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Donald Trump a annoncé mardi apporter son soutien « total et complet » à Abelardo de la Espriella, partisan de la droite dure et admirateur du président américain, pour le second tour de l'élection présidentielle en Colombie prévu le 21 juin.
La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 07:41 | mis à jour aujourd'hui à 09:05 - Temps de lecture :
Donald Trump a officialisé son soutien au candidat de la droite dure pour la présidentielle colombienne, en écrivant sur son réseau Truth Social voir en Abelardo de la Espriella, arrivé en tête du premier tour dimanche, un « dirigeant intelligent, fort et dur » qui va « stopper l'immigration illégale » et « restaurer l'ordre ». « En raison de ses immenses succès dans la vie, et de son soutien politique envers moi, personnellement, c'est un honneur pour moi d'accorder à Abelardo mon soutien total et complet », a-t-il ajouté.
Abelardo de la Espriella, un avocat millionnaire de 47 ans novice en politique et surnommé El Tigre, a immédiatement salué la nouvelle en promettant d'établir des relations « comme jamais auparavant » avec les États-Unis. Le pays « joue un rôle déterminant dans la lutte contre la criminalité et le narcoterrorisme », a déclaré le candidat en remerciant Donald Trump de son soutien, dans un entretien au magazine Semana. Abelardo de la Espriella, qui dispose aussi de la nationalité américaine, a créé la surprise en s'imposant dimanche au premier tour de la présidentielle avec plus de 43% des voix contre 41% pour le favori Ivan Cepeda, un sénateur de gauche.
En tête des sondages
Un sondage de la firme AtlasIntel (2 030 personnes interrogées lundi et mardi) donne Abelardo de la Espriella en tête au deuxième tour, avec 50,3% d'intentions de vote. Admirateur de Donald Trump et des présidents salvadorien Nayib Bukele et argentin Javier Milei, l'homme d'affaires promet la mort ou la prison pour les membres des organisations criminelles, reprenant une rhétorique de « main de fer » qui a récemment valu plusieurs victoires à la droite en Amérique latine.
Abelardo de la Espriella est officiellement soutenu par le président américain Donald Trump. Photo Fernando Vergara/Sipa
C'est à cette même droite que Donald Trump multiplie les signes de soutien sur le continent sud-américain. « En tant que président, Abelardo réussirait de façon exceptionnelle à faire croître l'économie, créer des emplois, promouvoir le commerce, stopper l'immigration illégale, réprimer le crime et la drogue, et restaurer l'ORDRE », a écrit mardi le milliardaire républicain sur son réseau social. Il a aussi qualifié Ivan Cepeda, dauphin du président de gauche sortant Gustavo Petro, de « marxiste d'extrême gauche ».
Gustavo Petro, à la tête du premier gouvernement de gauche de l'histoire de la Colombie, a entretenu des relations tendues avec Trump. Les affrontements incessants sur les réseaux sociaux entre les deux dirigeants ont mis à mal une alliance de longue date dans les domaines du commerce et de la lutte contre le trafic de drogue. « Quand un pays s'immisce dans les décisions d'un autre pays, la liberté meurt », a écrit Gustavo Petro sur X en réaction au message de Donald Trump. « J'invite toute la Colombie à voter en toute liberté », a-t-il poursuivi.
Excuses publiques
Le soutien de Donald Trump est intervenu le même jour où un juge de Bogota a ordonné à Abelardo de la Espriella de présenter sous 48 heures des excuses publiques pour des propos sexistes tenus le 12 mai pendant une émission de la radio Piso 8. Lors de cette interview filmée, devenue virale sur les réseaux sociaux, le candidat « a montré sur son téléphone portable une photographie intime et a affirmé avoir obtenu le soutien de l'électorat féminin grâce à cette image », indique le jugement.
Il « a ensuite insisté auprès d'une journaliste présente pour qu'elle regarde la photographie et la commente, à travers des phrases comme : "approche-toi et dis-moi ce que tu vois là" et "ne sois pas timide" », dans un contexte « d'insinuation sexuelle explicite », ajoute la décision de justice. « Ce n'était pas un simple commentaire malheureux. C'était un manque de respect total envers moi et envers mon travail. Je me suis sentie touchée, harcelée, écœurée », a écrit sur X la journaliste concernée. Abelardo de la Espriella a répondu à son message, présentant ses excuses, notant toutefois que c'était, selon lui, « de l'humour ».


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