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Chaque hiver, ça recommence. Les Montréalais se lamentent de l’état « déplorable » des trottoirs, trop glacés ou enneigés, et se demandent pourquoi les pistes cyclables sont « toujours déneigées en premier ». L’épisode de pluie verglaçante de lundi a donné lieu au concert habituel de critiques sur les réseaux sociaux. Faisons le point sur les opérations complexes d’entretien hivernal des trottoirs et des chaussées.
Pourquoi certains trottoirs étaient-ils glacés lundi matin ?
La pluie verglaçante a commencé à tomber durant la nuit. La Ville a déployé 1000 véhicules et autant de personnel pour répandre du sel et des abrasifs, mais la tâche est immense : le réseau de trottoirs, de pistes cyclables et de chaussées montréalais s’étend sur 11 000 kilomètres (dont plus de 6000 kilomètres de trottoirs). Les responsables de l’entretien des chaussées ne peuvent pas tout faire en même temps, et la Ville demande donc aux Montréalais d’être patients.
Une opération de chargement de la neige était en cours depuis samedi en raison des précipitations des jours précédents. La Ville a-t-elle donné la priorité au déglaçage des trottoirs et chaussées lundi ?
Oui. La Ville a « ajusté ses opérations en temps réel », a mis en pause le chargement de la neige et a entrepris d’épandre de l’abrasif et du sel, confirme Gonzalo Nunez, relationniste à la Ville de Montréal. « La priorité est de s’assurer que les trottoirs et les chaussées sont sécuritaires, de maintenir ces espaces praticables. »
La situation s’est grandement améliorée depuis lundi, mais « il reste encore du travail à faire dans certains secteurs. Les équipes vont poursuivre les opérations d’épandage tant et aussi longtemps que l’ensemble du réseau n’aura pas été sécurisé adéquatement », précise-t-il.
Comment détermine-t-on les trottoirs et chaussées à entretenir en priorité ?
La politique de déneigement de la Ville de Montréal prévoit trois niveaux de priorité pour toutes les chaussées, tant pour la ville centre que pour les arrondissements. Les trottoirs et les pistes cyclables en bordure des chaussées ont la même priorité que la chaussée où ils se trouvent.
- Niveau 1 : le déblayage des grandes artères, des accès aux établissements de santé et aux écoles, des arrêts et des circuits d’autobus les plus achalandés et des voies réservées (le SRB Pie-IX, par exemple), ainsi que les rues commerciales d’envergure (la rue Sherbrooke, les boulevards Lacordaire et Henri-Bourassa, etc.).
- Niveau 2 : les rues collectrices, les autres circuits d’autobus et les rues commerciales locales (l’avenue Bernard, les rues de Cadillac et Villeray, etc.).
- Niveau 3 : les rues locales et les secteurs industriels (les rues De Normanville, Beausoleil, Rameau, etc.)
Qu’en est-il des pistes cyclables ? Souvent, elles sont déblayées avant les trottoirs. Pourquoi ?
Les pistes cyclables sont généralement déneigées en même temps que les rues et les trottoirs. Le réseau cyclable hivernal est toutefois beaucoup plus limité que les rues et les trottoirs, même dans les arrondissements considérés comme les plus favorables au vélo. C’est la raison pour laquelle le déneigement des pistes cyclables nécessite beaucoup moins de temps que celui des trottoirs.
Par exemple, dans Rosemont–La Petite-Patrie, « il y a 62 km de pistes cyclables protégées à déneiger, contre 400 km de trottoirs et 225 km de rues, ce qui explique que le déneigement des pistes cyclables est plus rapide. Elles sont également plus rapidement déneigées, car elles comportent souvent moins d’obstacles. Il est rare d’y voir des bacs de compostage ou de recyclage, ou même un carré d’arbres à contourner, par exemple ! »
Même chose dans Le Plateau-Mont-Royal, la mecque du vélo montréalais, où les pistes cyclables occupent un espace pas mal moindre que celui réservé aux piétons et aux voitures. « Avec seulement 23 km de pistes cyclables comparativement aux 136 km de rues et 264 km de trottoirs, leur déblaiement est plus rapide », explique le site Web de l’arrondissement.
Comment détermine-t-on les moments où déclencher des opérations d’épandage d’abrasif, de déneigement ou de chargement de la neige ?
L’épandage de sel et de pierre concassée est enclenché dès que les rues, les pistes cyclables et les trottoirs sont glissants. Le déblayage de la neige a lieu à partir d’une accumulation de 2,5 cm. Le chargement de la neige est prévu à partir d’une accumulation de 10 cm à 15 cm.
« Ces opérations sont effectuées en continu jusqu’à ce que les rues et les trottoirs soient dégagés et sécuritaires. La quantité de précipitations, les conditions météo et les bris d’équipement peuvent ralentir le rythme des opérations », indique la Ville.
« Compte tenu des conditions actuelles, nous recommandons aux gens de redoubler de prudence, de limiter leurs déplacements et de faire preuve de solidarité en aidant les personnes à mobilité réduite. En tout temps, les citoyens peuvent signaler une situation de risque par l’application mobile 311 Montréal », précise Gonzalo Nunez.


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