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Dallas Buyers Club : Jean-Marc Vallée au plus haut

3 month_ago 58

         

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On (re)découvre le film qui a propulsé Jean-Marc Vallée au panthéon du cinéma mondial.

Bien sûr, avant cela, C.R.A.Z.Y.  (Nouvelle fenêtre) en avait fait un héros de notre cinéma national, tandis que The Young Victoria et Café de Flore  (Nouvelle fenêtre) avait fait rayonner son talent hors de nos frontières. Mais en 2013, la déflagration provoquée par Dallas Buyers Club l’a propulsé encore plus loin.

Jean-Marc Vallée, dont on regrette encore chaque jour la disparition, est devenu alors un des rois de ce grand cinéma mondial, capable de réunir vision d’auteur et succès populaire.

Au cœur de Dallas Buyers Club, une histoire vraie : celle de Ron Woodroof, un électricien texan homophobe et sexiste qui apprend, en 1985, qu’il est malade du sida et qu’il ne lui reste que 30 jours à vivre. Mais loin d’abdiquer, Woodroof préférera refuser un traitement agressif à l’AZT pour plutôt trouver au Mexique ses propres médicaments, dont il organisera la revente aux États-Unis, par l’intermédiaire des clubs, contre une coquette somme mensuelle.

Un travesti et un homme en tenue de cow-boy assis sur un banc

Dallas Buyers Club, de Jean-Marc ValléePhoto : ANNE MARIE FOX

Loin d’une simple mise en images wikipédienne de l’histoire, comme plusieurs l’auraient fait, Vallée a plutôt suivi la ligne de son propre cinéma en faisant de son film un récit de survie (de Liste noire  (Nouvelle fenêtre) à Démolition, ils le sont tous).

Transformant le Texas en décor tactile et sensoriel grâce au réalisme délicat de la direction photo d'Yves Bélanger, le cinéaste a même réussi à métamorphoser son film en sorte de trait d’union entre le regard sans complaisance sur la maladie d’un Philadelphia et la force de vie et de résistance d’un Erin Brokovich.

En creux, c’est également autre chose que l’on peut y lire : cette capacité états-unienne à tout transformer, même le désespoir, en commerce. Car c’est bien grâce à sa petite entreprise florissante que Woodroof dépassera ses préjugés. Le mythe du self-made man dans sa plus pure expression se pare donc d’une épaisseur nouvelle : ce n’est pas que le portefeuille de l’homme qui change, mais bien ses valeurs, sa morale, son âme. Voilà, entre autres, ce qui peut expliquer le succès américain de Vallée : sa capacité à offrir à ses interprètes des rôles complexes et multidimensionnels. Du genre à leur permettre de gagner des Oscars, comme ceux qui furent logiquement attribués à Matthew McConaughey (délesté de 20 kilos pour ce rôle) et à Jared Leto.

Revoir Dallas Buyers Club aujourd’hui, c’est constater combien ce genre de rôles sont rares.

La bande-annonce (source : YouTube)

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