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Le Petit Maghreb, à Montréal, était aux couleurs du Maroc, jeudi, le temps d'un match aux émotions fortes en quart de finale de la Coupe du monde de soccer, qui s'est soldé par une victoire de la sélection française au compte de 2-0.
Un peu plus d’une heure avant la rencontre, rien ne laisse croire à un rendez-vous des grands jours dans ce quartier dont les résidents sont connus pour la passion qu'ils vouent au soccer.
Mais à mesure que l'on avance depuis la station de métro Saint-Michel, des groupes de jeunes, filles et garçons, progressent le long de la rue Jean-Talon. Beaucoup d'entre eux portent le maillot de l'équipe marocaine, certains arborant fièrement le nom de Hakimi, la vedette de la sélection qui doit faire face au grand favori de cette édition de la Coupe du monde.
À l'intersection du boulevard Pie-IX, trois partisans dans la jeune vingtaine pressent le pas pour se rendre au café Sable d'or et y trouver une place de choix. Ils seront vite déçus, une affiche à l'entrée indiquant qu'on n'y diffuse pas les matchs de l'Algérie et du Maroc. Un employé derrière le comptoir explique que cette décision a été prise voilà quelques jours, après qu'un partisan a eu la mauvaise idée d'allumer un fumigène à l'intérieur de la salle.
Inquiets, Farid, Issam et Anis se rabattent sur le Café 5 Juillet, 200 mètres plus loin.

Les partisans ont sauté de joie lorsque Kylian Mbappé, de la France, a raté un tir de pénalité, arrêté par le gardien marocain Yassine Bounou, en première mi-temps.
Photo : Radio-Canada / Karim Ouadia
Le match commence dans un brouhaha propre aux bars sportifs.
À la moindre feinte, à chaque interception du ballon, les partisans crient en chœur Sir! (« Allez foncez! ») en arabe.
Un tir de pénalité est accordé à la sélection française. Un silence de mort règne, avant d'être rompu par un cri de joie qui fait vibrer les murs. Le gardien marocain Yassine Bounou vient d'arrêter un tir de la légende Kylian Mbappé.
0-0 à la mi-temps, mais des doutes

Les yeux rivés sur l'écran, les partisans de la sélection marocaine ont voulu croire à la victoire face au grand favori.
Photo : Radio-Canada / Karim Ouadia
La première mi-temps prend fin et les partisans sortent quelques minutes pour souffler et commenter le match.
Cette première période n'a pas convaincu Ahmed, qui trouve que l'équipe marocaine n'était pas pleinement présente. Il espère des changements pour une deuxième mi-temps plus offensive de la part des Marocains.
Un autre partisan plus indulgent souligne que jouer à ce niveau de la compétition n'est pas donné à tout le monde. Je suis très satisfait du rendement des joueurs, dit-il.
Deux buts qui assomment les partisans

Les partisans ont commencé à perdre espoir après le deuxième but.
Photo : Radio-Canada / Karim Ouadia
La deuxième mi-temps bien entamée, le Maroc encaisse deux buts. Meriem, présente au café La French, est déçue.
Ça se déroulait bien au début. On avait une bonne défense, mais là, on est en train de perdre [...] On a fait un très bon parcours, dit-elle avant de lancer : Vive le Maroc!
Mon cœur est brisé, je suis triste, confie une autre partisane, Maria, à la fin du match. J'espère qu'on va se reprendre à la prochaine Coupe du monde. Son amie d'origine algérienne rappelle que la sélection marocaine n'a pas démérité.

Les policiers du SPVM étaient présents en force aux intersections bien avant le match.
Photo : Radio-Canada / Karim Ouadia
Les cafés se vident sous le regard de policiers, dont la présence était importante : des autopatrouilles étaient stationnées aux intersections du quadrilatère, tandis que des policiers à vélo et même à cheval patrouillaient aux abords des cafés.


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