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Une coalition de Premières Nations, menée par la Nation Anishnabe du Lac-Simon, s’adresse au gouvernement du Québec afin d’exiger la modernisation du processus d’attribution des claims miniers.
Les chefs de cinq Premières Nations, de même que la grande cheffe du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, Verna Polson, ont adressé lundi une lettre à la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne Jourdain, afin de réclamer une participation accrue des Premières Nations dans le processus.
Les chefs préviennent la ministre que toute forme d'exploitation minière qui n’a pas fait l’objet d’une consultation adéquate ou qui ne respecte pas les conditions établies par les Premières Nations fera face à une ferme opposition.
Depuis trop longtemps, des claims miniers sont attribués sur nos territoires sans que les Premières Nations aient une place réelle dans les décisions qui les concernent, affirme le chef de la Première Nation de Lac-Simon, Lucien Wabanonik.
On exige que les choses changent, qu’il y ait du respect maintenant. On dénonce la façon de faire archaïque du gouvernement du Québec.
M. Wabanonik déplore la simplicité avec laquelle des titres miniers peuvent être octroyés dans le régime actuel.
Vous allez sur un site gouvernemental, vous n’avez qu’à cliquer sur un claim ou un territoire disponible, et c’est tout. Vous n’avez pas nécessairement à consulter nos Premières Nations, qui détiennent des territoires non cédés, dont des familles qui occupent le territoire et qui ne sont pas au courant qu’il y a des projets à venir sur leur territoire. Ils ne sont pas informés, ils ne sont pas consultés, donc il y a lésion de droits à ce niveau-là, soutient-il.
Ça va au-delà de juste cocher une case comme quoi on nous a parlé, poursuit Lucien Wabanonik. C’est ce qui est demandé au gouvernement et aux promoteurs, parce que les conséquences, elles sont à long terme et elles sont bien réelles, mentionne-t-il.
Quelques semaines après avoir interrompu les activités d’exploration du projet Novador, la Nation Anishnabe du Lac-Simon dit ne pas s’opposer systématiquement aux projets miniers, mais le chef Wabanonik rappelle que cette exploitation doit être effectuée avec les Premières Nations et non sans elles.
Devant les faits accomplis
Présent pour appuyer la démarche initiée par Lac-Simon, le chef de la Première Nation de Kebaowek, Lance Haymond, souligne que sa communauté s’est dotée de sa propre loi entourant les consultations sur le développement du territoire.
On a fait ça pour assurer que des claims miniers, des projets nucléaires, tous les projets prévus pour notre territoire, passent par notre loi. Parce que notre loi est plus forte que les processus de consultation du gouvernement du Québec, fait-il observer.
Comme Lucien Wabanonik, M. Haymond déplore que ce soit aussi simple de s’approprier un titre minier au Québec. Il souhaite que les communautés autochtones cessent d’être placées devant les faits accomplis.
Les compagnies et le gouvernement ne connaissent pas tous les usages du territoire. Même si le gouvernement et une compagnie disent que c’est une belle place pour une mine, c’est parfois un lieu significatif ou important pour les Premières Nations. Nous possédons l’information, on veut donner l'information au gouvernement et aux compagnies, mais ils ne veulent pas s’asseoir avec nous. Quand ils viennent, toutes les décisions sont prises, déplore-t-il.
On n’est pas contre les mines, mais on est contre les projets qui sont susceptibles de faire beaucoup de dommages environnementaux, en particulier l’eau.
Pour mettre fin au free mining
Rodrigue Turgeon, qui représente les organismes Québec meilleure mine et MiningWatch Canada, dénonce le principe du free mining, en place depuis la Confédération et qui place, selon lui, les intérêts de l’industrie minière avant tout le reste.
« [Le free mining], c’est l’idée que les droits et intérêts de l’industrie minière, des compagnies minières, passent avant tout le reste, avant les droits des citoyens, mais également des peuples autochtones, de l’environnement », commence-t-il par dire.
« On est dans un monde qui, 160 ans plus tard, continue de mettre ces intérêts et ces droits de l’industrie d’abord et avant tout. Il faut que ça change », affirme Rodrigue Turgeon, stipulant que le principe du free mining a été écarté dans d’autres pays sans causer de dommages notables à l’économie.
Selon M. Turgeon, le cadre législatif au Québec est beaucoup trop favorable à l’industrie minière.
Le gouvernement, quand il a modifié sa loi, a décidé de ne même pas se donner le pouvoir de dire non à l’industrie minière.
M. Turgeon invite le gouvernement du Québec à faire preuve de davantage de courage afin de se tenir devant les lobbys miniers.
Le gouvernement doit se souvenir qu’il n’est pas le serviteur de l’industrie minière, mais le fiduciaire des humains. Et les humains, ce qu’ils veulent, c’est assurer un futur viable, responsable et respectueux, fait-il valoir.


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