Qui succédera au film Un simple Accident de Jafar Panahi, Palme d’or 2025 ? Le 79e Festival de Cannes s’achève ce samedi après 10 jours de compétition entre 22 films. Le jury présidé par le Coréen Park Chan-wook a des choix difficiles à faire, parmi une sélection de très grands films.

Au Festival de Cannes, Nathalie Chifflet - Aujourd'hui à 06:00 - Temps de lecture :

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Le pronostic du palmarès cannois est un exercice de perplexité. Il y a eu de très beaux films, autant de possibles Palme d’or : Fatherland du Polonais Pawlikowski, sur le retour d’exil de Thomas Mann en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale ; Minotaure du Russe Andreï Zviaguintsev, adaptation de La Femme infidèle de Claude Chabrol (1969). Fjord du Roumain Cristian Mungiu, sur une famille évangélique roumaine en Norvège ; Paper Tiger de l’Américain James Gray, sur la mafia russe à New York ; Soudain du Japonais Ryusuke Hamaguchi, avec Virginie Efira en directrice d’un Ehpad en France.

Si la critique internationale est plus tiède, la presse française verrait bien le Français Emmanuel Marre récompensé d’une Palme d’or pour Notre Salut, drame historique sur la Collaboration avec Swann Arlaud en fonctionnaire de Vichy. Le comédien est aussi beaucoup cité pour le Prix d’interprétation masculine, tout comme Gilles Lellouche dans Moulin du Hongrois László Nemes, mais l’Espagnol Javier Bardem fait figure de favori pour son rôle d’un cinéaste dans L’Être aimé de son compatriote Rodrigo Sorogoyen.

Acteur césarisé, Swann Arlaud joue un fonctionnaire de Vichy dans Notre Salut d’Emmanuel Marre. Photo Sipa/Zuma/Alec Michael

Acteur césarisé, Swann Arlaud joue un fonctionnaire de Vichy dans Notre Salut d’Emmanuel Marre. Photo Sipa/Zuma/Alec Michael

Pour le Prix d’interprétation féminine, trois actrices françaises sont le plus citées : Virginie Efira qui est dans deux films (Soudain et Histoires parallèles), tout comme Léa Seydoux (L’Inconnue et Gentle Monster), ainsi que Léa Drucker (La Vie d’une femme). La Russe Iris Lebedeva (Le Minotaure) a aussi sa chance. Adèle Exarchopoulos (Garance) mériterait le prix aussi.

Un jury avec des personnalités différentes

À l’avant-dernier jour de la compétition, jeudi, le cinéma espagnol est remonté haut des conversations festivalières avec la projection de l’éblouissant La Bola Negra de Javier Ambrossi et Javier Calvo, surnommés « Los Javis ». Ils signent un puissant et lyrique récit historique autour du roman inachevé de l’écrivain Federico Garcia Lorca assassiné par les nationalistes espaganols en 1936. Penelope Cruz et Glenn Close sont au casting. Jeudi a aussi été d’or avec des paris pour une Palme sur le jeune Belge Lukas Dhont, 34 ans. Coward suit une romance improbable mais pleine de grâce entre deux jeunes poilus au front de la Première Guerre mondiale.

Nul n’est dans le secret des délibérations du jury, présidé cette année par le Coréen Park Chan-wook. Avec des personnalités aussi différentes que l’actrice américaine Demi Moore, la réalisatrice belge Laura Wandel, la réalisatrice chinoise Chloé Zhao, la comédienne irlando-éthiopienne Ruth Negga, le scénariste britannique Paul Laverty, le comédien ivoirien Isaach de Bankolé, l’acteur Suédois Stellan Skarsgård, le jeune réalisateur chilien Diego Cespedes, les prix pourraient refléter leur diversité. Pourquoi pas le fou et furieux Hope du Coréen Na Hong-jin, en Grand Prix, dans un élan de reconnaissance du cinéma de genre et du film de monstres ? Et même une Palme, qui irait pour une fois à un blockbuster asiatique ?

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