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Dans le meurtre de Noahm à Metz, la piste homophobe désormais envisagée dans l’enquête

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France 11/06/2026 16:23 Actualisé le 11/06/2026 16:55

Le parquet de Metz est revenu, jeudi 11 juin, sur sa première décision en ouvrant l’enquête du meurtre de Noahm à la piste homophobe.

Par Solenn Cordroc'h avec AFP

La justice va enquêter sur une éventuelle dimension homophobe au meurtre du jeune homme de 19 ans survenu à Metz fin mai.

BASTIEN OHIER / Hans Lucas via AFP

La justice va enquêter sur une éventuelle dimension homophobe au meurtre du jeune homme de 19 ans survenu à Metz fin mai.

Une volte-face pour le parquet. Près de deux semaines après le décès de Noahm, 19 ans, le parquet de Metz a annoncé ce jeudi 11 juin que l’enquête sur le meurtre était élargie à une possible motivation homophobe. Jusqu’alors, il estimait que les premiers éléments ne permettaient pas d’étayer la thèse selon laquelle Noahm aurait été agressé parce qu’il était homosexuel.

C’est simplement pour « meurtre aggravé par l’état d’ivresse manifeste », crime faisant encourir la réclusion criminelle à perpétuité, que deux hommes de 20 et 27 ans avaient été mis en examen dans le cadre de l’enquête. Mais dans un communiqué, le procureur de la République de Metz, David Touvet, a annoncé avoir pris « un réquisitoire supplétif du chef d’homicide volontaire commis à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre de la victime par une personne agissant en état d’ivresse manifeste ».

« Cette saisine supplétive assure au magistrat instructeur le cadre juridique permettant que ses investigations englobent le plus largement toutes les circonstances des faits », a-t-il ajouté.

Ddans la nuit du 30 mai à Metz, Noahm a été violemment agressé, pour un motif futile, par un groupe d’individus qui lui aurait adressé des insultes telles que « sale PD » ou « sale pédale ». Le jeune homme aurait ensuite été projeté au sol, roué de coups, frappé au niveau de la tête, déclenchant un traumatisme crânien qui lui a été fatal. Il est décédé après être resté plusieurs jours en état de mort cérébrale.

Une minute de silence observée à l’Assemblée nationale

Le jour du décès du jeune homme, l’association messine Couleurs Gaies a organisé un rassemblement à Metz. Puis la semaine dernière, plusieurs députés de La France insoumise ont dénoncé « un lynchage homophobe ». « En France, un guet-apens homophobe est recensé chaque semaine et une personne LGBTI est victime d’une agression physique tous les deux jours », écrivent-ils, demandant une minute de silence à l’Assemblée nationale.

Une requête également formulée par Julia Torlet, co-présidente de SOS Homophobie, au nom de l’association, dans une tribune publiée dans Libération. C’est finalement mardi que la minute de silence a été observée, également pour Lyhanna et un gendarme tué dans l’accident d’un hélicoptère dimanche. « Dans notre République, personne, absolument personne, ne devrait être insulté, harcelé, tué, pour être qui il est, pour simplement aimer », a déclaré la présidente de l’Assemblée nationale.

Pour les parents de Noahm, « apolitiques », cette minute de silence serait « intéressante » seulement « si elle permettait à ce qu’on n’arrive plus à ce genre de situation, à ces accès de violence de la part de jeunes ». Les parents de la victime ont également dénoncé toute « récupération politique » de la mort de leur fils. Ils sont « effondrés » et en ont « ras-le-bol (...) de constater toute cette récupération politique » autour du meurtre de Noahm, a indiqué mercredi leur avocate, Sophie Friha.

« On ne veut pas que Noahm soit instrumentalisé par un parti », a déclaré l’avocate, disant que les parents de la victime voulaient surtout « une prise de conscience sociétale » et davantage « d’éducation » des jeunes face à la violence. « Ce qui n’est plus tolérable, c’est qu’il n’y a pas une année où il n’y a pas un enfant qui meurt pour rien, pour un regard, au centre-ville de Metz », a poursuivi l’avocate.

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