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Coupe du monde 2026 : Dembélé, Ballon d’or sacrifié ?

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ANALYSE – Discret face à l’Irlande du Nord lundi, à Lille, l’attaquant parisien risque d’avoir bien du mal à afficher son niveau de forme habituel en sélection. Explication.

Ousmane Dembélé va bien, merci pour lui. Ce n’est pas une évaluation au doigt mouillé mais ce qu’affirme le principal intéressé, qui est encore le mieux placé pour en juger après tout : «Je me sens bien. J’essaie de bien me préparer pour le match face au Sénégal», disait le double champion d’Europe parisien après la victoire sur l’Irlande du Nord (3-1), lundi, à Lille. Dont acte. Ce n’est pas pour autant que Dembélé a brillé. Peu d’influence sur le jeu, 1 tir, 37 ballons touchés, aucune occasion créée en 62 minutes sur la pelouse du Losc… Bref, loin de ce à quoi l’ancien Barcelonais – ménagé face à la Côte d’Ivoire (1-2) – a habitué la planète football depuis un an et demi à Paris.

Surprenant ? Pas forcément. «Dembouz» n’a rejoint le groupe France que quatre jours après le début du stage à Clairefontaine, comme ses coéquipiers du PSG (Désiré Doué, Bradley Barcola, Warren Zaïre-Emery et Lucas Hernandez) et le Gunner William Saliba, c’est-à-dire après la finale de Ligue des champions et un sacre qu’il faut digérer. Et surtout, il n’évolue pas dans le même registre au PSG qu’en sélection. Pas le même positionnement, pas le même statut. Rien à voir. Et pas le même jeu non plus, Didier Deschamps n’ayant que peu de points communs avec le gourou espagnol Luis Enrique.

À lire aussi Les notes des Bleus contre l’Irlande du Nord : le récital de Michael Olise, les ratés de Kylian Mbappé

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Bref, on pouvait se poser un certain nombre de questions avant le retour aux affaires du Ballon d’or, dans le Nord. Et elles sont loin d’être levées après ce deuxième et dernier galop d’essai d’une équipe de France qui dispose d’un potentiel offensif inégalé mais qui doit encore apprendre à s’en servir, à en tirer le meilleur parti. Lundi, Dembélé a évolué dans l’axe, en soutien de l’avant-centre Kylian Mbappé. Avec Désiré Doué à gauche et le triple buteur Michael Olise, à droite. Pour Dembélé, ce n’est pas une configuration idéale. Mais le plan n’est pas de le mettre dans une configuration idéale. Ballon d’or, oui. Taulier en Bleu, non. Même si le dispositif des vice-champions du monde est évolutif, pas gravé dans le marbre, ce n’est pas une priorité pour «DD».

Les efforts à la perte

«Ce sont des positions de départ, elles peuvent changer au cours de la partie, même si Michael est un peu plus resté sur la droite (lundi), car il a davantage la capacité à faire les efforts, aussi», a glissé Didier Deschamps après la partie. Ces «efforts», ce sont les efforts à la perte du ballon. Un point important, crucial en fait, car il dit beaucoup de la vision du sélectionneur du poste d’ailier. Et c’est sans doute la principale raison pour laquelle on ne verra probablement pas le schéma que l’immense majorité des observateurs réclame, Mbappé à gauche, Olise à droite et Dembélé axial. On y reviendra.

Ousmane Dembélé n’a guère brillé contre l’Irlande du Nord. Sarah Meyssonnier / REUTERS

«DD» a ensuite évoqué «un galop de reprise» pour le lauréat de la Ligue des champions 2026, «après ce qu’il a connu psychologiquement et physiquement». Et le sélectionneur national d’ajouter : «Au PSG, il part d’une position axiale, d’où il marque des buts, mais je le vois souvent dans d’autres zones aussi... C’est intéressant, mais cela demande davantage de rigueur à la perte que ce qu’on a montré (lundi). Avec tout le respect que j’ai pour l’Irlande du Nord, il y aura plus de danger en face de nous le 16», glisse-t-il.

Il est bien évident qu’Ousmane Dembélé n’a de leçon à recevoir de personne en matière d’efforts défensifs. C’est un modèle en la matière à Paris. Il fera les mêmes en équipe de France, pas de doute, et peut donc sans souci évoluer à droite, un poste qu’il a d’ailleurs longtemps occupé avec les Bleus. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde au sein du secteur offensif tricolore. Et c’est tout le problème. Vous l’avez deviné, il est ici question de Kylian Mbappé. Si Didier Deschamps ne peut pas utiliser Ousmane Dembélé en faux neuf comme à Paris, au-delà du fait que son équipe ne joue pas comme le Paris Saint-Germain de Luis Enrique, c’est que «KM» ne peut pas, ne peut plus jouer à gauche. C’est pourtant là qu’il a brillé à Monaco et lors de ses sept saisons parisiennes. Oui, mais sur un côté, impossible de faire l’économie des efforts défensifs dont l’enfant de Bondy est si peu friand. Euphémisme.

On essaie aussi de se comprendre. On joue depuis mars dans cette position.

Ousmane Dembélé

Dans ces conditions, Mbappé doit jouer dans l’axe, «mangeant» les espaces dont raffole Dembélé, comme on l’a vu lundi. Lequel Dembélé a l’habitude de lancer le pressing. Quelles que soient les orientations de Deschamps, elles ne pourront pas être idéales pour le Parisien. «Je suis content de l’animation, on bouge beaucoup, on dézone beaucoup avec les trois de devant. On essaie aussi de se comprendre. On joue depuis mars dans cette position. C’est très bien. On essaie d’être prêts pour le Sénégal», souffle-t-il.

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Et de poursuivre, à la question de savoir s’il est plus à l’aise à droite ou dans l’axe : «Un peu des deux, avec Michael, Kylian et Désiré on change beaucoup. Ça n’a pas beaucoup d’importance. Ce qui est important c’est de garder une position et savoir jouer dans cette position, que ce soit dans l’axe, à droite ou à gauche, ça n’a pas d’importance». Dans le discours de Dembélé, pas une pointe d’amertume, mais on comprend entre les lignes qu’il y a du boulot.

Très peu présent en Bleu cette saison

Et ce n’est pas étonnant. Ischio ou mollet, Ousmane Dembélé a souvent été blessé au cours de la saison écoulée, lui qui n’a finalement que rarement été brillant en équipe de France dans son parcours. En tout cas beaucoup moins et beaucoup moins souvent qu’à Paris… 59 sélections et 7 buts, à 29 ans.

Touché lors de la victoire 2-0 contre l’Ukraine, le 5 septembre 2025, il a manqué les cinq matchs suivants de l’équipe de France depuis le début de saison, avant de renfiler la tunique frappée du Coq en mars, contre le Brésil (2-1). En plus, on imagine que personne n’avait envie de prendre le risque d’une blessure lundi dernier, contre l’Irlande du Nord, avant de prendre la route des États-Unis, où les vice-champions du monde sont arrivés mardi dernier. Pas plus Ousmane Dembélé que le reste de ses petits camarades. En clair, pas le feu au lac, ni chez les Bleus, ni entre Dembélé et Mbappé, des copains de longue date. Simplement, Deschamps devra trouver une solution. La meilleure pour son équipe. Pas forcément la meilleure pour «Dembouz», qui devra sans doute se sacrifier pour le bien du collectif, en dépit de son statut de Ballon d’or 2025 et de candidat à sa propre succession.

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