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“Tout amour dans lequel celui/celle qui aime ne donne pas la priorité à la volonté de celui/celle qu’il aime, par dessus sa propre volonté, n’est en rien digne de ce nom.”
~ Ibn Arabi ~ (traduction issue de la première partie de l’article)
L’amour du juste, de la vérité et de nos frères en humanité est au-delà de tout et doit piloter la conscience humaine. L’État, le rapport marchand, le rapport de domination et d’exploitation sont des négations de cet amour et ne sont donc que des futilités néfastes contre-nature et anti-humaine. Une traduction qui nous fait comprendre toujours plus avant l’universalité spirituelle des humains quelles qe soient les cultures.
~ Résistance 71 ~

Palestine, compassion, abnégation
La nation du Hezbollah : l’amour comme force révolutionnaire
Saïf Da’ana
1er mai 2026
Url de l’article original :
https://www.theinteldrop.org/2026/05/03/the-nation-of-hezbollah-love-as-a-revolutionary-force/
NdR71 : Ce qui suit est une traduction de la seconde moitié de l’article, qui est long, très instructif, mais dont la seconde partie, avec l’explication de Karbala, résonne particulièrement dans le contexte actuel de la guerre impérialiste sioniste contre l’Iran et le Liban. Nous avons donc donné priorité à ce segment que nous mettons en parallèle avec nos passerelles inter-culturelles lancées depuis des mois pour une meilleure compréhension de la nature humaine et d’avancer sur le chemin des spiritualités qui nous rapprochent au lieu de succomber à la propagande divisionnaire du chaos organisé par la clique oligarchique du pouvoir impérialo-sioniste. Cette traduction nous l’espérons, amènera une plus grande compréhension sur cette spiritualité profonde que nous partageons tous, quelle que soit notre culture. Qui dans la culture occidentale a aussi prêché l’amour universel, la compassion, le pardon et la non-violence ?
Ceci explique également pourquoi l’empire anglo-américano-sioniste, qui n’a pas l’ombre d’une spiritualité, ne peut pas gagner cette guerre existentielle contre l’Iran et le Liban. Comprendre aussi que la vaste majorité des chrétiens libanais comprennent et savent pourquoi le Hezbollah est et demeurera leur allié sans faille. Il y a de l’Imam Hussein à Karbala dans l’épopée historique menant également au martyr de Jeanne D’Arc. Bien plus nous rassemble qui ne nous sépare… Il n’y a pas besoin de faire le grand écart entre les cultures, les passerelles spirituelles existent… depuis toujours, simplement la caste du pouvoir coercitif a passé le plus clair de son temps à les dissimuler aux peuples en les trompant et les manipulant.
[…]
L’amour et l’existence sont inextricables et inséparables. Cette connexion (de l’existence par l’amour et de l’amour par l’existence) est la force qui façonne le soi et établit l’identité, comme nous le voyons si bien dans les contextes soufis où “l’amant(e)” et “l’aimé(e)” deviennent une seule réalité. Peut-être cela explique t’il l’hadith narré par Abou Nu’aïm dans “Hilyat al-awliya”, ayant une forte lignée de transmission depuis le Prophète (qlpssl) et où il dit “Il n’y a pas de verset dans lequel Dieu a révélé ‘Ô croyant’, à part qu’Ali est à sa tête et son leader.”
Puis ce fut et ce fut et ce fut. Puis s’en vint l’épopée de l’Imam Hussein à Karbala, une nouvelle incarnation historique de l’essence même de la rédemption absolue et du sacrifice et une invocation céleste de l’esprit du modèle alaouite de la nuit de Hijra. Karbala ne fut pas un simple évènement historique ou une occurence temporelle, mais ce fut et aussi devint la cause ultime qui préserva la continuité existentielle et la permanence spirituelle et matérielle du message mahométan.
A Karbala, l’Imam Hussein, le parfait héritier cosmique dans la chaîne de lumière des prophètes (son grand-père, Mahomet) et le gardien des Alaouites (son père Ali) et le troisième Imam de la plus noble lignée islamique arabe, chaque génération et chaque pilier de cette lignée, dans chaque ère de l’histoire du message et de l’histoire de la nation [Oumma], a représenté un modèle exceptionnel de sacrifice et de rédemption au point d’une dévotion totale et absolue à l’Aimé.
Comme l’indique Ibn Arabi, la sainteté est l’essence intérieure de tout prophète. Hussein, le martyr, a hérité non seulement de la connaissance, de la lignée, du rôle et du statut de son grand-père, le prophète Mahomet (qlpssl), de son père l’Imam et Saint, mais aussi de l’état spirituel, de la station et de la responsabilité du message dans sa forme essentielle et véritable. Si le martyr est le plus haut niveau culminant du dévoilement dans la tradition soufie, alors le martyr de l’Imam Hussein ne fut pas limité au pinacle de la mort volontaire supprimant les désirs (“La mort est préférable à une honte éternelle”), mais il l’a aussi transcendée pour devenir une annihilation totale et complète dans la Vérité.
Pour cette raison, les mystiques voient le sang noble de Hussein, répandu à la bataille de Karbala, comme l’eau cosmique de la vie qui a abreuvé l’arbre de l’islam et celui du monothéisme, protégeant le message mahométant et la continuité de la communauté musulmane. Ainsi, le noble sang de Hussein à Karbala devint la manifestation la plus complète et la plus significative de ce que les mystiques appellent “le flot existentiel”, où le sacrifice devient la force motrice de la continuité de la communauté dans sa quête de la perfection.
C’est pourquoi Karbala ne fut pas juste un autre évènement historique, mais la culmination existentielle de l’expérience de l’amour divin. Et Hussein, le martyr, ne fut pas juste un autre héros historique, mais cet Imam d’amour personnifia la représentation la plus véritable et la plus complète de la “manifestation théologique”, l’émergence de l’essence divine d’un état d’invisibilité absolue, ou “d’indétermination”, à un état de manifestation et de réalisation dans la forme de l’être humain parfait, qui personnifie plusieurs formes, noms et attributs. A Karbala, des mystiques voient la personne de l’Imam Hussein comme la manifestation des attributs de la Majesté, qui furent révélés dans sa subjugation, son immense patience face aux obstacles et épreuves les plus terrifiantes et son sacrifice.
D’un autre côté, ils voient aussi les attributs de la beauté, qui se manifestèrent dans son contentement absolu, sa soumission complète et son amour, résumés par Dame Zaïnab en ces mots : “Je ne vis rien d’autre que de la beauté.” Ce faisant, elle proclama la victoire de la perspective visionnaire, celle qui perçoit la compassion intérieure par delà la tragédie matérielle, qui ne perçoit que l’apparence extérieure de la souffrance. Ainsi donc, Karbala devint une ascension existentielle qui unifie la majesté de la subjugation avec la beauté du contentement et de la soumission [au divin].
C’est pourquoi Karbala ne fut pas seulement le test le plus ultime, dur, sévère et harassant de la dévotion de l’Imam, mais aussi le moment central et pivot de sa destinée temporelle, lorsque l’enjeu atteignit son zénith en tant que test ultime de la sincérité de sa volonté d’amour. Karbala ne fut pas seulement une bataille ; ce fut un tournant existentiel qui testa la résilience de l’essence humaine dans l’espace transitoire de la mortalité. Même ce dernier jour, dans ses derniers souffles, dans ce voyage céleste, quand l’Imam fut esseulé, dénué de toute famille et supporteurs, le courage de la dévotion totale à Dieu se manifesta dans sa forme la plus glorieuse.
L’historiographie, comme celle d’al-Tabari et de bien d’autres, incluant des narrations de Hamid Ibn Muslim al-Azdi, regorge de descriptions de ce moment et de cet état, qui transcendent les explications psychologiques ordinaires : “Par Dieu, je n’ai jamais vu personne dont les enfants, la famille et les compagnons avaient été tués, être aussi résilient et résolu que lui.” L’attitude composée au pic de la défaite physique ne fut rien qu’une image de tranquillité de quelqu’un qui savait et était tout absorbé à contempler l’Aimé, ainsi ils ne pouvaient même plus voir les lames des sabres autour de lui, mais ne contemplait que les manifestations d’une proximité du divin, parvenant à ce stade au rang d’être humain parfait dont l’être fusionnait toutes les dualités de l’existence.
Du Maître au Sheikh: l’Amour comme force révolutionnaire
… Et la conscience de l’amour dans l’école des Imams Ali Ibn Abi Talib et Hussein ibn Ali n’est jamais une émotion psychologique éphémère, mais plutôt un paradigme épistémologique parfait, qui autorise celui qui cherche à pénétrer les voiles de la multiplicité matérielle afin d’atteindre l’unité du témoignage (le soufisme, comme le dit Abou Nu’aïm dans “Hilyat al-Awliya” “est l’émergence du voile vers la levée du voile”). Ainsi, la voie soufie transcende le raisonnement logique sec et déducteur pour aller vers une connaissance empirique ou une connaissance au travers du cœur aimant, en tant que connaissance révélatrice qui voit la vérité dans son essence et non pas son ombre.
Et donc, précisément pour cette raison et en accord avec ces fondations et en complète adhérence avec celles-ci, la vie et le narratif du martyr suprême de la nation, Sayyed Hassan Nasrallah, a acquis son exceptionalisme et son authenticité historique en transcendant les limites et les critères traditionnels (géographie, politique, temps et espace) pour se situer entièrement au sein du monde de l’amour existentiel, qui inévitablement construit les fondations de la victoire.
L’amant ascète ne peut jamais être vaincu politiquement ou militairement, car il ne recherche aucun gain personnel ou besoin de ce monde (“ceci n’est pour moi qu’un éternuement de chèvre”) , mais il possède, à l’encontre des autres, l’exceptionnelle capacité de vivre, de mener et de pratiquer la résistance avec les plus hauts standards de droit, de justice, de bonté et de compassion, ainsi que de sacrifice et de dévotion, et ce, sans compromis.
Dans des déclarations comme “Nous, les chiites d’Ali Ibn Abi Talib du monde, n’abandonnerons jamais la Palestine.” Et aussi “Personne n’a le droit d’abandonner un seul grain de sable de la terre de Palestine.”, nous lisons ici et entendons bien au-delà de déclarations ou de prises de positions politiques standard. Ces phrases, et bien d’autres, contiennent une immense profondeur de dévotion, une envie insatiable de vérité et de justice et une poursuite du bien qui ne peut pas être expliquée par cet amour ordinaire dont les gens font l’expérience.
Ici, dévotion et abnégation de soi dans le but de vérité transcendent la simple affection, dépassent même l’excès d’amour (“conformité à la vérité et séparation de la création”), atteignant le point de l’annihilation complète et de l’absorption dans l’Aimé : l’amour et le sacrifice du Sayed pour l’environnement de la résistance et de son peuple, aussi bien que son amour et son sacrifice pour la Palestine et son peuple, ce comme les plus claires manifestations de la vérité, de la justice, de la bonté, de la compassion et de la beauté, à notre époque.
Ce type d’amour, exemplifié par Sayed al-Shahid, transcende la simple affection excessive, atteignant le stade d’union et d’unité (“Je suis Lui que j’aime et Lui que j’aime est moi.”), où toutes les frontières et distinctions entre le soi qui résiste et l’objet (la terre/le sacré) disparaissent totalement. Cette relation entre politique et amour, dans ce cas, est la relation entre la raison et l’amour. Car “la raison”, comme le dit si bien succinctement Mohammed Iqbal “est la lampe qui éclaire le chemin, l’amour est le moteur.” “La raison illumine la voie et l’amour est ce qui complète le voyage.”
Mais pourquoi ? “L’amour ne peut pas être expliqué”, car il est “la cause de toutes choses”, comme l’explique Rumi dans son commentaire du texte de Qadi Abou Bakr al-Shibli, le disciple de Junaïd al-Baghdadi. L’amour est le premier principe et le moteur derrière chaque sacrifice et chaque action de rédemption. L’amour est un état de devenir vers la perfection absolue, incarné dans la communion et la contemplation mutuelle entre le serviteur et le divin. L’amour n’est donc pas un simple sentiment de bonheur, mais un état ontologique ou une transcendance et une poussée cosmique constante vers la perfection.
Ainsi, avec le maître des martyrs de la nation, Sayyed Hassan Nasrallah, l’amour dans notre temps est devenu une très grande force révolutionnaire, pas seulement en prévention de l’effondrement des structures morales de la nation, mais même en soutenant le toit du monde et empêchant qu’il ne s’effondre. Alors que les combattants de la résistance font de leurs corps des barricades et leurs sacrifices devenant des ponts afin que le monde ne se doit pas dans l’obscurité de la jungle et de sa sauvagerie, tout comme le moment pivot de Karbala et sa continuation dans la protection du message et la continuation de la nation, car s’il n’y avait pas eu le soutien du Sayyed martyr et de sa famille de la résistance pour le peuple de Palestine au faîte du massacre de Gaza et avec eux l’honorable peuple du Yémen seulement, malgré les coûts énormes résultant de cette prise de position, ce monde serait devenu une structure dénuée de sens et un théâtre grotesque d’absurdité.
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Lectures complémentaires :
Hezbollah son histoire de linterieur naim qassem
Brett_Titley_Naim_Qassem_Sur le Hezbollah
Aurelie Daher_Le HB libanais et la RIL des strategies complementaires
Leila-Mezboudi_Al Qods dans le cœur et l’esprit de Hassan Nasrallah – de Karbala à l’humanité
De Landauer à Nasrallah ou l’universalité de l’esprit de la société
Kadir Celik_Du_soufisme_non-orthodoxe_a_ lanarchisme_musulman
Alexandre_Christoyannopoulos__L’anarchisme_chrétien_(extraits)
This entry was posted on 7 Mai 2026 at 2:32 and is filed under actualité, colonialisme, documentaire, guerres hégémoniques, guerres imperialistes, militantisme alternatif, nature et spiritualité, neoliberalisme et fascisme, politique et social, résistance politique, sionisme colonialisme génocidaire, terrorisme d'état with tags Amour force révolutionnaire, désobéissance civile, dissidence a l'oligarchie, guerre contre le terrorisme d'état, guerres imperialistes, nation hezbollah ou l'amour comme force révolutionnaire, résistance politique, société état et démocratie, terrorisme d'état. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. You can leave a response, or trackback from your own site.


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