NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
L'âme de David Bowie flotte au large de Bali, là où ses cendres ont été dispersées dans l'intimité à l'issue d'une cérémonie bouddhiste. Disparu le 10 janvier 2016, à l'âge de 69 ans, David Bowie avait appris dix-huit mois plus tôt qu'il souffrait d'un cancer du foie. Il a préparé son départ en silence, sans jamais se plaindre. "Les derniers mois de son existence, David a fait ce qu'il a toujours fait. Et il a voulu le faire de la meilleure des manières", confiait Tony Visconti, ami fidèle et producteur sur onze de ses albums. "Sa mort n'a pas été différente de sa vie. C'est une œuvre d'art."
Tony Visconti fait allusion aux deux ultimes projets de Bowie : Lazarus, une comédie musicale mise en scène par le Belge Ivo Van Hove et Blackstar, son vingt-sixième album studio. "Look up here, I'm in heaven. I've got scars that can't be seen" ("Regarde-là-haut, je suis au paradis. Je porte des cicatrices que personne ne peut voir"), chante-t-il sur "Lazarus", deuxième single de ce requiem paru le 8 janvier 2016, jour de son anniversaire, quarante-huit heures avant son décès survenu dans son appartement de Lafayette Street, à New York.
Clause de confidentialité
Pour ce disque, comme pour Lazarus et The Next Day (2013), Bowie avait imposé une clause de confidentialité à ses proches collaborateurs. Dans le magazine Rolling Stone, la bassiste Gail Ann Dorsey raconte ainsi qu'elle a dû mentir à sa compagne et à sa mère. "Ma mère vit à quelques minutes du studio Magic Shop où se déroulaient les sessions de The Next Day. Quand elle me demandait ce que je faisais dans le quartier, j'expliquais que je bossais avec un artiste venu de Suède ou de Norvège, sans autre détail."
De la galère au succès planétaire: retour sur les jeunes années de David BowieAujourd'hui, les langues se sont déliées. Jusqu'au bout, David Bowie a pensé à son oeuvre et à son héritage artistique, allant jusqu'à dresser un plan quinquennal qui détaillait la manière dont son catalogue devait être exploité après sa mort. Sur un plan légal, il a laissé un patrimoine estimé à cent millions de dollars, réparti entre son épouse Imam (50 %), sa fille Alexandria Zahara (25 %) et son fils Duncan Jones (25 %).
David Bowie Center
Bowie avait aussi souhaité rassembler ses archives personnelles dans un même lieu. Riche de 90000 références (disques, vêtements, photos, instruments, brouillons de paroles, croquis pour ses mises en scène de tournées ou de clips, …), le David Bowie Center a ouvert ses portes le 13 septembre 2025 dans une annexe du prestigieux Victoria & Albert Museum de Londres. L'espace accueille aussi des concerts. Le groupe indie féminin The Last Dinner Party y a joué l'automne dernier.
David Bowie, l'acteur qui venait d'ailleursJazz et Kendrick Lamar
Pour Blackstar, David Bowie voulait travailler avec de jeunes musiciens. Après avoir enrôlé le saxophoniste Donny Mc Caslin pour le single "Sue (Or In Season Of Crime)" en 2014, Bowie et Visconti décident d'assister à un concert de son quartet jazz au 55 Bar, un club de Greenwich. "Après le set, David a pris un verre avec eux et leur a demandé s'ils voulaient enregistrer un album avec lui. Il ne cherchait pas des musiciens rock qui jouent du jazz mais bien des musiciens jazz qui déployaient une énergie rock. Une autre influence pour Blackstar a été l'album To Pimp a Butterfly de Kendrick Lamar qui est sorti pendant les sessions", précise Tony Visconti à mensuel musical Mojo.
En novembre 2015, à la fin de l'enregistrement de Blackstar au Magic Shop Studio de New York, Bowie apprend que le cancer s'est propagé à tout son organisme. Il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Hormis son épouse, ses enfants et Tony Visconti, personne n'est au courant. Lorsqu'il tourne le clip de "Lazarus" fin novembre, il a arrêté son traitement. À la fin de la vidéo, Bowie rentre en tremblant dans une armoire dont les portes se referment à jamais. Tout un symbole…
Le sommet de sa renaissance
Déjà considéré comme un chef-d'œuvre à sa sortie – il a été numéro 1 dans vingt-quatre pays dont la Belgique-, Blackstar apparaît dix ans plus tard comme le sommet de la renaissance de Bowie entamée au début des années nonante. Même si Bowie bat tous ses records de vente avec Let's Dance (1983), les années 80 sont pour lui celles des dérives commerciales et du manque d'inspiration. Revenant sur cette époque ("mes années Phil Collins") où il portait des costards jaunes, tournait des pubs pour Pepsi avec Tina Turner et écrivait des paroles ridicules ("Mets tes chaussures rouges et danse le blues" dans Let's Dance), le chanteur était parfaitement lucide sur ce vide artistique.
Après Never Let Me Down (1987), considéré à juste titre comme son album le plus médiocre, et la parenthèse foireuse de son groupe indie Tin Machine, l'artiste va enchaîner plusieurs disques, pourtant sous-estimés par la critique et ses habituels biographes, qui vont lui permettre de se réinventer. On pense à The Budha Of Suburbia (1993), Outside (1995, avec le magnifique "I'm Deranged" que David Lynch utilisera en ouverture et clôture de Lost Highway) ou encore Heathen (2002).
David Bowie aura son muséeCe dernier est particulièrement apprécié par Tony Visconti. Et pas seulement parce qu'il marque, dans la foulée de Hours, sa réconciliation avec Bowie après une brouille d'une vingtaine d'années, quand il avait été écarté de Let's Dance au profit de Nile Rodgers. "Pour moi, Heathen a donné naissance à une nouvelle approche et un nouveau style d'écriture qu'il a ensuite perfectionné jusqu'à Blackstar", explique Visconti. Une analyse défendue également dans David Bowie, Dernier Acte, documentaire inédit qui sera diffusé ce 16 janvier sur Arte, ainsi que dans Lazarus : The Second Coming Of David Bowie, nouvelle biographie en anglais signée Alexander Larman.
Nouvelles collaborations
Quand nous avions rencontré David Bowie à la sortie de son album Earthling en 1997, il partageait sa passion pour la drum 'n' bass et le rock industriel. Il collaborait alors avec son voisin new-yorkais Moby, signait un duo avec la star éphémère de la jungle Goldie et était parti en tournée avec Nine Inch Nails. Bowie avait aussi vu toutes les possibilités qu'offrait Internet et, dès 1994, lançait l'un des premiers CD-ROM interactifs permettant de personnaliser l'écoute de son album Black Tie White Noise, notamment en remixant chaque piste.
S'il était encore de ce monde, Bowie apprivoiserait sans doute l'Intelligence artificielle pour en faire son amie et créer de nouveaux sons. À défaut de nouvelles compositions, le Fonds Bowie ne cesse de publier des live, des rééditions, des vinyles colorisés ou des picture discs. Hormis les six coffrets anthologiques et l'un ou l'autre témoignage live intéressant comme le Glastonbury 2000, ces références posthumes visent surtout le marché des collectionneurs. Mais ça fonctionne. Les deux années qui ont suivi sa mort, Bowie a vendu cinq millions de disques physiques rien qu'en Angleterre. Et ce n'est pas près de s'arrêter.
L'extraordinaire héritage de David BowieÀ lire, voir, écouter
Depuis sa disparition, Bowie a fait l'objet de nombreuses rééditions et d'une abondante littérature. Voici quelques références récentes à privilégier.
Documentaire
David Bowie – Dernier Acte
Un film de nonante minutes qui explore la manière dont Bowie s'est réinventé après l'expérience Tin Machine. Le réalisateur Jonathan Stiasny se concentre sur son requiem "Blackstar" avec des images inédites des derniers moments de création de l'artiste. Exceptionnel.
Vendredi 16 20h30 ARTE. Et ARTE.TV jusqu'au 15/4.
Livre
Lazarus : The Second Coming Of David Bowie
La plupart des biographies consacrées à Bowie s'attardent sur ses chefs-d'œuvre des années 70 et ne font que survoler les années 90/2000. Le journaliste anglais Alexander Larman, choisit, pour sa part, d'aborder la renaissance de Bowie qui a suivi "ses années Phil Collins" et le triomphe commercial de "Let's Dance". Un angle judicieux. On apprend beaucoup sur ses collaborations avec Nine Inch Nails, le making of du sous-estimé "The Budha Of Suburbia", les coulisses du Reality Tour, la genèse de la comédie musicale Lazarus et l'enregistrement de "Blackstar". En anglais uniquement.
New Modern, 400 pages.
Coffret
I Can't Give You Everything Away
Sixième et ultime coffret compilatif clôturant une ambitieuse anthologie initiée par Bowie en 2015. "I can't Give Everything Away" ne fait pas dans la demi-mesure : 12 CD (une centaine d'euros) ou 18 vinyles pour rassembler l'ensemble de sa production officielle et inédite entre 2002-2016. On y retrouve, en versions remastérisées, ses quatre derniers albums studio ("Heathen", le dispensable" Reality", "The Next Day" et "Blackstar") ainsi que le double live "Reality Tour". Mais le joyau de ce coffret, c'est l'intégralité de son concert donné le 18 juillet 2002 à Montreux où il interprète en rappel, et dans le désordre, l'entièreté de "Low", l'un de ses disques les plus vénérés.
12 CD/18 vinyles, Parlophone/Warner
Réédition
Station To Station
Le dixième album studio de Bowie souffle ses cinquante bougies ce 23 janvier. Une bonne occasion pour s'y replonger. Marqué par les effets de la cocaïne -comme il le chante sur la plage titulaire-, "Station To Station" préfigure la fameuse trilogie berlinoise ("Low"-" Heroes"-" Lodger"). Bowie est déjà influencé par Kraftwerk (l'intro krautrock du morceau Station To Station), invente un nouveau double (le Thin White Duke), flirte avec le disco/funk (Golden Years) et fait presque aussi bien que Nina Simone sur la reprise de Wild Is The Wind, chanson générique du film du même nom réalisé en 1957 par George Cukor, interprétée à l'origine par Johnny Mathis.
Vinyle, Universal.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


5 month_ago
27



























.jpg)






French (CA)