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De plus en plus de femmes choisissent les métiers de la mer

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Bien que l’industrie de la pêche demeure un milieu majoritairement masculin, les pêcheuses de la Côte-Nord se réjouissent de voir de plus en plus de femmes dans le secteur. Elles témoignent d'un métier certes physique, mais d'abord et avant tout guidé par la passion.

À Sept-Îles, Noémie Bouma va débuter sa 7e saison comme aide-pêcheuse. En 2020, elle délaisse ses études en soins infirmiers et elle rencontre son conjoint avec qui elle travaille actuellement.

Pour elle, l’arrivée dans le milieu de la pêche est née d'une véritable quête d'aventure et de l'envie de se sentir pleinement en vie. Chaque année, elle attend avec impatience l’arrivée du printemps pour retrouver le sentiment unique de liberté qu’elle ressent lorsqu’elle est en mer.

On se lève avant tout le monde et on vit ce moment de voir le soleil se lever sur la mer, puis ça c'est une des plus belles choses qu'on peut voir.

Noémie Bouma sourit devant un bateau.

Le sentiment de liberté ressenti en mer est ce qui passionne Noémie Bouma dans son travail quotidien.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté Noémie Bouma

Selon Noémie, ce sentiment de liberté est unanime chez tous les pêcheurs. Il est d’ailleurs partagé par sa belle-mère, la capitaine Marcelle Jenniss, qui travaille comme pêcheuse depuis 1987. Elle décrit la navigation comme une sensation sans pareille qui est devenue un besoin vital pour elle.

Il faut être vaillante

Si l'intégration des femmes se fait plus naturellement aujourd'hui, le chemin a parfois été ardu. Marcelle Jenniss se souvient qu'à ses débuts, le secteur de la pêche n'offrait vraiment pas de place aux femmes.

Toutefois, pour la capitaine, la pêche n'est pas qu'un métier, c'est une affaire de famille et de territoire. Originaire de la Basse-Côte-Nord, elle a la mer dans le sang. Elle se réjouit d’être devenue, avec le temps, une capitaine respectée dans le milieu.

On n’avait pas de crédibilité. On n'en a pas beaucoup encore, mais ça s’en vient.

Marcelle Jenniss tient un homard.

Marcelle Jenniss travaille comme pêcheuse depuis 1987.

Photo : Facebook Marcelle Jenniss

Aujourd’hui, Marcelle Jenniss constate avec joie que de plus en plus de femmes intègrent l'industrie de la pêche, un phénomène qu'elle compare à l'arrivée progressive des femmes dans le milieu de la construction.

De son côté, la directrice générale et des pêches de l’Agence Mamu Innu Kakussesht (AMIK), Marilou Vanier, remarque aussi l’augmentation du nombre de femmes dans les usines de transformation et dans des rôles de gestionnaire, comme elle.

La femme sourit.

Marilou Vanier estime qu'il faut d'abord être vaillant pour affronter les conditions de travail rudes en mer. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Laurence Vachon

Même si elle admet que les conditions de travail des pêcheurs et pêcheuses sont rudes, elle estime que la capacité à faire ce métier n'est pas une question de genre. Peu importe qu'on soit homme ou femme, il faut être vaillant, souligne-t-elle.

Briser les préjugés par le travail

Les préjugés ne sont toutefois pas totalement éteints. Noémie Bouma avoue avoir déjà reçu quelques commentaires misogynes de la part de citoyens sur les quais. Pour elle, la meilleure réponse reste l'action. Ces remarques cessent rapidement lorsqu'on la voit soulever les cages de homards de plus de 80 livres.

Des homardiers de la région de Sept-Îles ont préparé tout l'équipement nécessaire avant de partir en mer.

Des dizaines de pêcheurs sont allés porter leurs casiers en mer au large de Sept-Îles.

Photo : Radio-Canada / Simon Lavictoire

De son côté, Marilou Vanier confie qu’à ses débuts, son entourage avait exprimé des craintes de la voir évoluer dans un milieu aussi masculin. Finalement, la réalité a rapidement dissipé ces craintes. Elle témoigne avoir toujours été bien accueillie par les pêcheurs avec qui elle travaille.

Le fait d'être une femme a même été perçu comme un avantage par Marilou Vanier. C’est aussi le cas de Marcelle Jenniss et Noémie Bouma. Selon elles, les femmes apportent une nouvelle énergie et une vision différente dans les métiers de la pêche.

Le milieu de la pêche québécoise semble donc prêt à accueillir la relève féminine. Pour Marcelle Jenniss, sa belle-fille Noémie Bouma est justement une championne à devenir. Comme le résume Marilou Vanier, il faut seulement avoir le goût du large.

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