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Il est l'un des écrivains les plus célèbres de la littérature française contemporaine, l'auteur de best-sellers attendus chaque année par ses nombreux lecteurs, le grand défenseur des anti-héros, des fragiles, des fêlés, de ceux que la vie laisse dans l'ombre. Malgré des débuts chaotiques, les feux des projecteurs n'ont pas tardé à éclairer la vie de David Foenkinos, cet éternel gamin né à Paris en 1974, qui a grandi dans un immeuble modeste à Villejuif, et qui n'a jamais oublié d'où il venait.
Il n'y avait pas de bibliothèque dans l'appartement familial. Malgré cela, David Foenkinos, écrivain, réalisateur et scénariste, signera des romans comme La Délicatesse (Gallimard, 2009), vendu à plus d'un million et demi d'exemplaires, ou Charlotte (Gallimard, 2014), qui réhabilite la peintre Charlotte Salomon, assassinée à 26 ans, et qui lui vaudra la consécration grâce au Renaudot et au Goncourt des Lycéens. Citons encore Le Mystère Henri Pick, Numéro Deux ou le dernier en date, Je suis drôle, qui raconte l'histoire et les déboires de Gustave Bonsoir, qui se lance dans le stand-up et comprend qu'il est moins drôle qu'il ne le croyait. Un nouveau roman sensible et moins léger qu'on le pense, appelé à nouveau à caracoler en tête des ventes.
Mais comment David Foenkinos en est-il arrivé là ?
David Foenkinos : "J'ai un côté secret, scorpion"Une cicatrice sur le torse
"On peut clairement dire que ma vie a changé après un événement. Plus encore, j'ai l'impression qu'il existe deux David Foenkinos. L'un avant, et l'un après. Une cicatrice sur mon torse me rappelle d'ailleurs chaque jour cette idée d'être deux personnes. Cette mutation s'est passée lors de mes 16 ans. J'étais jusqu'alors un adolescent plutôt réservé, pas issu d'un milieu culturel. Il n'y avait pas de livres chez moi, on n'allait jamais au théâtre ou dans les musées. C'est à cet âge que j'ai commencé à ressentir de fortes douleurs musculaires. Des rendez-vous chez le médecin, et des radiographies, n'ont rien décelé... Jusqu'au jour où j'ai eu le sentiment de brûler de l'intérieur. J'étais alors au fin fond de la Pologne. Heureusement, mon retour était prévu le lendemain. À peine arrivé à Paris, je suis allé aux urgences, où a été constatée la gravité de mon état. Il fallait m'opérer en urgence. Trois litres de liquide compressaient mon cœur. Pouvait-on seulement faire une anesthésie générale ? Mon cœur était trop faible. On me fit une prise de sang, juste avant l'opération. Et c'est là, dans ce temps de faiblesse absolue, que mon corps a lâché. J'ai été aspiré dans un long tunnel de lumière, dans un état de soulagement extatique. Il faut croire que ce n'était pas mon heure, car je suis revenu à la vie. Ma mère, à côté de moi, a dit m'avoir vu mort. Elle était en état de panique totale, tout comme l'infirmière. Mais j'avais donc décidé de vivre."
David Foenkinos et l'éternel drame des numéros deuxUn mort et une renaissance
Après l'opération, il est resté plus de deux semaines en soins intensifs, entre la vie et la mort, puis de longs mois à l'hôpital. C'était en 1991. Il n'y avait pas de téléphone, pas d'Internet, pas de réseaux. Seul l'ennui en guise d'horizon. "Alors que je n'aimais pas lire, les livres sont entrés dans ma vie et m'ont sauvé, m'ont consolé. Cela a été une boulimie, une frénésie. Comme tous les gens qui ont regardé la mort en face, j'ai eu le sentiment que ma sensibilité s'était déverrouillée. En lisant les livres, pour la première fois, je soulignais les phrases. Le monde de la beauté s'offrait enfin à moi. En sortant de l'hôpital, j'allais arpenter les musées, les jardins, les églises. Et je me suis mis à écrire. J'avais même de l'imagination. Tout venait, tout s'offrait dans cette nouvelle vie. J'avais le sentiment, après ces mois de souffrance et d'inquiétude, de revivre et de revivre en étant une autre personne. Je savais qu'il fallait profiter de chaque instant."
Inconsciemment, il n'a écrit que des romans qui parlent de cela. Et celui qui a changé sa vie, c'est bien La Délicatesse. "C'est le premier qui a rencontré une telle audience. Il n'était en fait qu'une transposition de mon histoire. J'ai mis des années à m'en rendre compte. C'était l'histoire d'une mort et d'une renaissance. C'était mon histoire. Tout comme je me suis pris de passion pour l'artiste Charlotte Salomon, à laquelle j'ai consacré mon roman, car elle avait écrit : ' Il faut être mort une fois pour aimer véritablement la vie'."
→ Je suis drôle | Roman | David Foenkinos, Gallimard,192 pp., 20 €, numérique 14 €
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