Depuis deux ans, le jeu vidéo thérapeutique Poppins est accessible au grand public sur smartphone et tablette. Or, ce dernier devrait faire l’objet d’un remboursement intégral par la Sécurité sociale dans un futur très proche. Quel est l’utilité de ce « jeu médicament » à destination des enfants ?
Un traitement complémentaire pour la dyslexie
Aujourd’hui, il existe déjà un certain nombre de jeux vidéo thérapeutiques. Citons notamment le jeu Dino Island, élaboré par des chercheurs canadiens pour aider les enfants atteints de troubles cognitifs comme l’autisme. Aux États-Unis, le jeu EndeavorRX aide les enfants en proie au trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Évoquons également l’application Meteor Blaster, un autre jeu cette fois pensé au Japon, dont l’objectif est de rendre plus facile la prévention du glaucome.
En 2024, les ingénieurs français François Vonthron et Antoine Yuen lancent Poppins, un dispositif médical marquant une avancée historique pour les thérapies numériques. Ce jeu thérapeutique se destinant aux enfants de 7 à 11 ans atteints de dyslexie sert de traitement complémentaire à domicile. La mise au point du jeu a mobilisé des médecins et des orthophonistes et impliqué des établissements tels que l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris et le Centre Hospitalier Henri Laborit de Poitiers.
Rappelons également au passage que la dyslexie est un trouble neurodéveloppemental, un déficit durable de l’apprentissage touche environ 4 à 5% des élèves d’une classe d’âge. Reconnue comme un handicap en France depuis 2005, la dyslexie est concernée par divers dispositifs d’accompagnement spécifiques, de l’école jusqu’au monde professionnel.
Un jeu validé cliniquement
Mis au point avec le célèbre éditeur Ubisoft, le jeu Poppins transforme des exercices de rééducation répétitifs en un univers d’aventure captivant. Dans les faits, l’enfant fait progresser un personnage à travers des niveaux, en résolvant des énigmes et en passant des tests de logique. Par ailleurs, un système d’accumulation de trophées est présent pour maintenir la motivation de l’enfant.
De plus, le jeu intègre un importante dimension musicale. Le but est d’aider à la structuration de la concentration et à la segmentation des sons, une compétence malheureusement en déficit chez les patients atteints de dyslexie. Dans l’idéal, les sessions de vingt minutes chacune doivent être suivies entre trois et cinq fois par semaine, afin d’éviter une surexposition aux écrans. De plus, une interface permet aux parents de suivre en temps réel les progrès de l’enfant et le détail du travail des compétences cognitives.
Selon les responsables, une étude clinique randomisée sur 300 enfants a démontré qu’une douzaine de semaines d’entrainement permet une amélioration de la vitesse et de la précision de lecture. Evidemment, le jeu de dispense pas de l’habituel suivi orthophonique deux fois par mois.
Crédit : Site officiel du jeu Poppins
Bientôt remboursé à 100% par la Sécurité sociale
Après deux ans, la reconnaissance est enfin là, puisque la Haute Autorité de Santé (HAS) vient de rendre un avis favorable à sa prise en charge, sans avance de frais de la part des familles. Comme l’explique la Fédération Française des DYS dans une publication du 1er juillet 2026, il est question d’un remboursement à 100% qui devrait entrer en vigueur dès l’automne de cette année, une décision unique en France pour un jeu vidéo.
Depuis son lancement, le jeu Poppins est en accès libre sur l’App Store et Google Play pour 39 euros par trimestre. Les familles pouvaient payer elles-mêmes l’abonnement et potentiellement, se le faire rembourser par des mutuelle partenaire. L’accès remboursé par la Sécurité sociale sera disponible seulement sur ordonnance et sera accordé pour une période de trois mois renouvelables.


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