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Le Collectif Canopée a analysé 455 terrains de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches récemment et conclut que le potentiel de verdissement de ces terrains est encore grand. En d’autres mots, les institutions, comme les écoles, les hôpitaux, les logements sociaux, entre autres, pourraient planter davantage d’arbres sans nuire aux activités sur ces terrains, d’après le Collectif.
Rencontré à l'angle du boulevard Charest et de l'avenue Saint-Sacrement, Sergio Paolo Solano, directeur général du Collectif Canopée, explique que de verdir des terrains vagues comme celui où il se trouve permettrait de faire des gains positifs pour la population.
Verdir ça, facilement, c'est déjà une zone gazonnée. Ça pourrait venir cacher le bruit, capter des polluants, donne M. Solano comme exemple. Il y a d'autres terrains du même genre le long du boulevard Charest et sur la Cyrille-Duquet.

Sergio Paolo Solano, directeur général du Collectif Canopée, est sur l'un des terrains où des efforts de verdissement pourraient être faits. Ce terrain se trouve sur le boulevard Charest, à Québec.
Photo : Radio-Canada / Charlotte Marschall
J'appelle ça des arbres faciles en zone gazonnée. On plante, on ne perd rien, on ne perd pas de stationnements ou quoi que ce soit. Et ça, c'est juste une petite partie de ce qui peut réellement être planté en milieu urbain, affirme le directeur général du Collectif Canopée
Un groupe d'experts de divers organismes faisant partie du Collectif Canopée a analysé les lots institutionnels seulement, pour avoir une idée du nombre d'arbres qui pourraient être plantés sur ces terrains. Cette étude n'inclut pas l'analyse dans des parcs industriels et les grands lots résidentiels. Le Collectif travaille en ce moment à récolter ces données.
Un bon nombre des lots analysés (373, plus précisément) se trouvent sur les territoires des Villes de Québec et de Lévis. Les grandes institutions occupent des espaces considérables au cœur de nos milieux de vie, peut-on lire dans le communiqué de Collectif Canopée. Leur verdissement permettrait de lutter contre les îlots de chaleur, d’améliorer la qualité de l’air, de baisser les coûts en climatisation, par exemple.

Le verdissement permettrait de lutter contre les îlots de chaleur.
Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon
On se rend compte que le potentiel est beaucoup plus grand qu'on le croyait, s'enthousiasme M. Solano fasse aux possibilités d'agir.
En impliquant les propriétaires des terrains ciblés, on s'assure d'une plus grande quantité d'arbres qui vivront à long terme, selon M. Solano. Ça permet de voir les usages du terrain, il faut s'assurer que les arbres plantés ne soient pas ensuite brisés si l'espace est utilisé ensuite comme dépôt à neige, par exemple. Le plus important, c'est la durabilité des arbres qui seront plantés, martèle le directeur général.
Pour donner une idée, le parc industriel Saint-Malo, Jean-Talon et Duberger (la zone située entre l'avenue Saint-Sacrement et l'autoroute Robert-Bourassa en longeant le boulevard Charest NDRL), on frôle déjà un potentiel de plantation de 1000 arbres dans les petites zones faciles, décrit M. Solano.
La nécessité des partenaires
Le Collectif arrive à réaliser des travaux de verdissement grâce à des partenaires qui leur permettent d'avoir des arbres à un très faible coût. L'aide financière permet aussi d'assurer une surveillance des arbres pendant deux ans, pour vérifier l'état de santé de la végétation une fois plantée.
La volonté d'agir dans les parcs industriels rendra la faisabilité de ces travaux plus réaliste que si le Collectif avait à convaincre les propriétaires.
Pierre Dolbec, PDG de la Corporation des parcs industriels de Québec, explique que les administrations de ces parcs demandaient elles-mêmes un plan pour arriver à verdir leurs espaces. On a déjà des expériences qui sont faites. On a trois parcs en ce moment où les ambassadeurs ont décidé de s'impliquer avec Canopée pour sensibiliser les entreprises , se réjouit M. Dolbec.

Pierre Dolbec, PDG de la Corporation des parcs industriels de Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Nous, on agit où la Ville ne peut pas agir, ne peut pas aller en cour arrière, explique M. Solano. Le Collectif fait donc appel aux promoteurs immobiliers, aux propriétaires de lots, pour investir dès le départ dans la plantation d'arbres.
Comme 75 % du territoire de Québec n'appartient pas à la Ville de Québec ou n'est pas sous sa gouverne, l'étude du Collectif Canopée valide bien le potentiel de ces espaces, selon Raymond Poirier, responsable de la foresterie urbaine au comité exécutif de la Ville de Québec.

Le conseiller Raymond Poirier, responsable de la foresterie urbaine au comité exécutif de la Ville de Québec. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Pour le Collectif, le travail en partenariat avec la Ville de Québec et le Port de Québec est essentiel pour convaincre les institutions de planter plus d'arbres et leur donner les moyens pour le faire. Les deux entités ont une enveloppe combinée de plus de 500 000 $ pour l'année en cours, pour travailler avec le Collectif. Au-delà de l’analyse, cette démarche vise à concrétiser des projets de verdissement sur le terrain. Le Collectif Canopée pourra compter sur le soutien financier de la Ville de Québec et du Port de Québec pour le verdissement des terrains institutionnels , peut-on lire dans le communiqué du Collectif Canopée.
Verdir la ville, c'est l'affaire de tous et toutes, affirme le conseiller municipal du district de Limoilou. Et attention, chaque arbre n'est pas égal, rappelle-t-il, ce qui fait qu'on est capable de cibler des zones de plantation et de placer un arbre qui sera en mesure de tirer le maximum de cette zone-là.
Avec les informations de Charlotte Marschall.


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