plus y penser, il confirme que les candidats doivent vite et fréquemment s’y replonger en vertu des nombreux rapports demandés par Élections Québec. 

Trois des candidats défaits à la mairie m’ont parlé de cette lourdeur administrative qui les talonne encore, plusieurs semaines après les élections. Jonathan Bradley et son équipe ont presque terminé cette fastidieuse étape. 

Jonathan Bradley devant une pancarte à son effigie.

Jonathan Bradley pourra recevoir un remboursement d'une partie importante de ses dépenses électorales.

Photo : Radio-Canada / Darcy Côté

Il voit une lumière au bout du tunnel, car il pourra bientôt demander le remboursement de plusieurs dépenses électorales. Avec sa troisième position, M. Bradley a obtenu 23,56 % des suffrages, bien au-delà du seuil de 15 % fixé pour le remboursement de 70 % des dépenses électorales admissibles. 

Il a spontanément une pensée bienveillante pour son ancien collègue, Dany Carpentier, qui s’est lancé dans la course à la mairie, mais n’a pas obtenu assez de votes pour franchir le seuil requis et être remboursé. Jonathan Bradley se reconnaît privilégié, même dans la défaite.

Pas de plan de retour en politique

Si Jonathan Bradley affirme suivre à titre de citoyen attentif les décisions du nouveau conseil municipal, il n’a plus envie d'être devant la parade. 

À court terme, il pourrait s'impliquer à son tour comme bénévole pour son ami Jean Lamarche,  qui songe à se lancer aux prochaines élections provinciales, mais il prévient que ça ne serait qu’en raison d’une amitié très forte. 

C’est tout un marathon, une campagne électorale, quand on le vit, c’est l’adrénaline qui nous guide. Quand on a le temps de se reposer par la suite, on se demande, est-ce que je me relancerais dans une aventure comme ça, pas certain. Moi, la décision est prise, je ne me relance pas dans une aventure comme celle-là. Je suis retourné au travail, à l’école, avec mes collègues, ça va bien. Là, j’ai l’esprit tranquille.

Le fait qu’il a cumulé pendant quatre ans une double fonction, celle de conseiller et de directeur d’école, a rendu le tout exigeant pour lui. Il concède que les représentations à titre de conseiller, notamment, puisent beaucoup dans le temps libre des élus. 

Un mandat suivi d’une course à la mairie remet les choses en perspective. Jonathan Bradley voit d’un œil positif son retour à un rythme de vie plus normal. Il ne veut pas fermer définitivement la porte à un retour en politique, municipale ou provinciale, par exemple, dans quelques années, mais il est très loin de préparer le terrain pour ça. Il réitère, dans l’immédiat, son envie de s’investir pleinement dans sa carrière scolaire.

Cultiver l’empathie envers les élus

Jonathan Bradley accepte le verdict de la population avec flegme : il faut savoir se retirer quand la population le décide. Puis c'est bien correct comme ça, parce que, sinon on connaît comment ça peut se passer dans d'autres pays, puis on ne veut pas ça ici, on a une belle démocratie.

Il lève son chapeau aux nouveaux élus qui ont choisi de s’engager. Il tient d'ailleurs à clore cet entretien avec une pensée pour ceux qui ont repris le flambeau de l'engagement : les histoires de ceux qui démissionnent parce qu’ils se font démolir sur les réseaux sociaux, insulter, menacer ou intimider, ça ne devrait pas exister. Les élus sont là pour les citoyens. Parce qu’ils ont osé se lever, puis y aller.

Il rappelle que, selon lui, aucun élu ne mérite qu’on lui manque de respect, même quand on ne partage pas son avis.

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