Dans son évolution récente, le football s’est rapproché par certains aspects du basketball et du handball. Les progrès techniques et physiques des joueurs, la standardisation des conditions de jeu et l’accent porté sur la possession de balle ont multiplié les situations où une équipe campe dans le camp adverse et fait tourner le ballon en attendant de dénicher la faille dans une défense regroupée. Face à cette impasse, le basket a trouvé la parade du tir à trois points. Au handball, les joueurs surpuissants tirent de loin en s’élevant au-dessus des «murs» de bras. Le football n’a pas ces options à disposition, alors il s’est rabattu sur deux vieilles armes remises au goût du jour: les touches longues et surtout les corners, qui font énormément parler parce qu’ils produisent des buts, mais aussi des situations extrêmement confuses.
Les soirs de Ligue des champions ou les après-midi de Premier League anglaise, il est devenu habituel de voir 12 joueurs ou plus massés dans les 5 mètres, dont deux ou trois d’une même équipe pour tenter de bloquer le gardien adverse. S’engagent alors fréquemment des combats pour gagner ou conserver une position stratégique. Il y a des fautes de tous côtés, des ceinturages, des obstructions, des tirages de maillot, souvent autant de coups francs pour la défense que de pénaltys pour l’attaque. Cela fait penser cette fois au water-polo (tout ce qui se passe sous la ligne de flottaison). L’arbitre, qui n’a pas d’eau dans les yeux, les ferme pourtant en se disant que Dieu – ou la VAR – reconnaîtra les siens.


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