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La lutte pour la présidence du MR Bruxelles et périphérie ne sera pas une simple formalité, alors que les votes des militants s'ouvrent ce mardi. Soutenu par Boris Dilliès et Valentine Delwart, Geoffroy Coomans de Brachène défie David Weytsman sur un terrain miné : celui de la neutralité, et la clarté idéologique.
Votre principal concurrent, David Weytsman, se présente comme un libéral du centre-droit. Quelle est votre ligne politique ?
Je me positionne clairement comme plus à droite que David Weytsman. C'est une candidature de droite assumée. Après 22 ans de recettes socialistes, la Région est au bord de la faillite.
En quoi seriez-vous plus à droite que David Weytsman ?
Sur la sécurité, l'intégration, l'émancipation mais aussi sur la fiscalité. Le MR doit mieux affirmer ses marqueurs libéraux, et à la Ville de Bruxelles, en particulier, où le MR déroule trop le tapis rouge à la politique socialiste. En dehors de quelques petites victoires rapides, nous ne changeons pas la donne. L'erreur originelle, c'est la négociation du soir des élections communales.
Vous êtes critique sur cette négociation avec Philippe Close (PS)…
David Weytsman est entré en demandant la place de bourgmestre et il est ressorti avec le sport, les espaces verts, le bien-être animal, l'état civil et le CPAS, évidemment. Ce sont des matières importantes, mais pas prioritaires pour changer la ville, au contraire de la sécurité, la propreté, la mobilité ou l'urbanisme. Les bras m'en sont tombés.
Vos relations sont notoirement compliquées avec David Weytsman. Est-ce parce qu'il a pris le leadership auquel vous aspiriez au sein du MR de la Ville de Bruxelles ?
Il y a eu beaucoup de promesses non tenues. En 2018 et 2019, David Weytsman avait promis que mes bons scores électoraux seraient reconnus. Vous avez vu ce qu'il en est advenu : j'ai été placé 16e sur la liste régionale (NdlR : Geoffroy Coomans de Brachène y a pourtant obtenu le 9e score). Je veux faire en sorte que d'autres ne subissent pas ce que j'ai subi.
David Weytsman : "Je suis candidat à la présidence du MR BruxellesEt en termes concrets, que pourrez-vous faire si vous gagnez ?
Boris Dilliès aura les coudées franches comme ministre-Président, mais nous devrons être au diapason. Je refuse que le futur gouvernement de Boris Dilliès fasse des efforts énormes pendant que nos communes augmentent les taxes, comme à la Ville de Bruxelles. David Weytsman préside Vivaqua et le prix de l'eau a augmenté. Le prix du stationnement et la taxe sur les terrasses explosent aussi. Le contribuable ne doit plus être le cochon payeur. Plutôt que d'augmenter les recettes, il faut réduire les dépenses publiques gargantuesques. Je suis au diapason avec Georges-Louis Bouchez sur la baisse de la pression fiscale.
En quoi votre candidature se distingue-t-elle ?
D'abord par l'expérience : je suis en politique depuis 26 ans. Cela me permet de connaître les réalités de terrain en profondeur, d'autant que je suis un authentique Bruxellois, et il n'y en a plus beaucoup. Ma famille habite Bruxelles depuis plusieurs centaines d'années. Ensuite, la disponibilité. Je considère la présidence régionale comme un engagement à temps plein. Si je suis élu, je laisserai mon poste au Parlement du Benelux. On a trop souffert du "syndrome Didier Reynders", avec un président efficace comme ministre mais absent de la régionale. Je veux être sur le terrain chaque jour. Enfin, il y a la clarté. Ma ligne est plus à droite et plus lisible.
"J'ai une crainte majeure, qui m'a d'ailleurs décidé à me présenter : que David Weystman ne tienne pas la ligne sur la neutralité stricte de l'État. "
Vous estimez que David Weytsman fait trop de compromis avec le PS à Bruxelles ?
Il est totalement Ecolo et PS compatible. Je crains que cela se transforme en laxisme qui diluerait notre ADN libéral. J'ai une autre crainte majeure, qui m'a décidé à me présenter : que David Weytsman ne tienne pas la ligne du MR sur la neutralité stricte de l'État. Or, je tiens particulièrement à ce que la neutralité soit appliquée en front comme en back office (NdlR : donc, que les signes convictionnels soient interdits pour les fonctionnaires en contact avec le public, comme pour ceux qui ne le sont pas).
Lorsqu'il était député, David Weytsman a par exemple voté en faveur de l'obligation d'étourdir l'animal avant abattage. Il a donc suivi la ligne du MR…
Oui, mais il s'est rallié. Et il a fait la même chose sur Good Move, qui ne le concernait pas car il ne roule pas en voiture. Pour en revenir à la question de l'abattage, à la sortie des négociations entre le MR et le PS le soir des élections communales, nous lui avons posé la question sur la neutralité. Il nous a dit que les signes convictionnels seraient autorisés en "back office". Pour moi, ça ne tient pas cinq minutes. La neutralité est un barrage qui fait que cette ville aux 184 nationalités tient ensemble, on ne peut pas le casser. Chacun peut avoir les convictions qu'il veut, mais elles restent dans le cadre privé.
David Weytsman dément tout à fait avoir formulé cette position sur l'abattage.
Il le nie complètement, oui. (Il sort son téléphone et lance une vidéo de 2019 où David Weytsman, aux côtés de Didier Reynders, assure que le MR a "fait le nécessaire" pour que le débat sur l'abattage ne monte pas au Parlement bruxellois). Cette élasticité m'inquiète. Il est de gauche avec les gauchistes et de droite avec les droitards.
Aux dernières élections, plusieurs candidats "issus de la diversité" ont été placés devant des élus qui avaient déjà une certaine légitimité électorale au sein du MR. Comment cela a-t-il été perçu par la base ?
Malgré une victoire indiscutable à Bruxelles, le succès mitigé de la stratégie d'ouverture à la diversité du MRCela a beaucoup heurté les militants, il ne faut pas le nier. Mais c'est une politique qui, au final, a montré qu'elle fonctionnait... mais partiellement. Lors de chaque élection, on voit malheureusement venir des personnes qui prennent un mandat puis ne font pas le job. Comme Latifa Aït-Baala qui est partie au PS… Moi, je refuse les négociations de "marchand de tapis" où l'on offre des places uniquement pour empêcher les gens de partir. Je recruterai sur base de l'adhésion réelle à nos valeurs.
Georges-Louis Bouchez a passé une forme d'alliance de facto avec le bourgmestre de Saint-Josse. Emir Kir serait le bienvenu au MR ?
De l'eau a coulé sous les ponts (NdlR : depuis son exclusion du PS), et je n'ai pas tout suivi, mais il faut voir si Emir Kir ferait amende honorable…. Bruxelles a besoin de clarté et les compromis permanents que nous faisons ne doivent pas se faire au détriment de l'ADN libéral.
Comment cet "ADN libéral" doit-il se traduire dans les quartiers populaires ?
L'ADN libéral est déclinable partout à Bruxelles, de Rhode-Saint-Genèse à Saint-Josse. Mais il faut arrêter de faire des promesses floues pour séduire certains électorats. On doit pouvoir dire la même chose dans tous les quartiers, même si la manière d'expliquer peut varier selon le public.
On dit que Georges-Louis Bouchez aurait préféré une candidature unique de David Weytsman. Le match est-il biaisé ?
Georges-Louis Bouchez m'a assuré qu'il ne soutenait pas ouvertement un candidat (NdlR : contacté par La Libre, le président du MR le confirme). Le match a lieu. J'ai démarré très tard, face à quelqu'un qui a démarré très tôt, et pas toujours avec les mêmes règles… Mais je veux jouer le match correctement au bénéfice de nos militants. Ce sont eux qui doivent en sortir gagnants.
Au MR, Georges-Louis Bouchez recrute à nouveau un proche du bourgmestre de Saint-Josse : "Il y a un respect mutuel avec Emir Kir"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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