Dans un récent rapport, un groupe de réflexion européen tend à remettre en question le leadership climatique de la Chine et donc, la portée de ses multiples projets allant dans le sens d’une transition verte. Il faut dire que depuis plusieurs décennies, ce pays tente de soigner son image. La Chine est en effet considérée comme étant l’un des principaux acteurs de la contribution humaine au réchauffement climatique.
Des failles dans la vitrine écologique de la Chine
Qu’on se le dise, la Chine est un paradoxe. En effet, cette dernière est à la fois le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre et un véritable moteur de la transition énergétique globale. Malgré sa dépendance face à certaines ressources fossiles comme le charbon, la Chine déploie des énergies renouvelables à une vitesse inédite dans l’histoire.
Par exemple, il faut savoir que la Chine installe plus de capacités renouvelables à elle seule que l’ensemble des autres pays du monde, avec un franchissement du cap des 1 200 GW en 2024. Elle détient également le plus grand parc hydroélectrique du monde. Par ailleurs, la Chine est un géant en termes de production puisque cette dernière est le premier marché et le leader du marché mondial des véhicules électriques, contrôle plus de 70% de la capacité de production de batteries au lithium et plus de 80% du marché du solaire.
Si la Chine tente depuis plusieurs années de façonner sa nouvelle image de pays moteur de la transition verte, le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA) semble avoir jeté un pavé dans la marre. Ce groupe de réflexion (think tank) européen influent a pointé plusieurs failles dans cette vitrine écologique, comme en témoigne une analyse publiée sur son site le 26 mai 2026, dont l’intégralité des détails figure sur une autre publication dans le média Carbon Brief.
Une nouvelle métrique carbone qui pose problème
Le CREA dit avoir mis en évidence un paradoxe flagrant dans la transition énergétique de la Chine, notamment un changement majeur dans la manière dont elle mesure son objectif climatique principal. Plus précisément, il est question d’une nouvelle métrique carbone sur la période 2020-2025 excluant l’usage non énergétique des combustibles fossiles. Autrement dit, le charbon et le pétrole que la Chine utilise comme matières premières, notamment dans la pétrochimie pour fabriquer des plastiques, n’entrent plus dans le compte des émissions de CO2.
Ceci aurait permis au pays de masquer une augmentation de 14% de ses émissions, les ramenant artificiellement à 7% – soit 730 millions de tonnes de CO2 par an. Or, cet écart correspond tout de même aux émissions totales de l’Allemagne ou de la Corée du Sud, sur la même période.
Source: DR
La Chine pourrait perdre la confiance du monde
Selon le think tank, cette réécriture comptable permet aux chinois d’atteindre leurs objectifs climatiques sur le papier (et de les afficher), malgré une hausse réelle des émissions. Pour les auteurs, la révision de cette méthode de calcul a sans doute mis en lumière un cas sérieux de greenwashing (écoblanchiment).
« Bien que la Chine n’ait jamais officiellement défini sa méthode de mesure de l’intensité carbone, elle a récemment procédé à une modification qui semble rétroactive, facilitant ainsi l’atteinte des objectifs. », peut-on lire dans l’analyse.
Le CREA estime que cette modification introduit une certaine opacité mais aussi, un risque d’érosion de la confiance internationale concernant les engagements de la Chine sur le climat. De plus, les lacunes et autres incohérences mises en avant dans le cadre de la récente analyse laissent penser que la Chine pourrait atteindre – là encore de manière artificielle – ses engagements pour la période 2025-2030.


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