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S'il s'est bien amélioré au fil des dernières années, l'appareil statistique belge ne permet pas, actuellement, de connaître avec précision le nombre de start-up créées et toujours actives en Belgique. La raison principale tient au fait que la "start-up" – tout comme la "scale-up" – n'a pas d'existence juridique dans le Code des sociétés et des associations. En droit belge, une start-up ou un scale-up doit obligatoirement choisir l'une des formes légales limitée, qui est la forme la plus prisée des start-up).
Pas facile, dans ce contexte, de recenser le nombre de start-up belges et, encore moins, le nombre de personnes qui y travaillent.
La tech belge est majoritairement flamande
Pour tenter d'y voir clair, nous avons fait appel à l'aide d'Agoria (fédération des entreprises technologiques) et de l'Agence wallonne du numérique (AdN). Avec, dans les deux cas, des recommandations de prudence dans l'interprétation des chiffres.
Le décompte et l'analyse d'Agoria se fondent sur la plateforme de données Dealroom. Au départ d'un ensemble de plus de 13 000 entreprises belges référencées dans Dealroom, et après filtrage des entreprises technologiques (avec exclusion des sociétés de services classiques et d'autres activités non technologiques), Agoria aboutit à un noyau d'environ 6 000 start-up et scale-up tech belges.
Financement de la tech belge : faut-il s'inquiéter de la chute des levées de fonds en 2025 ?"Sur la base des données Dealroom, confrontées aux chiffres officiels du SPF Économie, nous estimons l'emploi belge actuel dans ce secteur entre 40 000 et 50 000 postes. Mais il s'agit d'un ordre de grandeur, pas d'un comptage exact", souligne Frederik Tibau, expert Digital Innovation & Growth chez Agoria. Si on se réfère à la localisation du siège social des start-up et scale-up (telle que renseignée dans Dealroom), la Flandre – avec deux locomotives que sont Gand et Anvers – est le plus gros employeur de la "tech" belge avec une estimation comprise "entre 24 000 et 30 000" emplois (contre 7 500 et 9 500 à Bruxelles, 7 000 à 9 000 en Wallonie et 1 000 à 1 500 non attribués).
Des "boîtes" de petite taille
L'écosystème belge des start-up et scale-up technologiques se compose, en grande majorité, de petites entités. Le nombre moyen de collaborateurs est passé d'environ 12 personnes en 2022 à près de 13,5 en 2025. Un nombre limité de scale-up représente une part significative de l'emploi total : Odoo, les sociétés cotées Materialise et Argenx, I-care, Aerospacelab, Lighthouse, team.blue, Showpad, CluePoints, GuardSquare…
À titre de comparaison, l'ensemble du secteur belge des entreprises "TIC" (technologies de l'information et de la communication) comptait 124 041 travailleurs en 2024, selon le SPF Économie. Les start-up et scale-up tech représentent donc une part substantielle de l'écosystème numérique belge, sans pour autant constituer la majorité des emplois liés aux TIC. Le périmètre est par ailleurs plus large que les TIC au sens classique, puisqu'il inclut aussi des domaines comme la healthtech, la fintech, l'energytech et la mobilité.
"Les start-up et scale-up tech belges restent une source importante de création d'emplois. Mais, depuis 2022, la croissance est devenue moins intensive en main-d'œuvre qu'auparavant."
"Les start-up et scale-up tech belges restent une source importante de création d'emplois, indique Frederik Tibau. Le secteur emploie aujourd'hui plus de personnes qu'en 2022. Mais la croissance est devenue moins intensive en main-d'œuvre qu'auparavant. Les entreprises technologiques se développent de manière plus efficace, avec davantage d'attention à la rentabilité et à la productivité." L'intelligence artificielle et l'automatisation jouent clairement un rôle. Les start-up et scale-up de la tech sont aujourd'hui capables de générer plus de revenus avec des équipes plus compactes.
Le Brabant wallon sauve la mise
Si on fait un focus sur la Wallonie, le dernier baromètre de l'Agence du Numérique (AdN) dédié à l'univers des start-up, des scale-up et des spin-off remonte à 2021. À l'époque, environ 400 entités avaient été répertoriées sur le portail digitalwallonia.be. Après mise à jour pour 2025 (entités nouvelles, faillites, fusions, rachats…), l'AdN arrive à 351 start-up, scale-up et spin-off, dont 126 rien que pour la province de Brabant wallon, dans le secteur du numérique.
Si la maturité numérique des entreprises wallonnes progresse, un nouveau défi majeur s'impose à ellesEn termes d'emplois, les estimations de l'Agence du Numérique se situaient, en 2021, dans une fourchette comprise entre 4 950 et 6 475 équivalents temps plein (employés et indépendants compris). "Ces chiffres, dit-on à l'AdN, sont sans doute toujours très proches de la réalité."
Scale-up ou grosses PME ?
Thibaut Claes, qui dirige actuellement FNX Ventures (fonds de capital-risque créé par Wallonie Entreprendre et le groupe FN Browning), avait participé à ce baromètre de l'AdN. Il reste en outre "investment manager" chez WE. "En 2017, nous arrivions déjà à une estimation d'environ 400 start-up et 4 000 emplois dans le secteur numérique en Wallonie, explique-t-il. Depuis lors, il y a plus de grosses boîtes. Mais on a peu de start-up et de scale-up avec plus de 10 personnes." Outre les trois cas médiatisés (Odoo, I-care et Aerospacelab), Thibaut Claes cite Vertuoza, Chift, Sortlist, Trustup, e-Peas, Verbolia et Mozzeno.
"On a mis beaucoup d'argent public dans les start-up mais, malheureusement, la très grosse majorité de ces boîtes ne sont pas appelées à devenir des moteurs en termes de création d'emplois."
Le bilan de l'écosystème numérique et technologique wallon, au regard en tout cas de la création d'emplois et en comparaison avec le nord du pays, apparaît finalement mitigé. "En France, une étude récente a montré que les pouvoirs publics avaient investi énormément d'argent dans les start-up. Le résultat est que ces fonds ont surtout donné naissance à de grosses PME, indique Thibaut Claes. Ce constat pourrait aussi être fait pour la Wallonie. On a mis beaucoup d'argent public dans les start-up mais, malheureusement, je pense que la très grosse majorité de ces boîtes ne sont pas appelées à devenir des moteurs en termes de créations d'emplois."
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