En novembre dernier, les voisins de Carmen Lau, dans la banlieue ouest de Londres, ont reçu un étrange courrier. L’enveloppe postée à Macau comprenait quatre images de Carmen Lau dénudée et une cinquième la mettant en scène dans un acte sexuel. La lettre d’accompagnement les invite à lui rendre visite. «Vous avez le droit de me choisir et moi le droit de ne pas vous accepter. Je veux juste que le processus soit doux. Nous pouvons devenir des amis proches!» Alertée, la police informe Carmen Lau de ce courrier et de ces images générées par l’intelligence artificielle (deepfake). C’est la deuxième fois en quelques mois que la Hongkongaise réfugiée en Angleterre depuis 2021 est victime d’une opération d’intimidation.
Les dissidents chinois considèrent ces opérations comme faisant partie de la tactique de «répression transnationale» exercée par Pékin à travers le monde entier pour les faire taire ou obtenir leur reddition. En février 2025, alors que Carmen Lau résidait dans un autre quartier, ses voisins avaient cette fois-ci reçu un courrier les incitant à la dénoncer auprès de l’ambassade de Chine à Londres. Comme cinq autres militants pro-démocratie hongkongais réfugiés au Royaume-Uni, la tête de l’ancienne élue est en effet mise à prix par les autorités de l’ex-colonie pour un montant de 1 million de dollars Hongkong (100 000 francs) pour infraction à la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin au territoire semi-autonome en 2020.


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