S’il était encore en vie, Maximilien Ringelmann aurait sans doute été sidéré de découvrir l’édition du 8 septembre de la revue Current Biology. Cet ingénieur français en génie rural avait montré, à la fin du XIXe siècle, que les humains tirant à la corde, ou du bétail attelé, fournissent de moins en moins d’effort quand on augmente leur nombre. Une sorte d’«effet de flemme» – plus précisément une perte de coordination ou de motivation – qui fut l’objet par la suite d’innombrables travaux pour optimiser la taille des groupes d’individus affectés à une tâche commune.
Or, dans Current Biology, un quatuor de scientifiques révèle, après d’étonnantes expériences, que les fourmis restent parfaitement coordonnées, du moins celles de l’espèce tisserande, Oecophylla smaragdina. Ces insectes de belle taille – jusqu’à 10 millimètres pour les ouvrières – nichent dans les arbres d’Afrique, d’Asie et d’Océanie. Ils se regroupent pour construire leurs nids vivants en tirant sur les feuilles des arbres, le temps que les larves les enrobent de soie pour former des boules, dont le diamètre s’étend d’une balle de tennis à celui d’un ballon de football.


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