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Un nouveau rapport de la John Howard Society explore le lien entre l’incarcération et les morts liées à la drogue dans le Nord de l’Ontario.
Il indique notamment que les personnes des communautés du Nord et des Premières Nations sont confrontées à un risque accru de préjudice après avoir quitté les établissements correctionnels.
Le risque de mort liée à la drogue est plus de 50 fois plus élevé au cours des deux premières semaines suivant la libération, par rapport à la population générale, précise le rapport.
Cette statistique ne surprend pas Kyle Arnold, qui travaille pour l’organisme People Advocating for Change Through Empowerment (PACE) à Thunder Bay.
J’ai moi-même été dans cette situation où vous êtes dans un établissement [correctionnel] et votre tolérance est au plus bas parce que, en général, vous ne consommez pas dans un établissement, et quand ils vous libèrent, votre dépendance vous attend à nouveau, dit-il.
M. Arnold, qui n’a plus touché de drogues depuis sept ans, explique que l’approvisionnement en drogues à Thunder Bay est devenu de plus en plus imprévisible, exposant les détenus récemment libérés à un risque plus élevé.

Kyle Arnold n’a pas retouché à la drogue depuis sept ans.
Photo : Marc Doucette/CBC
Le Nord de l’Ontario est très durement touché par la crise de la toxicité des drogues, avec des morts qui représentent plus du double de la moyenne provinciale, souligne Safiyah Husein, directrice des politiques à la John Howard Society of Ontario et l’une des principales auteures du rapport.
Il y a des défis majeurs dans le Nord : un manque d’accès à des soins, à des traitements et à un soutien appropriés, ainsi qu’un approvisionnement en drogues de plus en plus complexes et létales .
L’organisme à but non lucratif réclame de meilleurs plans de libération pour les personnes qui quittent les établissements correctionnels, y compris un soutien en matière de logement, de soins de santé et de dépendance.
Il plaide également en faveur de politiques adaptées aux besoins distincts du Nord de l’Ontario.

Safiyah Husein est la directrice des politiques à la John Howard Society of Ontario.
Photo : Kelda Yuen/CBC
Il y a un besoin urgent dans la province d’investir dans un large éventail d’options de traitement, de réduction des méfaits, de rétablissement et de logement, déclare Mme Husein.
Un approvisionnement en drogues évolutif et très toxique
Selon le dernier rapport du Bureau du coroner en chef, les communautés du Nord de l’Ontario représentent quatre des cinq villes ayant les taux de morts liées à la drogue les plus élevés de la province.
Thunder Bay continue d’afficher le taux le plus élevé, à plus de cinq fois la moyenne provinciale.
Fin mars 2025, le seul site de consommation supervisée de la région, Path 525, à Thunder Bay, a fermé en raison de nouvelles règles provinciales concernant la proximité de ces installations avec les écoles et les garderies.
C’était leur premier arrêt en sortant de prison, lance Kyle Arnold.
Il ajoute que c’est là que les anciens détenus allaient consommer et faire tester leurs drogues tout en bénéficiant du soutien d’infirmières et de travailleurs sociaux.
Depuis que nous avons arrêté d’offrir ce service, nous assistons soudainement à un afflux de surdoses.
Kandace Belanger, qui gère les équipes de proximité et de réduction des méfaits au Bureau de santé du district de Thunder Bay, a déclaré que le rapport de la John Howard Society fournit une analyse approfondie de la situation.
Selon elle, ces défis sont plus importants dans le Nord en raison de l’isolement géographique et d’un approvisionnement en drogues évolutif et très toxique .
Elle explique qu’elle aimerait voir une meilleure coordination des services de santé et des services sociaux lors de la libération des personnes détenues.

Kandace Belanger travaille pour le Bureau de santé du district de Thunder Bay.
Photo : Sarah Law/CBC
Traumatisme et stigmatisation
Dans les Premières Nations, la crise des drogues toxiques est impossible à dissocier des impacts continus de la colonisation, du système des pensionnats, du logement inadéquat, du mauvais accès à l’eau potable, de l’isolement des services et des ressources limitées, indique le rapport de mardi.
En conséquence, entre 2019 et 2021, les morts liées à la toxicité des opioïdes dans les communautés des Premières Nations en Ontario ont presque triplé, souligne le rapport.
Paul Capon est un conseiller politique des Premières Nations de Matawa.
C’est probablement, je dirais, le problème le plus difficile auquel nous sommes confrontés dans les Premières Nations actuellement, déclare-t-il à propos de la crise de la drogue.
Pour sa part, Kyle Arnold pense qu’il est important de se souvenir à quel point la stigmatisation empêche les gens de demander de l’aide.
La consommation de drogue représente 10 % du problème. Le véritable problème est que la personne a subi un traumatisme et souffre, souligne-t-il.
Il préconise de prendre 10 à 15 minutes pour avoir une conversation avec les personnes dépendantes sans les stigmatiser.
Avec les informations de Sarah Law


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