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Une étude de suivi d’un an du corégone de l’Atlantique a révélé une nouvelle zone de fraie utilisée par cette espèce, l’une des plus menacées d’extinction au Canada.
Pour cette recherche, menée en collaboration par le ministère des Pêches et des Océans et l’Université Dalhousie, des scientifiques ont installé de minuscules transpondeurs permettant de faire le suivi de 42 poissons élevés en captivité avant d’être relâchés dans la nature.
On espérait que ces poissons allaient en quelque sorte nous mener à l’endroit où les corégones de l’Atlantique sauvages fraient, explique Jeremy Broome, un spécialiste des écosystèmes aquatiques à l’Institut d’océanographie de Bedford. Il s’agit d’un de nos angles morts importants en lien avec cette espèce, on ne sait pas où elle fraie dans la nature.

Jeremy Broome, biologiste au MPO, dirige les efforts de rétablissement du corégone. (Photo d'archives)
Photo : Autre banques d'images / Jeremy Broome
Les résultats obtenus dans le cadre de l’étude ont toutefois permis de faire une percée importante.
Nous avons pu observer des lieux où les poissons se rassemblent à un moment de l’année auquel on pourrait s’attendre que les corégones de l’Atlantique se reproduisent.
Des 42 poissons relâchés dans la nature, seuls 7 ont survécu, ce qui constitue une limite importante de leur recherche, puisque les chercheurs ignorent si les poissons se sont réellement acclimatés à leur nouvel environnement.
S’agit-il des lieux où les corégones de l’Atlantique fraient? Ou est-ce qu’il s’agit d’habitats où des poissons plus naïfs, élevés en captivité, pourraient chercher à frayer?
Cette étude revêt d’une grande importance pour la survie de l’espèce. Selon les estimations des scientifiques, il ne resterait qu’entre 19 et 93 corégones de l’Atlantique sauvage.
Selon le MPO, la répartition mondiale des populations de corégones de l’Atlantique a été limitée au bassin de Petite Rivière, dans lequel une population confinée aux eaux intérieures demeure dans trois petits lacs semi-naturels.
L’espèce a disparu du reste de la Nouvelle-Écosse il y a une quarantaine d’années.
D’après M. Broome, il est très difficile pour les corégones de l’Atlantique élevés en captivité de s’adapter à un milieu naturel après qu’ils aient été nourris avec des aliments artificiels pendant une longue période.
Des pressions environnementales compliquent aussi la survie de l’espèce, puisqu’elle nécessite des eaux profondes froides et riches en oxygène afin de prospérer, un habitat de plus en plus rare dans le bassin versant de Petite Rivière en raison du changement climatique.
Pour augmenter les chances de survie des poissons élevés en captivité, les chercheurs ont programmé leur mise à l’eau au printemps afin de profiter des conditions plus fraîches de la saison.
Autrefois, le corégone de l'Atlantique migrait d’un environnement d’eau douce à un environnement marin, mais l’espèce est aujourd’hui enclavée à cause de la construction de barrages dans le bassin versant au fil des années.
Pour augmenter les chances de survie de l’espèce, le MPO compte déployer des mesures visant à étendre son aire de répartition.
Le projet vise à établir une deuxième population de l’espèce à l’extérieur des lacs du bassin versant de Petite Rivière. Le fédéral débutera au cours des prochains mois des consultations publiques concernant quatre lacs identifiés comme des candidats pour le projet.
D'après les informations de Logan Ring, de CBC


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