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Décapitation d’une marionnette lors d’une manifestation : le SPVM a ouvert une enquête

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Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) confirme avoir ouvert une enquête à la suite de l'utilisation d'une guillotine sur une marionnette représentant le ministre québécois du Travail, Jean Boulet, lors d'une manifestation, samedi.

Le SPVM n'a pas donné davantage de détails. Une analyse approfondie de l'incident est en cours.

L'Alliance se défend

Interrogée par La Presse canadienne, l'Alliance ouvrière nie toutefois avoir voulu personnifier le ministre Jean Boulet, bien que la tête de la marionnette en papier mâché, dans la vidéo, ait eu son apparence.

Nous n'avons jamais dit nous-mêmes que l'effigie représentait le ministre Boulet. Ce sont les médias qui l’ont dit. Elle représentait un membre de l’élite générique […] et il semble que les politiciens se soient sentis visés, a répliqué l'organisation lundi.

Fait à noter, La Presse canadienne avait demandé une entrevue au téléphone, mais l'Alliance ouvrière a accepté de répondre seulement aux questions par écrit.

Dans une déclaration d'abord transmise, l'Alliance ouvrière a défendu son action, plaidant que cette performance carnavalesque rappelait un symbole historique de la colère populaire contre des élites déconnectées.

Elle y faisait notamment référence au ministre du Travail, Jean Boulet.

Le gouvernement de la CAQ enchaîne les projets de loi pour s’attaquer aux droits des travailleuses et des travailleurs, de même qu’aux libertés fondamentales. On ne compte plus les exemples de son mépris : en 2025, comme chaque année, plus de 250 travailleurs et travailleuses sont morts à cause d’accidents du travail ou de maladies professionnelles, et personne n’a été puni, affirme l'Alliance ouvrière.

Et en janvier 2025, un certain Jean Boulet a laissé Amazon jeter à la rue plus de 4500 travailleurs et travailleuses. Il a refusé de les aider, tout en permettant à la multinationale américaine d’agir en toute impunité.

La classe ouvrière a fini de s’excuser, a conclu l'Alliance ouvrière dans son communiqué.

Invité à commenter l'événement, le cabinet du ministre Jean Boulet n'avait pas répondu au moment de la rédaction de ces lignes.

1:04

D'autres gestes

L'Alliance ouvrière a écrit plusieurs courriels à La Presse canadienne au cours de la dernière année. Certains de ses messages citaient deux hommes, l'un étant décrit comme porte-parole de l'Alliance ouvrière et l'autre étant simplement cité entre guillemets dans la déclaration.

La Presse canadienne a demandé lundi à l'Alliance si ces deux hommes étaient présents lors de l'événement de la guillotine ou s'ils étaient toujours membres ou porte-parole de l'Alliance. Aucun de ces noms n'a été confirmé ni infirmé.

Nous avons eu plusieurs porte-parole, selon les différentes campagnes que nous menons. Aujourd'hui, nous n'avons pas de porte-parole officiel, et nous ne pouvons pas confirmer la présence d'une personne lors de la manifestation, a répondu l'Alliance, lundi.

L'Alliance ouvrière a offert d'autres performances carnavalesques de divers types lors d'événements distincts, a-t-elle ajouté.

Des représentants de l'Alliance et du Syndicat des travailleurs d'Amazon-Laval-CSN avaient manifesté devant la résidence personnelle du ministre Boulet, à Trois-Rivières, en avril 2025, demandant notamment plus d'aide pour les travailleurs d'Amazon, qui avaient perdu leur emploi à la suite de la fermeture des entrepôts.

Des représentants de l'Alliance ouvrière ont tenu plusieurs manifestations en lien avec la fermeture des entrepôts Amazon, où les travailleurs étaient syndiqués à la CSN.

4:53

Entrevue avec Me Nada Boumeftah, avocate criminaliste.

Réaction des centrales

Les quatre centrales syndicales ont publié une déclaration commune à la suite des remous causés par l'utilisation de la guillotine. La CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ se dissocient entièrement de cette action isolée.

Elles ont souligné que la marche de la Journée des travailleurs a réuni des milliers de manifestants issus de l'ensemble des organisations syndicales, du milieu communautaire, d'organismes citoyens et d'associations étudiantes, qui ont défilé pacifiquement dans les rues de Montréal, et ce, du début à la fin.

Les quatre ont refusé d'accorder une entrevue à ce sujet, lundi.

La Presse canadienne a demandé à l'Alliance ouvrière si les centrales ou leurs équipes de mobilisation avaient été mises au courant du recours à la guillotine lors de la manifestation et l'Alliance l'a également nié. Non, nous sommes indépendants.

Invitée à commenter le fait que les quatre centrales se sont dissociées de l'événement, l'Alliance ouvrière a répliqué : Nous constatons que les grandes centrales se sont dissociées de notre performance. Alliance ouvrière maintient, quant à elle, que ses membres sont en droit d’exercer leur liberté d’expression et de satire et de communiquer leur colère contre une élite déconnectée.

Réactions politiques

Au cours de la fin de semaine, des politiciens de tous les horizons ont dénoncé cette mise en scène et ont réclamé des excuses de la part des personnes qui y ont pris part.

La première ministre Christine Fréchette a déclaré que les syndicats avaient la responsabilité de dénoncer les actes survenus lors d’une manifestation, ce qu’ils ont fait rapidement.

Elle a écrit sur X qu'elle privilégie la voie de la collaboration et s'est dite convaincue que nous ferons la démonstration qu’il est possible d’avancer de façon constructive sans violence ou menaces.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, s'est dit autant dégoûté que sous le choc, tandis que le chef du Parti libéral, Charles Milliard, a déclaré que ce type d’action n’a pas sa place dans notre société.

Des excuses s’imposent pour ces agissements inacceptables, a commenté M. Milliard.

La porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a pour sa part souligné que la violence politique n'a pas sa place en démocratie, peu importe d'où elle vient, et que mettre en scène le guillotinage d'un ministre est d'une violence inacceptable.

Avec les informations de La Presse canadienne

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