Louise Penny n’a pas peur des mots, et encore moins des gros mots. Mais de là à commencer un roman par «Merde», il y avait tout de même un pas. Que la grande dame du polar canadien franchit sans hésitation dans Un Homme meilleur – son dernier livre traduit en français, mais qui date de 2019. Après quelques pages, cette rude entrée en matière s’impose toutefois comme une évidence, une habile façon de nous faire pénétrer de plain-pied, et sans filtre, dans un monde largement régi par une violence extrême. Et souvent mortelle.
Cette violence, c’est celle, anonyme, des réseaux sociaux qui se déchaînent et traînent dans la boue l’ex-directeur général de la Sûreté du Québec Armand Gamache, désavoué par sa hiérarchie et rétrogradé au rang d’inspecteur-chef. C’est aussi celle de la nature qui, en ce mois d’avril marqué par l’alternance du gel et du dégel, menace de submerger sous les eaux le pays tout entier. L’occasion, pour le lecteur qui l’ignorait, d’enrichir son vocabulaire du terme «embâcle» désignant l’accumulation de blocs de glace et de débris dans une rivière.


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